10 décembre 2014

Éphéméride du dix décembre

 

«À la Sainte-Julie, il vaut mieux rester dans son lit.»

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«À la Saint Romaric, laisse en paix ta bourrique.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; c'est mercredi, la froidure s'installe, l'hiver s'en vient petit à petit mais sûrement... le verglas par endroit remplace les chaussées humides... alors prudence! Prudence aussi pour les piétons avec les flaques d'eau gelées ou les pluies verglaçantes qui peuvent tomber dans certaines régions... Il faut se réhabituer avec cette saison aimée que par les sportifs de glisse, par les peintres et les photographes et surtout par les gosses et détestée par le reste des humains...

6-Arbre-hiver

Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu pour la Suisse romande avec -3° et un ciel serein dans la nuit, ce sera pour ce jour: nuageux, dernières éclaircies le long des Préalpes et en Valais en matinée. À partir de la mi-journée, arrivée de faibles précipitations depuis l'ouest. Limite de la neige remontant vers 1200 m. Température en plaine: minimum -2 à 0, maximum 3 à 5°. Température à 2000 m: -2°. En montagne, vent de secteur ouest modéré...

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, perturbée à foison... Avec pour ce jour: en matinée, avec l'arrivée d'une perturbation par la Manche, des pluies balaient le nord du pays, localement verglaçantes de la Lorraine à l'Auvergne. Temps plus calme mais souvent nuageux de l'Aquitaine au centre-est. Davantage de soleil entre Midi-Pyrénées et la PACA. Dans l’après-midi, les pluies progressent de l'Aquitaine au nord-est, tandis que des averses se déclenchent près des côtes de la Manche. Enfin, un temps sec et ensoleillé se maintient dans le sud-est avec des vents de moins en moins forts autour du golfe du Lion. En soirée, les pluies intéressent les régions allant des Pyrénées aux frontières de l'est, avec encore des averses des côtes de la Manche au nord de la Seine. Dans la nuit, temps instable des côtes de la Manche aux Ardennes ainsi que dans le sud-ouest, avec de fréquentes giboulées. Quelques averses également des Alpes du Nord aux Vosges avec de la neige à basse altitude…

 

Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé, voilé et nuageux avec des températures de l'ordre de 28°; à l'île de la Réunion ce sera pluvieux avec des températures de l'ordre de 29°; à la Martinique ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 33°; ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 32° en Guadeloupe; ensoleillé, voilé et variable en Guyane française avec des températures de l'ordre de 34°; Polynésie française ciel couvert, pluies éparses; peu nuageux à nuageux, larges éclaircies aux Marquises avec des températures de 29°; nuageux et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 4°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:57 et le coucher du Soleil se fera à 16:49 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu les...: Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 2000: une tempête accompagnée de phénomène orageux causait des dégâts dans presque tout le pays. Le vent atteignait des vitesses de 112 km/h à St Hubert, 119 km/h à Gosselies et 122 km/h à Bierset
En 1967: d'abondantes chutes de neige étaient observées le long du littoral, on relevait une douzaine de centimètre

 

Les journées mondiales et internationales

Le dix décembre c’est la Journée Mondiale des droits de l'homme
http://www.journee-mondiale.com/10/journee-mondiale-des-droits-de-l-homme.htm
 

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Le dix décembre c’est la Journée internationale pour les droits des animaux
http://www.journee-mondiale.com/298/journee-internationale-pour-les-droits-des-animaux.htm

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La France pittoresque

Personnage, biographie: Auguste Romieu ou le mystificateur mystifié

Homme le plus gai de France né en 1800 mais aussi le plus plaisanté, fils d’un général d’Empire, sorti premier de Polytechnique, Auguste Romieu s’illustra sous la Restauration, cultivant très tôt une réputation de noceur facétieux et mystificateur toujours à l’affût d’un mauvais tour à jouer défrayant la chronique, avant de mener une brillante carrière de conservateur, puis de sous-préfet et enfin de préfet, devenant à son tour la victime héroïque et souriante de railleries, et se voyant affublé du sobriquet d’ «homme des hannetons» jusqu’à la fin de sa vie en 1855
Qui frappe par l’épée périra par l’épée. Et c’est pourquoi, après avoir épouvanté les gens paisibles de la capitale par ses mystifications, Romieu fut lui-même poursuivi pendant la plus grande partie de son existence par des mystificateurs. Il paya ainsi ce genre de gloire, mais il eut le bon goût et l’esprit de ne point s’en fâcher, estimant sans doute que ses fonctions officielles ne devaient point lui servir de cuirasse contre les flèches acérées de la satire.

Qui disait Romieu, sous la Restauration, disait mauvaise plaisanterie poussée à l’extrême, avec une sortie de férocité apparente. Ce nom évoque le souvenir de mille farces, dont nous ne ririons peut-être pas aujourd’hui, mais qui avaient alors un succès immense. C’est l’histoire du tailleur dépliant cinquante ballots d’étoffe pour Romieu, qui finit par demander un fusil à piston. C’est l’histoire du patron des Deux Magots, magasin situé au coin de la rue de Buci: «Monsieur, je voudrais parler à votre associé. - Monsieur, je n’en ai pas. - Ah! vous êtes seul! Pourquoi donc avez-vous pour enseigne Aux Deux Magots?».

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Auguste Romieu en 1852

C’est l’histoire de l’épicier dont la boutique étale à sa devanture des tonneaux de diverses denrées. Romieu s’arrête devant l’un d’eux comme il eût fait devant la borne voisine. Fureur du marchand qui hurle: «Gredin! Misérable! Ignoble personnage! Voilà mes pruneaux perdus! - Tiens, répond l’autre, très calme, ce sont des pruneaux? Je croyais que c’étaient des poires tapées!»
Plusieurs années de suite, les haut faits et les méfaits de Romieu et de sa bande défrayèrent les petits journaux, et cela jusqu’au moment où l’on apprit que l’homme le plus gai de France venait d’entrer dans l’administration. C’était le 28 novembre 1828. Romieu était nommé conservateur des monuments du Morbihan. Il devait rester fonctionnaire jusqu’à sa mort: destin singulier et comique pour le roi des mystificateurs.

Cette vie administrative du fantaisiste qui, plus violemment que n’importe quel autre contemporain, avait agité les grelots de la folie, dont les fumisteries étaient célèbres et les «ivrogneries» scandaleuses, elle nous a été contée au début du XXe par Alfred Marquiset, de telle sorte que cet homme bizarre, aux multiples aspects, auteur de la chanson fameuse, le Pape est gris, et du pamphlet non moins retentissant, le Spectre rouge, nous est révélé sous ses moindres aspects - et c’est ainsi qu’on s’aperçoit que pour avoir été un grand mystificateur, Romieu fut durant vingt ans un grand mystifié.
La presse humoristique et sarcastique ne s’accommodait point de la transformation de l’effroyable noceur en grave conservateur, puis en sous-préfet de Quimperlé et de Louhans et successivement, en préfet de la Dordogne, de la Haute-Marne et d’Indre-et-Loire. La formule: «II faut que jeunesse se passe!» n’avait point été faite pour le plaisant Romieu. On voulait le contraindre à être jeune, fêtard et farceur jusqu’à quatre-vingt-dix ans. Aussi fut-il une admirable tête de Turc pour les satiriques de son époque.

A peine eut-il été nommé à son premier poste qu’on le baptisa Caïus-Tumulus, ce qui ne l’empêcha pas d’envoyer à la direction des beaux-arts des rapports d’un haut intérêt. Il est vrai qu’en même temps il faisait jouer des parodies sur les petites scènes parisiennes, en manière de compensation. La Monarchie de Juillet l’envoya comme sous-préfet à Quimperlé, et un peu plus tard à Louhans.
C’est dans ce poste que l’attendait une sorte de célébrité à laquelle il n’avait jamais songé- Le bruit, dit Marquiset, se répandit à Paris que M. le sous-préfet de Louhans avait notifié une circulaire pour mettre à prix la tête des hannetons qui ravageaient son arrondissement. Répétée par cent bouches sur le boulevard, racontée dans les petits journaux, la nouvelle obtint un extraordinaire succès. C’est bien juste si l’on n’affirmait pas qu’un de ces coléoptères s’était glissé dans le cerveau de celui qui promulguait cet édit que personne n’avait lu. Et pour cause! Jamais Romieu n’écrivit semblable proclamation; jamais il n’en eut même l’idée. C’était simplement une farce qu’on faisait à celui qui en avait tant joué.»

Dès lors, Romieu fut l’homme des hannetons et ne parvint point à s’en débarrasser. Les dessinateurs s’amusaient à le représenter poursuivi par des hannetons. Dantan exécuta sa charge en hanneton. Il y eut des couplets sur Romieu et les hannetons! Le Charivari publia une «Complainte sur la fin lamentable et prématurée de M. Romieu, victime des hannetons et sous-préfet de Louhans, où il s’en vit cruellement dévoré.»
Sur ces entrefaites, Romieu fut nommé préfet de la Dordogne. Le 20 juillet 1833, le Charivari annonçait la nouvelle suivante: «Les habitants de la Dordogne ayant appris qu’on allait leur envoyer M. Romieu comme préfet, ont déclaré qu’ils ne voulaient pas des restes des hannetons.» II revenait à la charge le 31 juillet: «Les habitants de la Dordogne ne peuvent pas dire que leur nouveau préfet n’est pas piqué des hannetons.» Le 25 août, il publiait un portrait de Romieu, en saint, avec une auréole et une palme couverte de hannetons, et il y ajoutait des explications: «Saint Romieu fut en proie aux attaques des hannetons infidèles. Avec le concours du conseil général, il parvint à les terrasser, mais, surpris un jour par eux, seul avec son garde champêtre, il en fut impitoyablement dévoré, jusqu’à sa croix d’honneur...» Or, cette croix, il ne l’avait pas. Le gouvernement la lui donna pour le consoler.

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Caricature de Romieu publiée par le Charivari du 25 août 1833

C’était aussi pour le récompenser, car l’ancien viveur, l’ancien mystificateur, était un excellent préfet, adoré de ses administrés. «Pour son zèle, les populations l’accueillaient avec enthousiasme et lui prodiguaient les témoignages d’affection. Les communes se montraient jalouses de lui prouver leur reconnaissance. A Beaumont, dans l’arrondissement de Bergerac, la garde nationale se transportait à sa rencontre, on donnait son nom à la rue par laquelle il faisait son entrée, et les maisons restaient illuminées toute la nuit. Villes, bourgs et villages honoraient le grand homme. Cubzac proposait de lui élever une cotonne en souvenir du viaduc nouvellement construit. Sarlat plaçait une avenue, Vergt et Antonne un pont sous son invocation...»

- Quel bonheur pour toi, lui disait quelque temps après, à Paris, son ami Rousseau, que tu ne te sois pas nommé Chauvin!
- Pourquoi donc?
- C’est que ça aurait fait Pont Chauvin, et c’eût été désagréable pour tes antécédents.
Si les amis plaisantaient ainsi, on peut s’imaginer sans peine ce que disaient les ennemis. Lors de son second mariage, en 1838, la Mode écrivait: «M. Romieu se marie. Nous tenons de bonne source que ce n’est pas, comme on pourrait le croire, avec une bouteille de champagne... Depuis que son mariage est décidé, M. Romieu est ivre de bonheur. D’une manière ou d’une autre, ne faut-il pas qu’il soit toujours dans l’ivresse?»

Les hannetons s’épuisant, on eut recours aux sauterelles, Romieu étant alors préfet de la Haute Marne. Le Charivari raconta, en 1845, qu’il avait adressé au ministre de la Guerre un mémoire sur la destruction de ces bestioles. «Le gaillard a l’insectophobie, disait-il. Les sauterelles vont le dévorer comme les hannetons, à moins qu’elles ne l’épargnent en sa qualité de fonctionnaire du Juste Milieu. On se doit bien quelques ménagements entre sauteurs.»
Ces railleries incessantes le suivirent en Indre-et-Loire, jusqu’à la dernière heure de sa vie préfectorale, qui cessa avec le gouvernement de Louis-Philippe. Mais, pendant vingt années, «l’homme le plus gai de France» en fut aussi le plus plaisanté. Par bonheur, au contraire des loustics professionnels, qui entendent souvent fort mal les gouailleries, Romieu avait un excellent caractère; et jamais il ne marqua la moindre humeur à l’occasion des brocards qui, de partout, pleuvaient sur sa tête de préfet. Il fut, en somme, une victime héroïque et souriante. On ne le connaissait pas très bien, sous ce rapport. Alfred Marquiset a montré l’envers curieux de ce mystificateur, perpétuellement mystifié, et c’est vraiment une amusante histoire que celle de ce Romieu-là.

Article copié sur "La France pittoresque"

 

Café Anglais: lieu de rendez-vous du Tout-Paris d’antan
D’après «Le Gaulois», paru en 1910

Qu’est cela? Le Café Anglais va-t-il disparaître? s’interroge en 1910 un chroniqueur du Gaulois qui, cependant que l’immeuble abritant ce lieu célèbre est mis en vente, retrace l’épopée de cet établissement ouvert en 1802 et dont le nom est un hommage au traité de paix d’Amiens signé cette année-là avec l’Angleterre, fréquenté dans un premier temps par des cochers et des domestiques, avant qu’acteurs et actrices populaires y acquièrent ensuite leurs habitudes, puis qu’y passent chefs d’Etat et autres personnalités du monde politique
Ce serait le dernier coup porté au boulevard des Italiens, s’insurge notre chroniqueur. Il n’y a plus de Maison Dorée, plus de Helder, plus de Tortoni; la librairie Achille a quitté le ‘boulevard pour la rue Laffitte; si le Café Anglais venait à disparaître, le boulevard ne serait plus le boulevard, Paris ne serait plus Paris!

Qu’on se rassure! La maison seule va être mise en vente prochainement; le Café Anglais a un bail et aucun propriétaire nouveau ne voudrait se priver d’un tel locataire. Quel est l’armateur qui, achetant un navire, se priverait volontairement du capitaine qui en fait le succès? Le Café Anglais ne disparaîtra pas - le célèbre restaurant fermera pourtant trois ans plus tard. C’est une institution dans Paris, et une institution plus ancienne. et plus solide que toutes nos Constitutions, poursuit le journaliste. Il date, en effet, d’avant la Révolution (de 1848). Les gouvernements, les Constitutions ont passé, et le Café Anglais demeure.
Et pourtant il porte de bien fâcheux numéros: 13, boulevard des Italiens, et 13, rue de Marivaux. Encore un désappointement pour les gens superstitieux, car la fortune du Café Anglais n’a pas connu d’interruption. Quand nous disons «les fastes du Café Anglais», le mot n’est pas trop fort, car ce restaurant a connu fastueusement tous les chefs d’Etat, tous les hommes les plus en vue du monde et de la politique. Si ses murs pouvaient parler, ils raconteraient des choses bien intéressantes.

Fort heureusement ils n’ont même pas d’oreilles. Ils n’ont pas d’oreilles, mais le boulevard en a, et ses échos redisent toutes les folies d’autrefois, toutes les fredaines de ce que l’on appelait «la jeunesse dorée», tous les dîners discrets qu’y ont faits de hauts personnages dont nous allons parler.
L’immeuble fut bâti à peu près à la même époque que l’ancien Opéra-Comique, sur les jardins du duc de Choiseul dont l’hôtel était de l’autre côté du boulevard. En 1816 le Café Anglais, qui était déjà célèbre, fut vendu avec la maison à M. Chevreuil, dont la fille et le gendre ont quitté le restaurant après 1848 et ont conservé l’immeuble jusqu’à la fin du XIXe siècle. Vers le commencement du Second Empire, le Café Anglais fut acheté par M. Delhomme, qui en est resté le propriétaire et le directeur jusqu’en 1879, avec le célèbre Ducléré comme chef des cuisines. Il sortait de la maison du baron James de Rothschild. C’est dire que M. Delhomme a connu ce qu’on a appelé «la grande fête», les beaux jours du Grand 16, le salon de coin au premier étage, qui a encore ses meubles tendus de damas rouge.

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Le Café Anglais situé boulevard des Italiens, en 1877

Les soupers constituaient alors la grande vogue du Café Anglais. Quantité de membres des cercles les plus élégants de l’époque fréquentaient le Grand 16, après la sortie des théâtres, et c’était là comme un autre cercle encore plus fermé. Citons M. Paskiewitz, le comte Tolstoï, le duc de Grammont-Caderousse, le, comte Charles et le comte Robert de Fitz-James, lord Hamilton, le duc de Rivoli, devenu prince d’Essling; le capitaine de Galliffet, quand il était à Paris; M.&bsp;Bryan, un des plus gais de la bande joyeuse, qui avait coutume, après souper, de verser une bouteille de curaçao dans le piano pour que lui aussi eût sa part du festin; M. Max Foy, le marquis de Caux, avant son mariage avec Mme Patti; le baron de Courvat, M. Pietri, devenu secrétaire des commandements de l’impératrice Eugénie, fidèle entre les fidèles; le prince Poniatowski, écuyer de l’Empereur; les barons François et Antonio d’Ezpeleta, le marquis de Saint-Sauveur, M. Ashton Blount, le comte de Saint-Priest et d’autres encore qui sont devenus de graves personnages.

La plupart de ceux que nous avons cités ont disparu, ajoute notre chroniqueur; les survivants ne s’offusqueront pas des souvenirs de leur jeunesse dont les folies n’ont jamais fait de mal à personne, même lorsqu’ils jetaient la vaisselle par les fenêtres. On avait soin de la leur donner de second ordre.
Il y avait pour leur service un maître d’hôtel hors ligne, le fameux Ernest, qui a laissé des mémoires, tout comme s’il avait joué un grand rôle. Superbe, toujours rasé, il connaissait tout le monde, et, quoi qu’il vît, quoi qu’il entendît, il restait correct, impassible, discret. C’est lui qui logea la comtesse de Castiglione, après la guerre, au-dessus du Café Anglais, alors qu’elle voulait vivre à Paris incognito. Il était seul à la servir.

Vers 1868, la bande joyeuse abandonna le Grand 16 pour le Grand 6 de la Maison Dorée. Là vinrent quelques jeunes qui arrivaient à la vie: le comte Hallez-Claparède, le baron de Heeckeren, M. Alfonso de Aldama, le prince Achille Murat.
Les dîners du Café Anglais avaient été non moins célèbres sous le Premier Empire. Toutes les plus hautes personnalités étrangères, souverains, princes, grands-ducs, ministres, hommes d’Etat y passèrent tour à tour. Napoléon III y vint plus d’une fois incognito; il y eut en 1867 le fameux dîner appelé des «trois empereurs», parce qu’il y avait là l’Empereur de Russie, son fils le Tsarévitch qui fut Alexandre III, et le Roi de Prusse qui devint, en 1871, l’Empereur d’Allemagne.

Bismarck vint souvent dîner au Café Anglais lorsqu’il était représentant de la Prusse, et en 1867, lorsqu’il était ministre. Le prince de Galles, le roi de Suède, le prince d’Orange étaient parmi les plus assidus; Edouard VII y est revenu dîner avec la Reine lors de leur dernier séjour à Paris. La reine Isabelle y venait parfois dîner avec sa maison, laissant sa voiture un peu plus loin, pour ne pas être reconnue. Li-Hung-Chang y fit en nombreuse compagnie un dîner des plus fastueux. Le roi Milan était un des meilleurs clients. Tous les menus sont conservés comme trophées.
Ducléré inventait des mets nouveaux pour les clients de choix: les pommes Anna, le potage Germiny, la barbue Ducléré, le potage à la Milanaise, le poulet à la d’Albufera.
La guerre mit fin à la vie joyeuse, et le Café Anglais supprima les soupers, sauf les jours de bal à l’Opéra, pour se consacrer uniquement à la grande cuisine. Léon Létain succéda à Ducléré en 1877 et conserva la queue de la poêle jusqu’en 1907. Lui aussi fut un grand cuisinier. M. Delhomme était mort en 1879. Pour faire vivre le Café Anglais, une société se forma au capital de deux millions et demi, composée de grands financiers, MM. Heine, comte de Camondo, Alphen et Denières. M. Vidal fut directeur, puis M. Bourdel qui racheta le restaurant en 1893.

On ne peut plus nommer les habitués de huit heures du soir. C’est un kaléidoscope où passe la clientèle la plus élégante des grands cercles, beaucoup d’Anglais, d’Autrichiens et d’Américains. Nous ne pouvons que mentionner deux dîners qui ont lieu le premier et le second vendredi de chaque mois, le dîner des Débats, qui s’appelle maintenant le dîner Galliffet, en souvenir du général, et le dîner Bixio, ou de l’Académie.
Mais on peut citer les habitués du déjeuner. Les agents de change y viennent de bonne heure, avant la Bourse, dans la salle du bas. Là aussi il y eut longtemps une table célèbre où s’asseyaient à l’heure du dîner: le vicomte Daru, le comte Delamarre, le prince Soltykoff, le marquis de Scépeaux, le comte de Germiny, à qui Ducléré avait dédié un potage, et dont le fils continue la tradition au Café Anglais.

Une autre réunion de Parisiens se tenait alors au Café Foy, à l’heure du déjeuner. Elle émigra chez Bignon, avenue de l’Opéra, et vint au Café Anglais vers 1897. C’était: M. Gaiffe, M. Ambroise Janvier de la Motte, le comte Salles, M. Paulze d’Ivoi, M. Reitlinger, M. Edmond Veil-Picard, M. de Marcuard, M. Cottu.
Les salons du Café Anglais sont restés, à peu de chose près, ce qu’ils étalent sous l’Empire; l’un d’eux avec une boiserie de citronnier et du cuir de Cordoue. Mais la grande curiosité du Café Anglais, ce sont les caves qui s’étendent sous trois immeubles, avec un petit chemin des ter pour le transport des bouteilles.

C’est une suite de pièces éclairées à la lumière électrique qui se cache dans des grappes de raisin parmi la vigne qui garnit les portes voûtées. Dans des casiers, ainsi que dans des bibliothèques, sont rangées les bouteilles vétustes et vénérables dont quelques-unes sont entourées de la poussière des siècles. Ce n’est pas trop dire, car il y a là de la fine champagne de 1788, de 1797 et de 1809; du Château-Laffitte 1803 et du Cos d’Estournelles 1834, bouché à l’émeri, essai de ce temps.
Les gourmets du monde entier connaissent le Café Anglais; ce qu’ils connaissent moins, c’est son histoire; mais que leur importe? Le dîner fait vaut-il le dîner à faire? conclut le chroniqueur.

Article copié sur "La France pittoresque" 

 

La mystérieuse histoire du drapeau normand: à deux ou trois «cats»?
Source : France 3 Basse-Normandie

Le drapeau normand a toujours fait débat. Doit-on parler de léopards ou de lions? Faut-il en mettre deux ou trois?
L’emblème historique de la Normandie est un drapeau rouge à deux léopards jaunes (surnommé «cats» (chats) en normand.) On parle parfois, par erreur, des «lions» du drapeau normand mais ce sont bien deux «léopards passants» (c’est-à-dire marchant sur trois pattes).
Les mairies et collectivités hissent le drapeau avec les deux léopards d’or (surnommé en normand les p’tits cats). Il est très majoritairement reconnu comme l’emblème de la Normandie.

Les origines du drapeau
Ces léopards proviennent du plus ancien blason connu des Plantagenêts. Geoffroy, par son mariage avec Mathilde (la dernière descendante directe des Ducs de Normandie) devint Duc de Normandie en 1128. Il fait transposer les symboles de «l’émail du Mans» sur son blason qui allait devenir les couleurs de la Normandie, à savoir l’Or (jaune) sur fond de «gueules» (rouge). C’est Henri II Plantagenêt (1133-1189) qui a choisi le blason à 2 léopards. Son fils, Richard Cœur de lion, ajoutera un 3e léopard.

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Le drapeau normand

On peut donc dire que ces léopards sont à la fois anglais (Henri était roi d’Angleterre), angevins (il était aussi comte d’Anjou) et normands (son père Geoffroy et lui étaient aussi ducs de Normandie).
Combien de léopards sur le drapeau normand?
C’est LE sujet polémique. Les trois léopards d’or apparaissent clairement sur le blason de Richard Coeur-de-Lion (fils d’Henry II), duc de Normandie et roi d’Angleterre, en 1198.

En 1204, Philippe II rattache la Normandie à la couronne de France sans y nommer de duc. Du coup, le blason à 3 léopards ne subsiste que dans les Iles (Jersey et Guernesey) où Edouard Ier demeure duc.
Néanmoins, cet usage reste très minoritaire. Il se retrouve chez les partisans de la thèse selon laquelle le blason originel de la Normandie comportait trois lions, conservé sur le blason de l’Angleterre et partant, des îles Anglo-Normandes.
Pauline Latrouitte, France 3 Basse-Normandie 

 

10 décembre 1967: Otis Redding est hissé hors du lac aussi mort qu'un hareng congelé. Malgré un froid épouvantable le Beechcraft d'Otis décolle avant d'achever son vol dans un lac gelé. Seul le trompettiste survit.

Le 10 décembre 1967, Otis Redding n'a que 26 ans lorsque son avion privé se crashe dans un lac. Seul le jeune trompettiste Ben Cauley, 20 ans a le réflexe de détacher sa ceinture juste avant le plongeon fatal dans le lac Monona (Wisconsin). "Tout ce dont je me souviens, c'est que je me suis réveillé. Impossible de respirer. J'ai entendu Phalon dire: Oh non! Il était assis de l'autre côté de l'allée. J'ai retenu mon souffle, détaché ma ceinture de sécurité et j'ai saisi un coussin."

Petit retour en arrière. Vers midi, Otis et ses musiciens du groupe The Bar-Kays se rendent à l'aéroport de Cleveland pour embarquer dans un vieux Beechcraft. La star du rhythm and blues se l'est offert pour faciliter ses déplacements. Il n'y a que six places à bord. Otis s'installe sur le siège du copilote, Ben Cauley, Phalon Jones (saxophoniste ténor, 19 ans), Carl Cunningham (batteur, 18 ans), Ronnie Caldwell (organiste, 19 ans), et Matthew Kelly (apprenti batteur, 17 ans), qui sert de secrétaire à Otis, prennent place à l'arrière. Reste le bassiste James Alexander (19 ans) qui se dévoue pour emprunter un vol régulier à destination de Madison, ville de leur prochain engagement. Cela lui sauve la vie.

"Dieu était avec moi"… Cauley raconte: "Nous avions achevé un concert à l'université Vanderbilt et nous nous étions rendus au hangar. Un des gars a dit qu'il faisait froid dans la cabine et a demandé à un employé du hangar de mettre en marche le chauffage électrique pour réchauffer celle-ci. Mais l'employé a refusé, affirmant que la batterie était presque vide et que nous ferions mieux d'attendre que le pilote démarre l'avion." Celui-ci finit par arriver et décide de voler malgré le mauvais temps. Le plafond nuageux à Madison est de seulement 30 mètres, ce qui nécessitera un atterrissage aux instruments. Après le décollage, comme il n'y a rien à manger à bord, les passagers s'installent pour piquer un roupillon.

Pour une raison restée inconnue, le Beechcraft rate la piste d'atterrissage de Madison de cinq kilomètres. Il s'abat sur le lac gelé de Monona. Son nez passe au travers de la glace pour se ficher dans la vase située une douzaine de mètres dessous. Seule la queue reste émergée. Sous le choc, la carlingue s'est ouverte. Cauley raconte: "Je suppose que Dieu était avec moi. Je m'étais endormi. Je me souviens de m'être réveillé parce que je ne parvenais plus à respirer. Le moteur faisait un bruit terrible, et j'ai eu l'impression terrifiante de tomber dans le vide. J'ai pensé que l'avion était dans un trou d'air. J'ai entendu Phalon grommeler: Oh non! Juste ça. Oh non! Et je me suis tourné pour lui dire quelque chose, mais je n'ai pas pu parce que je ne pouvais pas respirer. Je me suis penché et j'ai détaché ma ceinture de sécurité. Je ne sais pas pourquoi, je me suis juste penché et je l'ai détachée. Cela m'a probablement sauvé la vie. Je ne sais pas. Dieu devait être avec moi."

Redding, partiellement congelé… Le jeune Cauley n'a aucun souvenir du crash. Il se voit simplement dans l'eau gelée en train de lutter pour ne pas couler. "Je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie. J'ai entendu crier au secours et j'ai vu que c'était Ronnie. Il était à environ deux mètres... non, à environ dix mètres. J'ai voulu nager vers lui, mais, avant que j'y arrive, il a coulé. Puis j'ai entendu Carl hurler, mais il était encore plus loin. Et il a coulé en quelques secondes. J'ai senti que je coulais aussi et je me suis accroché encore plus fort au coussin. Tout ce dont je me souviens ensuite, c'est de la police me hissant sur le bateau."

L'alerte est donnée par un riverain du lac qui assiste au crash. Vingt minutes plus tard, la police arrive sur les lieux avec une vedette, juste à temps pour tirer hors de l'eau Cauley, qui est sur le point de se laisser couler, à bout de forces. L'eau est si froide que les plongeurs de la police ne parviennent pas à y rester plus de 15 minutes. Ce n'est que le lendemain que le corps d'Otis Redding est hissé hors de l'eau, encore attaché sur son siège, partiellement congelé. La nouvelle de sa mort plonge le pays dans le deuil. Aretha Franklin, Mister Dynamite (James Brown), les Beatles...: tous les artistes appréciant le nouveau roi du rhythm and blues veulent se rendre à son enterrement programmé le 18 décembre, dans la ville de son enfance, Macon.

"J'enverrai mon avion vous chercher"… Otis Redding naît non loin de là, à Dawson, le 9 septembre 1941. Il abandonne rapidement l'école pour enchaîner les petits boulots, tout en tenant la batterie d'un groupe de gospel. La star du blues locale, Johnny Jenkins, l'engage dans son groupe, les Pinetoppers. Il enregistre sa première ballade en solo, These Arms of Mine. Petit succès qui lui permet de poursuivre les enregistrements. Ses chansons douces le font accéder à la gloire (I've Been Loving You Too Long). Ses titres plus rythmés accompagnés par des cuivres séduisent moins. En 1965, c'est déjà une grosse vedette du rhythm and blues. Il traîne derrière lui un orchestre de dix-huit musiciens. Mais celui-ci lui coûte trop cher, il doit s'en séparer. C'est à ce moment qu'il engage pour l'accompagner un groupe, The Bar-Kays, qu'il voit jouer dans un club de Macon. Ceux-ci sont, bien évidemment, fous de joie, mais la plupart sont encore au lycée. Impossible de partir en tournée. "J'enverrai mon avion vous chercher le vendredi soir", leur répond-il.

Au cours de l'automne 1967, Otis est hospitalisé, pour faire retirer deux polypes sur ses cordes vocales, à l'hôpital Mount Sinai de New York. Comme il lui est interdit de parler, il en profite pour travailler sur plusieurs morceaux, dont son plus grand tube, (Sittin' On) The Dock of the Bay, qu'il enregistre avec le guitariste-producteur Steve Cropper. La séance d'enregistrement n'a pas lieu trois jours avant sa mort, comme on l'a souvent écrit, mais le 22 novembre. Le 8 décembre, il ajoute simplement des overdubs (des sons sur des pistes déjà enregistrées). Otis remonte sur scène le 2 décembre 1967. Le vendredi 8 décembre, ses musiciens et lui jouent à l'université Vanderbilt à Nashville, le lendemain ils sont à Cleveland où ils enregistrent leur dernière émission de télévision, Upbeat. Le soir, ils se produisent encore dans un petit club, le Leo's Casino. Le lendemain est leur dernier jour. I've been loving you... Otis.

Aujourd'hui, cadeau pour les grincheux, nous n'avons trouvé aucune mauvaise blague à faire.

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Otis Redding et son avion accidenté dans le lac. © DR


© Le Point - Publié le 10/12/2012 à 00:00 - Modifié le 10/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du dix décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/10/28626726.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, Charlie de service joue au chien policier, plus rapide que le célèbre Rantanplan, avec lui pas besoin de somnifère quand on veut s'endormir devant la télévision; sacré clébard; en tous cas, à l'inverse de Derrick, ce n'est pas un berger allemand...

 

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Ben pour la zique de ce mercredi, on va se rajeunir un peu en s’écoutant Chuck Berry en concert en 1972… On s’éclatait à l’époque… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=NPoPbMcnKo0

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Pierre peigne sa fille de quatre ans le matin avant de partir à l'école et lui tire les cheveux:
- Papa, tu me fais mal! dit la petite fille.
- Que veux-tu, répond le père, tu es ma première petite fille, alors je ne sais pas comment il faut faire!
- Et moi, réplique la fillette, je fais quoi? Tu es mon premier papa.

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Une maman, qui passait par la salle de bain, surprend son jeune fils Émile en train de se masturber dans son bain:
- Émile!
Tu ne devrais pas faire ça avec ton zizi!
- Pourquoi? C'est mon zizi, et je le lave aussi vite que je veux!!!

 393

Dans un grand élan de nostalgie, une dame demande à son mari:
- Pourquoi ne me dis-tu plus de mots doux comme avant?
-...
- Pourquoi ne m'apportes-tu plus de fleurs comme avant?
-...
- Pourquoi ne m'emmènes-tu plus danser, le dimanche, comme avant?
A la fin, l'homme répond sobrement:
- Je n'ai pas envie de me disputer avec toi!
Et sa femme de continuer à gémir:
- Pourquoi est-ce que tu ne te disputes plus avec moi, comme avant?

 435

- Allez, ordonne un homme à sa femme en la jetant en bas du lit, lève-toi et file chez mon ami Paul. Je t'ai perdue au poker.
- Tu m'as jouée au poker et tu as perdu! Gémit la malheureuse femme en enfilant sa robe.
- Oui, explique brièvement son mari. Et j'aurais même perdu ma paie du mois si je n'avais pas su m'arrêter à temps.

 452

- Je peux vous donner un conseil? dit un passant à un S.D.F., assis contre un mur pour faire la manche.
- Allez-y toujours.
- Que vous écoutiez France Info, à longueur de journée, sur votre transistor, passe encore, mais je vous assure que cela fait la plus mauvaise impression quand vous semblez vous passionner pour les commentaires de Jean-Pierre Gaillard sur les cours de la Bourse et les meilleurs investissements à réaliser.

 471

C'est un gars qui entre dans une animalerie (pour changer des bars) et qui dit au patron:
- Je voudrais un animal de compagnie, mais je n'ai pas d'idée sur l'espèce à choisir. Pouvez-vous me conseiller?
Le patron le regarde de bas en haut et lui dit à voix basse sur le ton de la confidence:
- Avez-vous l'esprit large et aucun à priori? Le gars répond que oui, bien sûr.
Alors ils discutent de toutes les espèces en vente dans l'animalerie: chiens, chats, hamsters, lapins nains, cochons d'Inde, poissons rouges, tortues... Puis le patron redemande:
- Vous pensez vraiment être large d'esprit? Le gars lui répète qu'il n'y a aucun problème de son côté.
Alors le patron se met à chanter les louanges de ce crapaud qu'il garde là dans un coin de sa boutique. Il en rajoute et en rajoute encore, puis il termine en disant:
- Je vous le mets à l'essai pendant 3 jours et si vous n'en êtes pas satisfait je vous le reprends et je vous l'échange contre n'importe quoi dans le magasin!
Le gars est d'accord pour faire l'essai et s'apprête à repartir avec son crapaud. Au moment où il passe la porte, le patron lui dit:
- Si vous êtes vraiment, mais vraiment large d'esprit, vous pourrez constater qu'il y a un autre avantage à choisir ce crapaud comme animal familier: Cet animal est capable de faire des très bonnes fellations à son propriétaire!
Le gars ne dit rien et rentre chez lui. Quelques jours plus tard, la femme du nouveau propriétaire du crapaud qui a entendu du bruit dans la cuisine en pleine nuit se lève pour voir ce qui se passe: En entrant dans la pièce, elle voit son mari assis sur la table de la cuisine, avec le crapaud et un livre de cuisine ouvert. La femme dit:
- Mais qu'est-ce que tu fais à cette heure-ci dans la cuisine avec le crapaud? Et le mari répond:
- Et ben, si j'arrive à apprendre à ce crapaud à cuisiner, tu peux faire tes valises!

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C'est mercredi... et au matin de ce milieu de semaine, le bourreau qu'est le réveille-matin qui prend son boulot à cœur pour nous sortir des plumes et pour foutre de mauvais poil pas mal d'entre nous, mauvaise humeur qui disparaîtra pour certains qu'au retour à la maison le soir venu... Il fait frais et la froidure finit de réveiller son monde... Ce soir la semaine aura basculé et c'est tant mieux... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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09 décembre 2014

Éphéméride du neuf décembre

 

«De Sainte-Léocadie à Sainte-Nicaise, les gelées naissent et les nausées cessent.»

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«Intempéries à la Sainte-Valérie, beuverie à la distillerie et câlinerie à l'infirmerie.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; c'est mardi, la froidure s'installe, l'hiver s'en vient petit à petit mais sûrement... Les stations s'inquiètent pour l'enneigement à Noël... alors que les gens du bas et les citadins n'en veulent pas de cette neige avec toutes les perturbations engendrées par elle... Pourtant c'est joli la neige... ouais, mais seulement en montagne et en campagne!!! Heureusement qu'on ne peut avoir cet or blanc sur commande et que pour la neige artificielle il faut des froidures inférieures en-dessous du 0°C... 

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu pour la Suisse romande avec 2° et de faibles pluies dans la nuit, ce sera pour ce jour: au lever du jour, le plus souvent très nuageux avec encore quelques averses de neige résiduelles jusqu'en plaine. Temps devenant sec en toutes régions en cours de matinée et ouverture d'éclaircies. L'après-midi, temps assez ensoleillé sur le Bassin lémanique et en Valais central, mais restant nuageux dans les autres régions. Température en plaine 1° la nuit, 3° à 5° l'après-midi. A 2000 mètres -8°. En montagne, vent modéré du nord-est. Bise modérée sur le Plateau, par moments forte sur le Bassin lémanique...

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, perturbée et froide... Avec pour ce jour: en matinée, Un temps froid et gris s'étend des Pyrénées aux reliefs de l'est, avec quelques chutes de neige faibles et éparses à très basses altitudes. Des Landes au bassin parisien, ce sont les brouillards qui prédominent. Enfin mistral et tramontane soufflent entre 110 et 130 km/h. Dans l’après-midi, la grisaille est souvent tenace du centre-est au nord-est, avec encore localement quelques flocons. Du sud-ouest au bassin parisien, les éclaircies sont de retour, tandis que le ciel s'ennuage en Bretagne. Enfin, franc soleil dans le sud-est au prix d'un violent mistral et d'une forte tramontane. En soirée, le ciel se couvre dans le nord-ouest, à l'approche d'une perturbation. Les nuages bas brumeux restent fréquents entre les vallées abritées de l'Auvergne et des Alpes et la Lorraine. Ciel souvent dégagé dans le sud. Dans la nuit, pluies accompagnées d'un redoux au Nord-ouest. Temps clame ailleurs avec des gelées possibles des Pyrénées aux frontières de l'Est. Le vent a tendance à faiblir près de la Méditerranée… 

 

Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 27°; à l'île de la Réunion ce sera ensoleillé et variable avec des températures de l'ordre de 29°; à la Martinique ensoleillé, voilé et variable avec des températures de l'ordre de 31°; ensoleillé, nuageux et pluvieux  avec des températures de l'ordre de 31° en Guadeloupe; ensoleillé et variable en Guyane française avec des températures de l'ordre de 32°; Polynésie française ciel couvert, pluies éparses; beau temps, peu nuageux aux Marquises avec des températures de 29°; ensoleillé avec passages nuageux et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 0°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:56 et le coucher du Soleil se fera à 16:49 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu les...: Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1978: une tornade sévissait dans la région de Poperinge
En 1945: la température minimale descendait jusqu’à -14.1° à Rochefort et -17.7° à la Baraque Michel

 

Les journées mondiales et internationales

Le neuf décembre c’est la Journée Mondiale des Nations Unies contre la corruption
http://www.journee-mondiale.com/195/journee-mondiale-des-nations-unies-contre-la-corruption.htm

lutte-contre-corruption

 

La France pittoresque

5 décembre 1360: création du franc à cheval ou franc d’or
D’après «Etudes et recherches historiques sur les monnaies de France» (Tome 2), paru en 1853

5 décembre 1360: premier franc de l’histoire monétaire française, le franc à cheval est créé. Cette pièce d’or valant une livre tournois est frappée pendant la guerre de Cent Ans, au moment de la libération du roi Jean le Bon, qui avait été capturé par les Anglais en 1356 à la bataille de Poitiers.
Le franc d’or appelé aussi franc à cheval, fut la seule monnaie d’or de la création du roi Jean dont l’existence se prolongea sous les règnes postérieurs. Quant aux autres monnaies d’or elles ne furent que la reproduction de monnaies déjà connues.
On se rappelle que sous Philippe de Valois, Jean, son fils, n’étant alors que duc de Normandie, décréta, au camp devant Aiguillon, le 27 avril 1346, la fabrication sous le nom de florin saint Georges, d’une monnaie d’or qui n’eut qu’une existence éphémère. C’était cette même monnaie au type du cavalier armé, type qui rentrait dans les habitudes chevaleresques du roi, que ce prince reproduisit, en 1360, sous le nom de franc à cheval. Celte monnaie étant de bon aloi, établie dans de justes proportions, et n’ayant pas éprouvé pendant le reste du règne, les altérations de titre et de taille qui discréditèrent les autres monnaies, prit faveur non seulement en France, mais encore dans les Etats voisins.

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Premier franc. © Crédit photo: Philippe Pescatore

Presque tous les princes contemporains et les seigneurs de France qui avaient droit de frapper de la monnaie d’or, imitèrent ce type avec empressement, et le copièrent aussi exactement qu’il leur fut possible sans s’exposer aux peines de la contrefaçon du coin du roi. Dans toutes les contrées du nord de la France celle monnaie circulait sous le nom de ridder ou cavalier armé, que lui donnèrent les peuples de Flandres.
L’ordonnance de création du franc à cheval fut rendue à Compiègne, le 5 décembre 1360, à la suite d’une aide que le roi avait été autorisé à lever. «Et avons ordonné que le susdit aide soit levé à sols et à livres, et non pas à taxations de florins; parquoi nous voulons qu’il appère clèrement au peuple que nous avons entencion et propos ferme de tenir et garder la forte monnoye par la manière que s’en suit: c’est assavoir que nous avons ordonné et ordonnons que le le denier d’or fin que nous faisons faire à présent et entendons faire continuer, sera appelé franc d’or, et aura cours pour seize sols parisis la pièce.»

Ce franc d’or se fabriquait à 24 carats, à la taille de 63 au marc et devait avoir cours pour vingt sols tournois suivant autre ordonnance du même jour. Outre le franc d’or à la taille de 63 au marc, il en existait un autre au même type et au même titre, qu’on appelait le grand franc d’or, ayant cours pour trente sols tournois ou vingt-quatre sols parisis. Il se taillait de 42 au marc. Il ne peut y avoir confusion entre les deux monnaies, malgré la conformité de nom et de type, car les ordonnances sont précises. En effet, on lit dans l’ordonnance du 10 avril 1361:
«Pour ce est il que nous qui voulons que chascun saiche que nous qui avons très parfaite entention et bonne volonté de tout nostre povoir faire tout au plaisir du Dieu et au bien et prouffit commun de tout le peuple de nostre dit royaume, que iceulx puissent estre en bonne union et tranquillité, et que par le fait et mutacion de nostre dite monnoye, d’ores en avant, ne puisse estre grevé ni affaibli, mais puisse et doye le fait et gouvernement d’icelles demeurer et arrester en ung estat; par très grant et bonne délibération eüe par plusieurs fois avec plusieurs prélats, barons, bourgeois et aultres à ce cognoissants, en considérant tout ce qui est à considérer, avons volu et ordonné et par ces présentes volons et ordonnons, et à tous quels que ils soient, tant de nostre lignage comme d’autres, qu’ils ne soient tant osés ni si hardys, surtout ce en quoy ils se peuvent mesfaire envers nous, de prendre ou mettre en appert ou en couvert pour aucun prix, sinon au marc pour billon, depuis la publication de ces présentes, et pour le prix que nous leur avons donné et qui s’en suit ci-après: c’est assavoir les francs d’or que nous avons fait faire, faisons et ferons faire d’ores en avant, n’ayent cours et soient pris ou mis que pour seize sols parisis la pièce tant seulement, ainsi comme ordonné avons paravant; et aussi les autres grands francs d’or que nous avons ordonné estre faits des quels les deux sont et seront d’autelle valeur comme les trois francs de seize sols dessus dits, ne soient pris et mis que pour vingt-quatre sols parisis et non pour plus, etc.»

Une autre ordonnance du 14 avril 1361 porte: «Que l’en face faire et ouvrer francs d’or fin de 63 de poids au dit marc, autels comme nous avons fait et faisons faire à présent, qui auront cours pour vingt sols tournois la pièce, si comme nous leur avons ordonné par avant; et avec ce que l’en face faire et ouvrer francs d’or fin, plus grands les quels seront de quarante-deux pièces de poids au dit marc, et auront cours pour trente sols tournois la pièce, en y mettant différence, et en donnant en chacun marc d’or fin soixante livres tournois, etc.»
Chacun de ces grands francs d’or pesait 109 grains (un peu plus de 5 g).
Article copié sur "La France pittoresque"

 

La comète Schwassmann-Wachmann caresse la Terre en 1930: quid d’une éventuelle collision?
D’après «Lectures pour tous», paru en 1930

En 1930, la découverte d’une comète «caressant» la Terre tous les 16 ans et qui passait, cette année-là, à moins de 10 millions de kilomètres de notre planète - faible distance astronomique –, suscite quelque interrogation sur les conséquences d’une collision avec un tel bolide
Une bien petite comète, invisible à l’oeil nu, est passée non loin de la Terre à la fin du mois de mai [1930]. Le 30, elle s’est trouvée à 8 450 000 kilomètres seulement de nous, soit à vingt-deux fois la distance qui nous sépare de la Lune; peu de chose, vraiment, en astronomie. Elle s’appelle Schwassmann-Wachmann, du nom de ceux qui l’ont découverte le 2 mai [Arnold Schwassmann et Arno Arthur Wachmann, deux astronomes allemands].
Un tel rapprochement est très rare. Seules les comètes Lexell et Pons-Winnecke sont passées plus près de nous, la première à 2 400 000 kilomètres le 1er juillet 1770, et la seconde à 5 800 000 kilomètres le 27 juin 1927.

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La comète Schwassmann-Wachmann lors de son passage en 1995

Dans une modeste lunette, la nouvelle comète offrait l’aspect d’une petite nébulosité ovale, sans queue bien marquée. Dans la grande lunette de Meudon, elle ressemblait à un oiseau immatériel aux ailes largement étalées, glissant devant les étoiles avec une vitesse telle qu’on en suivait le déplacement à l’oeil. Ses dimensions transversales étaient un peu supérieures au diamètre terrestre.

Le noyau mystérieux
Nous savons aujourd’hui que les comètes sont de gigantesques masses gazeuses ultra-raréfiées, comprenant en particulier du cyanogène, de l’oxyde de carbone et de l’azote. Sous l’action des électrons et des radiations à courtes longueurs d’onde émises par le Soleil, ces gaz deviennent lumineux.

Nous voyons qu’ils émanent d’un mystérieux «noyau» situé au milieu de la tête de la comète. Mais comment? Pour répondre à cette difficile question, il faudrait savoir au juste ce qu’est le noyau. A l’heure actuelle, nous nous le représentons comme une masse solide généralement unique, susceptible de se désagréger en météorites, et contenant de grandes quantités de gaz occlus qu’il perd peu à peu sous l’action de la chaleur solaire.
Ses dimensions sont très mal connues à cause des gaz lumineux qui l’entourent et se confondent le plus souvent avec lui, et la plupart des ouvrages astronomiques lui attribuent encore des dizaines, centaines et même milliers de kilomètres. Aussi avons-nous mis à profit le rapprochement exceptionnel de cette comète pour en étudier le noyau avec la puissante lunette de Meudon et en déterminer la grandeur.
Or, nos observations ont prouvé qu’il ne devait pas avoir plus de 400 mètres environ de diamètre, et peut-être était-il plus petit (Acad. des Sciences, 11 juin 1930). Déjà, la comète Pons-Winnecke nous avait donné un résultat semblable, soit 400 à 500 mètres. Nous voilà donc loin des valeurs citées plus haut: ce n’est qu’une très grosse météorite. Et maintenant, qu’arriverait-il...

Si nous rencontrions une comète?
Deux cas sont à distinguer: ou nous passerions seulement dans les gaz nocifs ou nous rencontrerions le noyau. Dans le premier cas, qui s’est déjà présenté du reste à plusieurs reprises, on ne s’apercevrait, et on ne s’est aperçu effectivement de rien, tant ces gaz sont ultra-raréfiés. Les faibles traces d’oxyde de carbone qui pourraient pénétrer dans la très haute atmosphère, sont infiniment plus diluées et bien moins dangereuses pour nous que celles émises par les autos dans les rues de Paris en une journée.

Dans le deuxième cas, nous aurions affaire à un bolide dense, de plusieurs hectomètres de diamètre, nous arrivant avec une vitesse qui peut varier entre 12 et 72 kilomètres à la seconde. Il aurait une puissance destructive considérable s’étendant à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, comme on l’a vu pour la grande météorite sibérienne de 1908; mais il n’entraînerait pas de dramatique «fin du monde».
Quoique la probabilité d’un tel choc soit des plus faibles, elle n’est pas rigoureusement nulle et le fait paraît même s’être déjà produit. Dans une région désertique du nord-est de l’Arizona, près du Canyon Diablo, il existe un vaste entonnoir circulaire, de 1200 mètres de diamètre et 180 mètres de profondeur, entouré sur 8 kilomètres de milliers de météorites ferreuses qui, à n’en pas douter, a une telle origine. Aussi est-il connu sous le nom de «Meteor Crater».

La petite comète s’éloigne maintenant de nous, mais comme elle tourne autour du Soleil en cinq ans et demi, nous la reverrons probablement à la fin de 1935.
Note: En 1930 cette comète (désignée par la référence 73P/Schwassmann-Wachmann ou Schwassmann-Wachmann 3), dont la période orbitale est de 5,3 ans et qui passe près de la Terre tous les 16 ans, généra une pluie d’étoiles filantes, avec un pic de 100 météores par minute. En 1995, on constata un début de fragmentation (8 fragments observés lors de son dernier passage en 2006). Le prochain passage des fragments, dont la trajectoire est désormais difficile à établir, aura lieu en 2022.

Article copié sur "La France pittoresque"

 

Le clocher qui danse, à Moustiers-Sainte-Marie.
D’après «Annales des Basses-Alpes», paru en 1936

Dans toute l’ancienne Provence, le clocher de Moustiers était légendaire; il branlait au son des cloches. C’était le clocher qui danse.
Le clocher, joli et doré qui, dans le paysage d’automne, paraît comme végétal a sa légende (quel monument, quelle source, quel rocher et peut-être quel homme n’a sa légende à Moustiers?)
Au Moyen Age, le clocher de Moustiers était en effet connu pour vibrer aux sons des cloches; on venait, l’oreille sur la pierre, entendre gémir la haute mitre jaune. Puis on regardait la tour comme secouée d’un frisson. Polydor Virgile, dans son recueil Des inventeurs des choses (1528), cite comme merveille ce clocher oscillant.

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Clocher de Moustiers-Sainte-Marie (Alpes-de-Haute-Provence)

Gaffarel qui avait lu ce Virgile fut émerveillé par cette particularité et fit le voyage de Moustiers pour le constater. Il. écrivit après sa visite dans son livre Des curiosités des choses (1650):
«Quelques fois on nomme des choses qu’on estime ridicules et incroyables et qui pourtant ne le sont pas, s’en étant trouvé dans les siècles passés et l’on en voit encore de nos jours; ainsi cette tour de pierre ou admirable clocher que Virgile avait fait avec un si merveilleux artifice, que la tour se mouvait au branle de la cloche, n’est pas sans pareille, car à Moustiers, ville de Provence, le clocher dont les pierres sont enclavées à presque un même branle que la cloche avec tant de prodiges que ceux qui sont autrefois montés dessus sans le savoir, quand ils ont vu branler les cloches, ils n’ont pas été exempts de frayeur comme il m’est arrivé à moi-même.»

Viviers, Bar, en France, Bristol, en Angleterre, avaient aussi un clocher qui branlait au son des cloches. Dans la Gueuse Parfumée, éditée en 1845, le marquis de Gallifet consacre la tradition. Il écrit du clocher à sa fille, la marquise de Barbentane: «On assure que le branle des cloches lui imprimait jadis un léger balancement».
Mais déjà le clocher ne balançait plus. Ou presque plus... Le prieur de Moustiers, Jean de Bertet (1614-1670) l’avait fait affermir par des poutres en dedans et par de bonnes clefs de fer en dehors. Malgré tout en 1849 le bon curé des Sièyes, J.-M. Féraud, ne voulait avouer que le clocher était tout à fait immobile. Il écrivait dans sa Géographie des Basses-Alpes. «Le mouvement n’est presque plus sensible». Retenons ce presque qui n’est pas si vieux.

Au dire des positifs, le bon clocher roman qui depuis huit siècles veille sur Moustiers, ne boulègue plus. N’en croyez rien. Aux soirs de paix, près du vallon cascadeur, prêtez l’oreille. La pierre fidèle s’animera, vous dira une voix secrète, une chanson discrète, quelques légendes, la plainte d’un passé qui veut revivre sa tradition pour l’honneur de Moustiers. Non, le clocher n’est pas figé ni muet. Regardez-le; il remue et dit la complainte secrète du vieux pays.

Article copié sur "La France pittoresque"

 

9 décembre 1600: Lors de leur nuit de Noce à Lyon, Henri IV saute sur la timide Marie de Médicis. Pas de pitié pour la vierge italienne qu'il retrouve deux mois après leur mariage célébré par procuration à Florence.

Le 9 décembre 1600, le roi Henri IV encaisse enfin son dû. À Lyon, il initie sa deuxième épouse aux plaisirs du sceptre royal. Prostate ou pas, celui-ci est toujours aussi efficace. Dieu sait pourtant si Henri l'a usé en de multiples occasions avec des catins comme avec des duchesses. Le brave homme n'est pas bégueule pour un sou. Il est de la race des DSK... Mieux, Marie de Médicis lui rapporte une dot de 600 000 écus d'or. C'est bien la première fois qu'il se fait payer pour dépuceler une vierge... Mais le Vert Galant n'a pas attendu sa vierge florentine pour jouir: sa jeune maîtresse du moment, la marquise de Verneuil, se débrouille fort bien en la matière. S'il a répudié sa première épouse, la reine Margot, c'est qu'elle a été incapable de lui donner un héritier. Dans un premier temps, il avait voulu épouser la merveilleuse Gabrielle d'Estrée qui lui avait déjà donné trois enfants, mais celle-ci est morte subitement le 10 avril 1599 (cliquez ici pour notre éphéméride du 10 avril).

Mariage par procuration… Le mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis est célébré le 5 octobre 1600 à Florence en l'absence du roi représenté par le grand écuyer, messire Roger de Bellegarde. En effet, le protocole de la cour de France interdit qu'un souverain se rende à l'étranger pour épouser sa promise. Sitôt la cérémonie achevée, la nouvelle épouse se met en route pour retrouver son chéri. Accompagnée par une suite de deux mille personnes, elle débarque en bateau à Marseille, où, à sa grande fureur, elle constate que son époux royal lui a posé un lapin. Il n'est pas venu l'attendre sur le quai, pas plus qu'il ne lui a fait parvenir un bouquet de fleurs par Interflora... Il prétexte qu'il est retenu par la guerre qu'il mène en Savoie. En fait, la marquise de Verneuil a débarqué à Grenoble, où son amant royal loge, pour lui faire une scène effroyable à cause de son mariage avec la "banquière italienne", comme elle surnomme Marie de Médicis. La petite garce de 21 ans sait y faire avec les vieux de 47 ans. Briefée par Karine Le Marchand, elle l'injurie, lui hurle dessus, devient complètement hystérique, puis se donne. Elle se fait "tour à tour voluptueuse, mutine et brûlante comme l'enfer, elle le tenait par la barbichette". Henri n'est pas de taille à résister. Pour la calmer, il est prêt à tout lui donner. C'est ce qu'elle voulait.

Mais de royal époux, point… Pendant que son époux subit les assauts de sa maîtresse, la "banquière" remonte la France pour atteindre Lyon, où Henri lui a donné rendez-vous. Elle est toujours furieuse; à Avignon, elle menace même de faire demi-tour. Finalement, le dimanche 3 décembre, elle arrive à Lyon, la ville la plus italienne du royaume. Les habitants lui font une réception fastueuse. Tous les corps et les ordres de la cité l'accueillent triomphalement à l'entrée de la ville. Même les joueurs de l'OL lui font une haie d'honneur... Mais de royal époux, point. Il n'est pas encore arrivé. Elle se désole, elle s'impatiente. Henri, pour l'amadouer, lui fait parvenir un magnifique collier de diamants valant 150 000 écus. À peine si elle l'accepte.

Pierre Matthieu, historiographe d'Henri IV, note: "Elle attend le roi huit jours, avec l'impatience que lui pouvait donner ce louable défi de voir celui qu'elle avait aimé sans le voir, à qui elle s'était donnée sans le connaître, et avait juré fidélité conjugale à Florence, tandis qu'il était en Savoie." Le samedi 9 décembre, vers 15 heures, on lui apprend que son époux a embarqué sur le Rhône. Il devait être à Lyon le soir même. Quand elle soupe, un gentilhomme vient la prévenir que le roi n'est plus qu'à une lieue de la cité. Elle en perd l'appétit, devient pensive. Enfin, elle va connaître son époux. Il est un peu vieux, mais qu'importe l'âge, il a fait d'elle la souveraine d'un des plus grands royaumes d'Europe. Il paraît qu'il est un peu porté sur la chose, mais elle accomplira son devoir.

Froide comme la glace… En fait, ce rusé d'Henri est déjà dans la place avec son ami Rosny. Il a pénétré incognito dans l'archevêché où elle loge afin de l'observer sans qu'elle le voie. Il la trouve à son goût, mais ne se dévoile toujours pas. Il attend qu'elle se retire dans sa chambre avec sa fidèle Léonora Dori (la fameuse Galigaï) pour la rejoindre. La reine se jette dans une profonde révérence, lui baise la main. Le roi "l'enlève de terre", lui adresse quelques mots de bienvenue avec son haleine aillée, l'embrasse à plusieurs reprises. Devant la cheminée, il lui raconte son voyage, décrit ses récentes batailles, mais elle entend mal le français et lui n'est pas meilleur en italien. Il finit par se retirer pour souper.

Après s'être restauré, Henri se présente à nouveau à la chambre de son épouse pour lui annoncer qu'il compte profiter de sa nuit de noces le soir même. La jeune femme a un mouvement de recul. Déjà? Est-elle vraiment sa femme devant Dieu? Le mariage n'a eu lieu que par procuration. D'une voix timide, elle demande s'il ne vaudrait pas mieux attendre le légat du pape chargé de leur donner sa bénédiction avant de consommer leur mariage. Henri, qui a tout prévu, lui tend alors un mot signé par le pape attestant que le mariage est entièrement valide depuis la cérémonie de Florence. La bénédiction du légat n'étant qu'une formalité facultative. La reine, écrit un observateur italien, devient "froide comme la glace". Elle se met à trembler, semble terrorisée! Le bon Henri s'en trouve émoustillé. Il pense à son ami René le Québécois lui narrant sa nuit de noces avec la petite Céline...

Tous deux ravis de leur nuit… Les servantes de Marie l'entourent, veulent la réchauffer, la voyant si tremblante. Le roi les écarte, leur faisant signe de sortir. Les valets referment les portes. Le roi et la reine restent seuls, l'une tremblante de peur, l'autre de plaisir. Par la fenêtre, il lui montre le Rhône: "Ce petit flot est rempli de loutres", lui dit-il pour tenter de l'apaiser. Ce qui se passe cette nuit-là demeure un mystère. En tout cas, le Vert Galant a sûrement fait honneur à son surnom, car, le lendemain matin, tous deux paraissent ravis de leur nuit. Elle comme lui. Le 17 décembre, le légat, enfin arrivé, donne sa bénédiction. Les fêtes du mariage se poursuivent durant un mois. Chaque soir, Henri chevauche sa poulinière italienne. Hardi, mon gaillard! Il ne tarde pas à la mettre enceinte, puisque le futur Louis XIII naît le 27 septembre suivant, ce qui place sa date de conception autour du 27 décembre. Dès le 15 janvier, le roi répand la nouvelle, fier comme un coq d'avoir mis la poule au pot.

Ce qui n'empêche pas Henri de retourner vite auprès de la marquise et d'autres maîtresses. Son épouse, très dévote, indolente, nonchalante et surtout très jalouse, perd rapidement de ses charmes à ses yeux. Il écrit à Sully: "Je ne trouve ni agréable compagnie, ni réjouissance, ni satisfaction chez ma femme..." Le roi précise encore: "Je suis contraint de dépit de la quitter là et de m'en aller chercher quelque récréation ailleurs."

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© Le Point - Publié le 09/12/2012 à 00:00 - Modifié le 09/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du neuf décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/09/28618541.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo  

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, ce sacré Charlie il est vraiment drôlement fait vu la longueur des racines de ses canines; à croire que pour lui enlever ses attributs masculins, il suffit de lui arracher les deux canines de la mâchoire inférieure...

 

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Ben pour la zique de ce mardi, on va un peu changer de genre en s’écoutant la compilation de l’American Folk Blues Festivals 1963-1966: The British Tours… D’autres rythmes et une musique plaisante… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=BZMoikK3ct8

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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- Bravo pour ton job, comment tu l'as eu?
- Comme la Vierge Marie a eu Jésus.
- Un miracle?
- Non j'ai couché, mais je peux pas en parler. 

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Un écolier fait ses comptes:
- Je dois 20 F. à David qui me les a prêtés pour acheter des bonbons,
40 F. à Fabrice qui me les a avancés pour entrer au cinéma, mercredi dernier,
et un bon coup de poing dans le nez à Ludovic qui, lui, malgré toutes mes demandes, n'a jamais voulu me prêter un centime.

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L'histoire se passe dans une tribu en Afrique. Dans cette tribu, il y un caïd, le meilleur baiseur du groupe, frimeur et tout. Cette bête sexuelle a un jeune fils à qui il veut apprendre les meilleures techniques.
Il lui dit:
- Mon fils, je suis le meilleur baiseur de tous les temps. Je vais t'apprendre à faire jouir les nanas. Alors on va dans une cahute avec une meuf, je te montre comment on baise et toi pendant ce temps, tu éventes avec une grande feuille. Apres tu essaieras.
Alors voilà le caïd qui commence à s'escrimer pendant une demi-heure sans aucun résultat. Il abandonne et dit à son fils de prendre sa place pendant que lui évente.
En mois d'une minute, c'est le panard total pour la gonzesse, le pied géant avec les cris et tout.
Le caïd dit alors à son fils, d'un ton supérieur:
- Alors fiston, tu vois comment on évente?

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Un type dans un bistrot est pris d'une envie TRÈS pressante de soulager ses intestins. Il descend l'escalier qui mène aux gogues, et là, malheur! Le verrou de l'unique porte indique "Occupé". Il se dandine, serre les fesses tant qu'il peut, mais le temps passe et toujours pas de signe de vie dans les chiottes... notre gugusse est toujours en train de serrer les fesses, jusqu'au moment où il sent qu'il n'en peut plus, et qu'il va refaire le crépis des toilettes. Il tambourine contre la porte:
- Mais DÉPÊCHEZ-VOUS! J'ai la chiasse! Et il entend une voix essoufflée: - Gnnnh!... T'as... d'la... chaaaaaance!!!"

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Le patron convoque un de ses employés par téléphone:
- Passez à mon bureau. Je voudrais vous dire un mot à propos de votre demande d'augmentation. L'employé, tout content, se précipite.
La secrétaire l'introduit chez le patron qui fait:
- NON!

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- A la veille de mon mariage, demande une jeune fille à sa mère, quel est le meilleur conseil que tu puisses me donner?
- Oh! Il tient en peu de mots.
Quand tu viendras de te disputer avec ton mari et qu'il t'aura dit ce qu'il pense de toi et de ta famille, renonce à la tentation de saisir le téléphone pour tout me raconter:
- Pourquoi cela?
- Parce que, le lendemain, toi, tu lui auras pardonné, mais pas moi.

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C'est mardi... on est tellement bien au plumard que ce bourreau qu'est le réveille-matin prend un malin plaisir à nous torturer pour nous sortir du lit, histoire que lui se repose jusqu'au lendemain... Il fait frais et la froidure finit de nous réveiller et c'est en pleine forme qu'on arrivera au boulot, enfin faut le dire vite pour certains... Allez les amis courage! Encore une quinzaine de jours avant les vacances de fin d'année... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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08 décembre 2014

Éphéméride du huit décembre

«À la Saint-Constantin, compte tes sous dans tes mains.»

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«Dicton du pisteur: Jour de l'Immaculée, ne passe jamais sans gelée. Sinon c'est l'avalanche assurée.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; c'est lundi, tout le monde est en forme pour cette deuxième semaine de décembre, les batteries sont rechargées... les enfants rêvent déjà aux prochaines vacances de fin d'année, la neige et la glisse pour les uns et les jeux divers pour les autres... Quant aux adultes pleins de sagesse ils ne comptent pas encore les jours jusqu'à ces congés...

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu pour la Suisse romande avec 2° et un ciel très nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: nuageux avec localement de faibles précipitations, principalement le long des Préalpes et du Jura. Sur le Plateau et en Valais, quelques éclaircies en cours de journée, parfois belles le matin dans les Alpes. Limite des chutes de neige entre 600 et 800 mètres. Durant la nuit de lundi à mardi, précipitations se généralisant à l'ensemble des régions et limite des chutes de neige s'abaissant en plaine. Température en plaine: minimum avoisinant 3°. L'après-midi, maximum 5° à 7°. A 2000 m: -7°. En montagne, vent d'ouest à nord-ouest modéré, voire fort en haute montagne.

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, assez perturbée... Avec pour ce jour: en matinée, les restes d'une perturbation apportent quelques gouttes ou pluies à basse altitude des Pyrénées aux frontières de l'Est. Près de la Manche, une nouvelle perturbation arrive avec son lot de pluies et de vents. Ciel dégagé près de la Méditerranée mais fortement venteux. Dans l’après-midi, la perturbation progresse et s'étire du sud-ouest au nord-est du pays. Il neige en montagne dès 800 mètres. Des averses se déclenchent à l'arrière avec de la grêle et de l'orage au pays basque. Ensoleillé mais fortement venté en Méditerranée. En soirée, la perturbation apporte toujours des pluies du sud-ouest au nord-est. Avec la chute des températures, la limite pluie-neige s'abaisse à 300 ou 400 mètres. Le vent se renforce encore en Méditerranée, avec quelques ondées en Roussillon. Dans la nuit, Il pleut du sud-ouest au centre-est, il s'agit de neige dès 400 mètres d'altitude. Temps plus calme dans le Nord-ouest avec des éclaircies nocturnes. Le vent devient violent en Méditerranée… 

 

Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 27°; à l'île de la Réunion ce sera pluvieux avec des températures de l'ordre de 30°; à la Martinique ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 31°; ensoleillé, ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 32° en Guadeloupe; ensoleillé et pluvieux en Guyane française avec des températures de l'ordre de 33°; Polynésie française ciel couvert; peu nuageux à nuageux, larges éclaircies aux Marquises avec des températures de 30°; ciel variable et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de -6°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:55 et le coucher du Soleil se fera à 16:49 et le jour est plus court de 2 minutes...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu les...: Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1980: les températures plongeait jusqu'à -13,3° à Saint-Hubert
En 1988: une tornade provoquait des dégâts entre Gistel et Bredenne près d’Ostende
En 1986: les températures maximales sous abri se hissaient encore jusqu'à 13.8° à Virton et 15.1° en Campine

 

Les journées mondiales et internationales

Le huit décembre c’est la Journée Mondiale du chant choral
http://www.journee-mondiale.com/37/journee-mondiale-du-chant-choral.htm 

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Le huit décembre c’est la Journée Mondiale du Climat
http://www.journee-mondiale.com/187/journee-mondiale-du-climat.htm
 

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C'est sa fête: Fête de la Vierge

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La fête de l'Immaculée Conception découle d'une croyance populaire qui remonte à Byzance et au haut Moyen Âge. Selon celle-ci, la mère du Christ aurait été «conçue avant tous les siècles» et épargnée dès sa conception par le péché originel. Elle serait donc née sans péché et sans souillure (immaculée), à la différence des autres descendants d'Adam et Ève.

NB: ne confondons pas cette immaculée conception avec la conception virginale de son fils Jésus-Christ, «né de la Vierge Marie». Mettant un terme à plusieurs siècles de débats théologiques, le pape Pie IX fait de la croyance en l'Immaculée Conception un dogme officiel de l'Église catholique le 8 décembre 1854, dans sa bulle Ineffabilis Deus. Quatre ans après, les dix-huit apparitions de la Vierge à Lourdes lui valent une publicité exceptionnelle. À Bernadette Soubirous, dans la grotte de Massabielle, la Vierge se serait ainsi présentée (en gascon): «Que soy era immaculada councepciou» (Je suis l'Immaculée Conception). 
La fête de la Vierge est très populaire à Lyon depuis le 8 décembre 1852 et chaque année célébrée avec abondance de bougies par les habitants.

 

La France pittoresque 

Métiers anciens: Les Armuriers
D’après «Les métiers et leur histoire», paru en 1908

La fabrication des armes occupa naturellement au Moyen Age un grand nombre d’ouvriers; il arriva même parfois, tant les guerres étaient fréquentes, que la fabrication des armes fût insuffisante. En 1412, pendant les terribles guerres civiles qui ensanglantèrent alors la France, les commandes d’armes étaient si nombreuses qu’à Paris les armuriers n’y pouvaient suffire. Le roi dut laisser chacun libre de s’improviser fabricant d’armes, ce qu’on exprimait en disant que le métier était devenu libre, parce que, lisait-on dans l’ordonnance royale, les ouvriers de Paris «ne pourraient pas suffire à la centième partie des armures qu’il convient».

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Armoiries de la corporation des armuriers

Cette profession était aussi parmi les métiers une des plus considérées. Ceux qui en exerçaient une des branches, et nous allons voir qu’elles étaient nombreuses, revendiquaient entre autres privilèges celui de ne pas fournir de soldats au guet de Paris: ainsi, les arctiers, ou fabricants d’arcs, étaient affranchis de cet ennui, parce que, lit-on dans leurs statuts, leur métier «est pour servir chevaliers et écuyers et sergents et est pour garnir châteaux».
Cette fréquentation de la noblesse détermina dans les statuts de ces corporations des articles qui sont particuliers à ces métiers. Ainsi, l’on voit, prescrit aux fourbisseurs, c’est-à-dire à ceux qui fabriquaient les épées, de tenir proprement habillés leurs ouvriers, «pour nobles gens, comtes, barons, chevaliers, et autres bonnes gens qui aucunes fois descendent en leurs ouvroirs» (ateliers).

Pour la fabrication des armes de guerre, il y eut au Moyen Age à peu près autant de métiers qu’il y avait de pièces dans l’habillement militaire. Lorsque le costume de guerre était, du XIe au Xlle siècle, le haubert, sorte de tissu de mailles de fer qui recouvrait le chevalier des pieds à la tête, il y avait une catégorie spéciale d’ouvriers pour fabriquer cet équipement; c’étaient les haubergiers. Les plus habiles étaient groupés dans une petite ville du département de l’Oise, Chambly, qui pour ce motif a été longtemps appelée Chambly-le-Haubergier.

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La fabrication des armes, d’après un manuscrit de la Bibliothèque de Berlin

Les heaumiers fabriquaient le heaume ou casque; les écassiers, préparaient le bouclier en forme d’écusson ou écu; les brigandiniers faisaient une cuirasse légère, la brigandine, ainsi appelée parce qu’elle était portée par les fantassins, qu’on appelait alors brigands, sans que ce mot eût encore le sens défavorable qu’il a pris depuis.
On distinguait encore les trumelliers qui forgaient les trumelières ou grèves; c’était le nom qu’on donnait à la partie de l’armure qui couvrait les jambes.

Tous ces métiers finirent par se fondre, vers le XVe siècle, en une seule corporation qui prit le nom d’armuriers. A Paris, ils étaient presque tous groupés dans une rue qui s’appelait la rue de la Heaumerie, ainsi nommée d’une maison où pendait pour enseigne un heaume. Cette rue, qui se trouvait non loin de l’Hôtel de Ville, n’a disparu qu’en 1853. Au XVIe siècle, ces armuriers étaient devenus prodigieusement habiles; ils faisaient des armures si bien combinées, où il y avait si peu d’endroits par où pût se glisser la pointe d’une flèche ou la lame d’une épée, que, si l’on en croit l’historien Tavannes, dans un engagement où deux cents chevaliers étaient aux prises, au bout de deux heures, il n’y en avait encore que quatre d’entre eux restés sur le carreau. Comment s’étonner de cette quasi invulnérabilité quand on voit François Ier, au matin de la bataille de Pavie, revêtir une armure ou, comme on disait en ce temps, un harnais si merveilleusement fait qu’on n’eût su y introduire une aiguille ou une épingle.

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Un armurier au XVIe siècle

Mais ce furent les derniers beaux jours des armuriers, car l’emploi des armes à feu fit bientôt disparaître les armures. Du vieux costume militaire du Moyen Age, il ne subsista que la cuirasse, et, au milieu du XVIIIe siècle, la corporation des armuriers s’éteignait. Aujourd’hui on donne ce nom aux commerçants qui vendent et réparent les fusils de chasse, les carabines de jardin et les revolvers.
Tout ce qui précède ne concerne que les armes défensives. La fabrication des armes blanches était le monopole des fourbisseurs. En 1627, le roi de France leur reconnaissait encore le privilège de «fourbir, garnir et monter épées, dagues, braquemarts, miséricordes, lances, piques, hallebardes, pertuisanes, javelines, vouges, épieux, haches, masses».

Cette énumération contenait d’ailleurs le nom d’un grand nombre d’armes dont on ne se servait plus à cette date. On ne voit plus en effet figurer dans l’armement des soldats de la guerre de Trente Ans ni le braquemart, qui était une épée courte et large, ni la miséricorde, sorte de poignard, ni la javeline, ni la vouge, sorte de hallebarde au fer très allongé, ni l’épieu, dont on ne se servait guère qu’à la chasse, ni la hache, ni la masse. Les manches de toutes ces armes étaient taillés par les menuisiers, et les fourreaux des épées et des poignards étaient préparés par les fourreliers, qui n’employaient que le cuir bouilli.

Enfin restent les armes de trait. Parmi les fabricants de ces armes, on eut d’abord les arctiers, qui faisaient les arcs; il y en avait de plusieurs sortes: les arcs français, faits de bois d’érable, de viorne, ou d’if; les arcs anglais, plus longs que les nôtres, et les arcs turquois, constitués par deux cornes soudées l’une à l’autre et dont les pointes étaient réunies par un ressort d’acier. Toutes ces armes lançaient à une centaine de mètres au plus des flèches de 50 centimètres de long, empennées de plumes de poule, et munies d’une forte pointe métallique. Puis vinrent les arbalétriers, qui fabriquaient une arme déjà plus redoutable, car elle envoyait à la distance de deux cents pas des gros traits dits bougeons ou bougons, préparés par les bougeniers ou bougonniers. Au XIVe siècle, les meilleures de ces armes étaient, au dire de l’historienne de Charles V, Christine de Pisan, fabriquées à Gênes.

Mais, au XVIe siècle, arc et arbalète disparurent devant les armes à feu, devant l’arquebuse, qui fut, à la fin du XVIe siècle, remplacée par le mousquet et au XVIIe par le fusil. Les arquebusiers s’érigèrent en corporation en 1575 et, à partir de ce moment, ils eurent le monopole de la fabrication des armes à feu. Ces arquebusiers furent souvent de véritables artistes, et ils firent pour nos souverains des armes qui sont à la fois des armes excellentes et des chefs-d’oeuvre de ciselure et de damasquinure. Une occasion de se distinguer dans leur art était fournie à ces industriels par la coutume où était la ville de Paris d’offrir au Dauphin ses premières armes. En 1785, le jeune Dauphin reçut en présent un fusil et deux pistolets garnis en or qui avaient été fabriqués par l’arquebusier du roi, Lepage, dont la boutique était installée rue Richelieu.

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Polissage des armes, à la fin du XVIe siècle

Aujourd’hui, où le port des armes de guerre est prohibé, les armes à feu et les armes blanches destinées à l’armée sont fabriquées dans des manufactures qui appartiennent à l’État et sont dirigées par ses officiers d’artillerie. Dès le courant du XVIIIe siècle, l’État avait commencé à surveiller la fabrication des armes de guerre.
Ce fut la ville de Saint-Etienne qu’on choisit pour y concentrer cette industrie, parce que, depuis le XVe siècle, on y trouvait des artisans qui s’étaient fait connaître par leur habileté dans cet art. Louvois, au XVIIe siècle, y avait en outre développé la fabrication des mousquets. En 1784 fut organisée dans cette ville la première manufacture d’armes; elle est restée la plus importante; dans ses immenses ateliers, des machines-outils y fabriquent chaque jour, en grand nombre, de préférence des fusils. L’État a deux autres grandes manufactures: l’une, installée à Châtelleraut en 1869, fait les sabres et les épées, les fusils avec le sabre-baïonnette et les cuirasses, l’autre est celle de Tulle; dans cette ville, il y eut dès 1696 une usine à canons de fusil dont les produits étaient vendus aux colonies par l’intermédiaire des armateurs de Bordeaux. Cette usine fut érigée en manufacture royale en 1778, avant de fabriquer les fusils avec leurs baïonnettes.

De bonne heure l’État prit l’habitude de conserver dans des établissements spéciaux le matériel de guerre. On appelle ces dépôts arsenaux; on y fait aussi les réparations. Les premiers de ces arsenaux en France remontent à François Ier; celui de Paris était le plus important; les bâtiments qu’il occupait sont aujourd’hui devenus une des grandes bibliothèques de la capitale. Il y a actuellement dix arsenaux en France pour l’armée de terre; ils sont installés à Douai, à Fère, Auxonne, Grenoble, Toulouse, Rennes, Bourges, Toulon, Vincennes et Versailles.

Article copié sur "La France pittoresque"

 

La Bibliothèque bleue: collection légendaire de récits chevaleresques
D’après «Légendes pour les enfants», édition de 1861

Du XVIIe au XIXe siècle, la population des campagnes put découvrir les récits légendaires de la vieille France grâce à l’initiative de Jean Oudot qui, dès les premières années du XVIe siècle, collecta les contes chevaleresques qui allaient former la célèbre Bibliothèque bleue, ainsi appelée en référence à la couleur des couvertures

La Bibliothèque bleue, qui n’est guère connue aujourd’hui que par le souvenir, a joué un fort grand rôle dans l’histoire des lectures populaires et des amusements de l’enfance. Pendant plus de deux siècles, le XVIIe et le XVIIIe, elle a été une encyclopédie toute spéciale des romans, légendes, fabliaux, chansons et satires de notre pays. La couverture bleue qui était la simple parure des divers ouvrages dont elle était d’abord composée, invariablement reproduite, avait fini par donner un nom de couleur à ces ouvrages et à la Bibliothèque elle-même, et ce n’était là qu’un nouvel attrait pour l’imagination des lecteurs naïfs.
Il y a en effet, et cela se sent surtout lorsqu’on est jeune, un langage particulier dans certains mots qui affectent un air de mystère. Qu’est-ce qu’un conte bleu? Comment une histoire peut-elle être bleue? Voilà ce que l’enfant demande et ce qui l’étonne. Il s’attache à la recherche de ce problème singulier; il regarde le récit qui lui est fait comme un récit d’un ordre surnaturel, et un plaisir étrange assaisonne sa lecture.

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Le colporteur. Peinture du XVIIe siècle Crédit photo: Musée du Louvre

Paul Boiteau, qui rassembla au milieu du XIXe siècle au sein d’un ouvrage quelques légendes parmi les plus connues, confie alors se souvenir des jouissances extraordinaires qui, en son tout jeune âge, le surprenaient devant ces livres d’une littérature si originale et de toutes manières si bien faite pour émouvoir l’âme et plaire à l’esprit des enfants ou des villageois. «Le titre seul, la vue seule d’un conte bleu me ravissait au milieu de je ne sais quel monde qui n’était pas celui des fées, que je distinguais bien, qui était plus humain, plus vrai, un peu moins bruyant, un peu plus triste, et que j’aimais davantage», écrit-il.
Les contes de fées amusent, mais ils ne charment pas; les contes bleus, qui donnent moins de gaieté, remuent le cœur. On entre peu à peu, avec ces récits, dans le domaine de l’histoire. Ce sont des mensonges; mais ces mensonges ont, en quelque, sorte, des racines dans la vérité. Il y a des époques peintes, des caractères tracés, et tout un pittoresque naturel dans ces légendes qui n’ont fait défaut à aucun peuple. La vie de nos pères nous apparaît au travers de ces peintures; nous nous la rappelons sans l’avoir connue, et, tout jeunes, nous apprenons à aimer religieusement les hommes d’autrefois.
La Bibliothèque bleue a obtenu un succès incomparable. C’est Jean Oudot, libraire de Troyes, qui dès les premières années du XVIe siècle, sous Henri IV, eut l’idée de recueillir et de publier successivement, à l’usage des campagnes, les légendes chevaleresques de la vieille France.

Le moment était merveilleusement choisi. La vie ancienne de la France avait cessé et le travail de transformation commençait qui allait, au XVIIe siècle, réduire et limiter tout à fait, dans les mœurs et dans la langue, la part des vieilles mœurs et du vieux langage. Le Moyen Age était enseveli; le monde nouveau naissait. C’était l’heure propice pour les contes qui parlaient des héros de l’âge anéanti.
La Bibliothèque bleue parut; elle était composée de volumes qui, presque tous, étaient des in-quarto, d’un format semblable à celui du Messager de Bâle, ou du Messager de Strasbourg, imprimés sur le même gros papier et revêtus de la même couverture bleu foncé.

En 1665, le fils de Jean Oudot, Nicolas, ayant épousé la fille d’un libraire de Paris, vint s’établir rue de la Harpe, à l’image de Notre-Dame, et, devenu libraire parisien, agrandit le cercle de ses entreprises et de ses affaires. De cette époque datent la plupart des publications qui ont fait la fortune de la Bibliothèque.
Lorsque Nicolas fut mort, la veuve Oudot continua son commerce avec habileté. Elle eut divers successeurs qui, comme elle et comme les fondateurs de la Bibliothèque bleue, vécurent des profits de la popularité qui s’était attachée à ces ouvrages. L’un des principaux de ces successeurs est le libraire Garnier, de Troyes. C’est à Troyes surtout qu’on a continué l’impression des volumes détachés de la Bibliothèque bleue dont, au XIX siècle encore, les campagnes consommaient des milliers d’exemplaires.

En 1770, un très médiocre écrivain nommé Castillon, songea à publier, en un même corps d’ouvrage, ces contes rajeunis par lui; il s’avisa malheureusement d’y ajouter des situations nouvelles et des épisodes nouveaux. En 1843 Le Roux de Lincy, sous le titre de Nouvelle Bibliothèque bleue ou Légendes populaires de la France, a publié, en un volume, Robert le diable, Richard sans Peur, Jean de Paris, Jean de Calais, Geneviève de Brabant, Jehanne d’Arc et Griselidis. «Bien loin d’imiter Castillon, disait Le Roux de Lincy, je me suis appliqué à reproduire les textes de l’ancienne Bibliothèque bleue. Il faut respecter cette version admise par le peuple; elle est sacramentelle et nous a conservé la mémoire de nos plus anciennes traditions. En effet, quand on lit le catalogue de Nicolas Oudot, on y retrouve avec plaisir tous ces récits dans lesquels se sont perpétuées les légendes, ou sacrées ou profanes, qui ont été célèbres en Europe pendant le Moyen Age. On doit considérer la Bibliothèque bleue comme étant la dernière forme de cette littérature romanesque si nécessaire à bien connaître quand on veut comprendre la vie privée de nos aïeux.»

La Bibliothèque bleue, entre autres ouvrages, renfermait: l’Histoire des quatre fils Aymon; Huon de Bordeaux (en deux parties qui se vendent séparément, dit le catalogue); l’Histoire de Mélusine ancienne; l’Histoire de Valentin et Orson; Les conquêtes du roy Charlemagne; Fortunatus; le Roman de la belle Hélène; l’Histoire de Pierre de Provence et de la belle Magdelone;
Le fameux Gargantua.
Si Peau d’Ane m’était conté,
J’y prendrais un plaisir extrême
a dit le plus habile des conteurs, La Fontaine. Avec l’expression d’un vif regret, Voltaire écrivait quant à lui:

O l’heureux temps que celui de ces fables,
Des bons démons, des esprits familiers,
Des farfadets, aux mortels secourables!
On écoutait tous ces faits admirables
Dans son château, près d’un large foyer.
Le père et l’oncle, et la mère et la fille,
Et les voisins, et toute la famille,
Ouvraient l’oreille à monsieur l’aumônier,
Qui leur faisait descentes de sorcier.
On a banni les démons et les fées;
Sous la raison les grâces étouffées
Livrent nos cœurs à l’insipidité;
Le raisonner tristement s’accrédite,
On court, hélas! après la vérité:
Ah! croyez-moi, l’erreur a son mérite.

Nous pourrions recueillir ainsi, en faveur des contes, de fort nombreux et fort éloquents témoignages. L’auteur de Don Quichotte, Cervantes, l’ennemi le plus redoutable qui ait croisé la plume contre l’épée de la chevalerie, fait dire à un cabaretier:
«Est-ce qu’il y a une meilleure lecture au monde? J’ai lu deux ou trois de ces livres, et je puis bien assurer qu’ils m’ont donné la vie; et non seulement à moi, mais encore à beaucoup d’autres. Car, dans la saison des blés, il vient ici quantité de moissonneurs, les jours de fête, et comme il s’en trouve toujours quelqu’un qui sait lire, nous nous mettons vingt ou trente autour de lui; et nous nous amusons si bien, qu’il ne peut finir de lire, ni nous de l’entendre. Il ne faut point que je mente: quand j’entends parler de ces terribles coups que donnent les chevaliers errants, je meurs d’envie d’aller chercher les aventures, et je ne m’ennuierais pas d’entendre lire les jours et les nuits.»

Ce cabaretier-là ne dit rien qui ne soit l’exacte vérité, nous explique encore Paul Boiteau. «Et je citerais tel vigneron des vignes de la Franche-Comté qui n’a qu’un livre pour toute bibliothèque, les Aventures des quatre fils Aymon. Ce livre est même le seul volume du village. Au printemps, l’herbe pousse, le soleil luit dans l’herbe, les fleurs sourient au soleil; cela va bien, on est aux champs; l’été, la vigne fleurit et porte fruit; en automne, c’est la vendange et la pressée. Mais l’hiver, dans les longues veillées, là où il n’y a ni chanvreurs, habiles à dire des histoires, comme dans le Berry, ni colporteurs de passage, le vigneron prend son livre dans la huche; il le lit tout entier; lu, il le recommence, et il le relit tous les hivers. Le village entier assiste à ses lectures. Je vous assure que dans vingt ans, si le volume n’est pas trop déchiré, on le lira encore, sans ennui, avec une joie toujours aussi vive.»

Article copié sur "La France pittoresque"

 

8 décembre 1863: 2500 fidèles périssent dans l'incendie d'une église de Santiago du Chili. Les prêtres ont le temps de s'enfuir par une porte dérobée, abandonnant leurs ouailles aux flammes. Ainsi soit-il.

Le 8 décembre 1863, est le jour de clôture du festival de l'Immaculée Conception organisé par le père don Juan Ugarte à Santiago du Chili. Toutes les femmes de la ville se rendent à la messe de clôture qui se tient dans l'église de la Compagnie de Jésus. Bientôt, elles sont environ 3000 fidèles en extase qui attendent avec impatience les discours du père Ugarte et du nonce apostolique. Il y a tellement de monde qu'il a fallu fermer les portes de l'église pour éviter de mortelles bousculades à l'intérieur. La nef est illuminée par 20 000 bougies et lampes à huile de paraffine. L'édifice brille de mille feux.

Une grande flamme jaillit… Ugarte veut impressionner le nonce Eisaguirre. "Quand il viendra prêcher, je lui offrirai une illumination encore jamais vue dans le monde!" Des draperies de gaze et de mousseline décorent les murs et le plafond, jouxtant des milliers de rubans et de fleurs en papier. En comparaison, le dancing Le 5-7 était un exemple d'établissement ignifugé... La plupart des femmes sont à genoux. Sous la statue de la Vierge ornant l'autel principal, des assistants ont allumé un candélabre en forme de demi-lune rempli de paraffine liquide. Juste avant 19 heures, une grande flamme jaillit, qu'un préposé tente aussitôt d'étouffer avec son poncho, mais l'huile imbibe le tissu qui s'enflamme à son tour. En un instant, la flamme saute sur une guirlande de fleurs artificielles avant de se propager jusqu'au toit. L'immense coupole décorée s'embrase, les centaines de lampes accrochées au plafond par des ficelles s'abattent et explosent sur les milliers de femmes agenouillées. 

"Mourez heureuses"… Dès les premiers signes de la catastrophe, Ugarte, suivi par tous les autres prêtres, s'enfuit par une petite porte menant à la sacristie. Ils prennent soin de la fermer derrière eux afin de mettre à l'abri les précieux objets du culte entreposés là. À aucun moment, ils ne se préoccupent des fidèles en train de griller. Des centaines auraient pu survivre en s'échappant par le même chemin. Avant de disparaître, Ugarte prend quand même le temps de réconforter quelques femmes qui s'accrochent à lui: "Mourez heureuses, car vous irez directement jusqu'à Marie." Il ajoute: "Le Chili avait besoin d'un supplément de saints et de martyrs." À l'entendre, elles font œuvre pieuse en grillant.

Rapidement, le feu dévore le millier de femmes engoncées dans d'encombrants vêtements qui ralentissent leur fuite. Une immense clameur s'échappe de 3000 gosiers affolés. La foule se rue sur les portes latérales pour échapper au brasier, mais la plupart sont fermées ou bloquées par la masse humaine pesant sur les battants s'ouvrant vers l'intérieur. Saint Pierre est submergé sous le nombre de nouveaux arrivants...

Monstrueuse mêlée… Ceux qui se précipitent vers l'entrée principale se heurtent aux fidèles de l'extérieur cherchant toujours à rentrer dans l'église, n'ayant pas vu l'incendie. C'est une monstrueuse mêlée. Les corps s'agrippent, s'entremêlent, se piétinent, s'étouffent. À l'intérieur de l'édifice, le diable est à son affaire. Les mères entourent leurs enfants pour faire un bouclier de leur corps. Les chairs brûlent, se carbonisent. Les gorges se remplissent de fumée. Les yeux sont exorbités, les bras se tendent vers le ciel en espérant un miracle. C'est l'enfer, en pire. Une jeune fille nommée Solar, se sentant condamnée, a la présence d'esprit d'attacher son mouchoir solidement autour d'un genou. Sage précaution, car le lendemain, son nom brodé sur le tissu permettra de l'identifier malgré son visage totalement carbonisé.

L'église flambe, à la grande consternation des milliers de fidèles restés dehors. Ils tombent à genoux pour prier. Comment combattre les flammes alors que la ville ne compte qu'une poignée de pompiers? Quelques Américains de passage dans la capitale pénètrent dans le bâtiment au péril de leur vie. Ils essaient d'arracher des femmes, des enfants à la masse humaine. Mais dès qu'ils s'approchent, des dizaines de bras s'accrochent à eux, rendant tout sauvetage quasi impossible. Bientôt, l'armée arrive sur place, mais au lieu de se battre contre le feu, elle constitue un cordon autour de l'église pour empêcher les sauveteurs improvisés de se jeter dans le foyer. Un Américain est même blessé à la baïonnette. Vers 22 heures, le clocher en bois s'abat sur la nef, tuant les ultimes survivants.

2500 morts… Les rues avoisinantes sont remplies de morts et de mourants. Des centaines de personnes courent dans tous les sens, tentant de retrouver parmi les corps qui une épouse, qui une fille. D'autres sont à genoux pour prier Dieu. Tous les médecins de la ville ont rappliqué. Environ 2500 femmes, enfants, quelques hommes - et pas un seul prêtre - sont morts dans des conditions atroces. Il faut une dizaine de jours pour emporter tous les corps calcinés. La plupart sont jetés dans des fosses communes, faute de pouvoir les identifier. Les murs calcinés de l'église sont abattus pour laisser la place à un jardin et à une statue commémorative. Le prêtre Ugarte ne sera jamais inquiété.

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L'église de la Compagnie de Jésus.
© Le Point - Publié le 08/12/2012 à 00:00 - Modifié le 08/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du huit décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/08/28610721.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, le Charlie de service a bien raison de remercier le Tout Puissant, car si la contraception n'existait pas, combien de descendants ce fort niqueur existeraient...

 

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Ben pour la zique de ce début de semaine, on va s’écouter John Lee Hooker en concert à Montréal… D’autres rythmes, une musique plaisante… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=NwZn0_6MabE

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Rachel à sa mère:
- Berl a demandé ma main
- Il te plaît?
- Il a des idées bizarres: il ne croit pas à l'enfer!
- Qu'il t'épouse et il y croira!

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- Espèce de garnement, dit un père, furieux, en flanquant une correction à son grand fils d'une dizaine d'années, qu'est-ce qui a bien pu te donner l'idée saugrenue de montrer ton zizi à ton institutrice?
- Hi, hi... sanglote le gamin, à chaque fois qu'elle s'asseyait à son bureau, elle me montrait le sien. J'ai pensé que ça lui ferait plaisir que je lui rende la politesse.

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Il y a des fois, on ne sait plus si un homme fait tant d'effort pour réussir professionnellement dans l'espoir de plaire à sa femme... ou pour pouvoir enfoncer sa belle-mère.
Quand je suis entré au lycée, tout ce que je voulais, c'était une nana avec des gros seins. Pendant les années de lycée, je suis sorti avec une fille aux gros seins, mais notre liaison manquait de passion.
Alors j'ai décidé qu'il me fallait trouver une fille passionnée. Une fois à l'université, je me suis trouvé une fille passionnée, mais elle était trop émotive:
tout était toujours urgent ou catastrophique. Elle pleurait pour un rien...
Alors j'ai décidé qu'il me fallait une fille qui était un peu plus stable. Et j'ai trouvé une fille plus stable.
Mais elle était ennuyeuse.
Rien ne l'enthousiasmait jamais.
Alors j'ai pensé que je devais me trouver une fille plus excitante. J'ai trouvé cette fille excitante, mais je n'ai jamais pu rester en phase avec elle:
elle passait toujours d'une chose à une autre à la vitesse de l'éclair.
On n'avait jamais le temps de rien.
Elle n'avait aucun but, aucune stabilité.
C'est là que je me suis dit:
il te faut une fille qui a de l'ambition. Après la fac, j'ai trouvé cette fille et je me suis marié avec elle. Elle était ambitieuse, elle a demandé le divorce et elle m'a pris tout ce que je possédais...
Maintenant, tout ce que je recherche, c'est une fille avec des gros seins.

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- La nuit dernière, raconte un patient à un psychanalyste, j'ai fait un curieux rêve où vous jouiez le rôle de ma maman.
Je voudrais savoir...
- Ce qu'un tel rêve signifie?
- Non. Si, pour la Fête des Mères, vous préférez que je vous offre un mixeur multifonctions ou un beau soutien-gorge?

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C'est 3 gars attablés dans un café autour de 2 pastis et 1 perroquet (d'après les couleurs dans les verres).
Un des trois gars dit à celui à sa gauche qui est tout triste:
- Ça n'a pas l'air d'aller fort, toi?
- M'en parle pas... c'est ma grosse... si je la pioche pas 10 fois par jour même le dimanche, elle fait la gueule... c'est une vraie essoreuse... j'en peux plus, j'en peux plus
- Dis-toi bien que tu as du bol, parce qu'avec la mienne, c'est une fois tous les 2 mois, et encore en la prévenant 15 jours à l'avance"
À ce moment-là ils se retournent vers le troisième gars:
- Toi, vu ta tronche d'ahuri (la gars porte sur sa figure un sourire béat), y a pas l'air d'avoir de problèmes sexuels dans ton ménage, c'est quoi votre rythme?
- Une fois par an répond le 3ème gars au sourire benêt
- Hein?! Ça n'a pas l'air de te déprimer pourtant! Et là le gars répond:
- Justement non, c'est ce soir...

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L'inspecteur des impôts dit au contribuable qui se tord de douleur en gémissant, devant lui:
- Je regrette, M. Leblanc, mais il m'est impossible de vous accorder le moindre dégrèvement.
En revanche, vos qualités de comédien m'incitent à vous offrir de participer à la petite troupe théâtrale que je dirige à mes moments perdus

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C'est lundi... on est tellement bien au plumard que le bourreau qu'est le réveille-matin prend un malin plaisir dans sa fonction de sonneur pour vous mettre en bas du lit... Les yeux hagards, mal réveillé, le café vite bu, la routine hebdomadaire recommence avec le parcours du combattant pour se rendre au travail... Le temps s'y prête bien car avec une telle météo on est mieux au boulot qu'à rester à ne rien faire à la maison... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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07 décembre 2014

Éphéméride du sept décembre

 

«À la Saint-Ambroise, les nuages se croisent et se recroisent.»

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«Quand saint Ambroise voit neiger, de dix-huit jours de froid sommes en danger.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; c'est dimanche et c'est le jour du repos... Les enfants sages ont reçu bonbons et biscômes de saint Nicolas, et les autres aussi... Noël approche et c'est déjà la chasse aux sapins, tout le monde veut le plus beau, le plus haut, sapin qui sera garni ces prochains jours; certains ont le même sapin depuis plusieurs années, en pot qu'ils vont chercher d'année en année dans la pépinière...

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu que pour la Suisse romande avec 1° et un ciel nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: temps le plus souvent très nuageux accompagné d'un faible risque de quelques gouttes ou quelques bruines. Dans les Alpes et en Valais au-dessus de 2200 mètres, temps assez ensoleillé en journée, puis voiles nuageux en augmentation en soirée depuis le nord-ouest. Température en plaine: minima 3° à 5°, maxima 5° à 7°. Température à 2000 m: -5°. Dans les Alpes, vent du nord faible à modéré. Sur le Jura et le Plateau, bise encore modérée en matinée, faiblissante l'après-midi...

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, assez perturbée... Avec pour ce jour: en matinée, le ciel se couvre près de la Manche, avec l'arrivée d'une perturbation pluvieuse. En Corse, des pluies localement orageuses persistent. Temps calme du sud-ouest au nord-est et si les brouillards sont absents les gelées sont au rendez-vous. Vents violents en Méditerranée. Dans l’après-midi, les pluies de la perturbation s'installent de la Bretagne aux Ardennes. Dans le sud-est, seule la Corse reste concernée par un temps instable avec des averses orageuses. Plus ou moins nuageux sur les autres régions. En soirée, le front pluvieux s'étend de l'Atlantique au nord avec du vent et de la neige de la Bourgogne à l'Alsace à très basse altitude. Temps sec mais fortement venté en Méditerranée. Dans la nuit, la perturbation s'enfonce dans le sud-ouest et le centre-est avec de la neige à basse altitude. Retour des averses parfois fortes en Manche. Vents forts mais en atténuation en Méditerranée… 

 

Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé, voilé et variable avec des températures de l'ordre de 27°; à l'île de la Réunion ce sera ensoleillé et nuageux avec des températures de l'ordre de 30°; à la Martinique ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 32°; ensoleillé, variable et pluvieux avec des températures de l'ordre de 33° en Guadeloupe; ensoleillé et variable en Guyane française avec des températures de l'ordre de 33°; Polynésie française peu nuageux à nuageux, larges éclaircies; peu nuageux à nuageux, larges éclaircies aux Marquises avec des températures de 29°; faibles pluies et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 5°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:54 et le coucher du Soleil se fera à 16:50 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu les...: Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1979: la température maximale grimpait jusqu'à 11,1° à Saint-Hubert
En 1969: la température minimale sous abri descendait jusqu'à -5° à Saint-Hubert

 

 

Les journées mondiales et internationales

Le sept décembre c’est la Journée Internationale de l'aviation civile
http://www.journee-mondiale.com/181/journee-internationale-de-l-aviation-civile.htm

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La France pittoresque

Origine des arbres fruitiers cultivés en France
Récit de 1853 inspiré du «Cours élémentaire théorique et pratique d’arboriculture» de M. du Breuil

ARBRES FRUITIERS A FRUITS PROPRES AUX BOISSONS FERMENTÉES
Les espèces principales qui appartiennent à ce groupe sont, en France, la vigne, le pommier et le poirier.
Vigne. Cet arbre paraît originaire de l’Asie comme la plupart de nos végétaux alimentaires les plus utiles. Dès la plus haute antiquité, on le trouvait à l’état sauvage en Sicile et en Italie; mais ce furent les Phéniciens qui en introduisirent la culture, d’abord dans les îles de l’Archipel, dans la Grèce, puis en Sicile et en Italie. Nous voyons dans la Bible que la Palestine renfermait d’excellents vignobles, entre autres ceux de Sorec, de Sébama, de Jazer, d’Abel et de Chelbon. A l’époque de la guerre de Troie, les Grecs tiraient déjà un profit considérable de leurs vins, et particulièrement de ceux de Maronée, de Cos, de Candie, de Lesbos, de Smyrne et de Chio. En se rapprochant des contrées moins brûlantes, les produits de la vigne se sont progressivement améliorés. Le climat tempéré la France est assurément le plus favorable à la production des bons vins: aussi cette culture y a-t-elle pris un développement tel qu’elle occupe aujourd’hui une surface de 2 000 000 d’hectares, produit près de 40 000 000 d’hectolitres de vin, et occupe le second rang dans l’échelle des richesses territoriales de notre pays.

Il est probable que la vigne était assez anciennement cultivée chez les Gaulois, puisque Domitien en fit arracher tous les pieds, dans la crainte, dit-on, que la passion du vin n’attirât les Barbares. Probus et Julien réparèrent cet acte sauvage en faisant replanter la vigne dans les Gaules.
Quant au raisin de table, lorsqu’on le cultive en plein air dans le centre, et à plus forte raison dans le nord de la France, il n’acquiert souvent qu’une maturité imparfaite et une qualité médiocre, faute d’une chaleur suffisante et assez prolongée pendant l’été. Pour remédier aux circonstances défavorables résultant du climat, on cultive la vigne en treille, et on lui applique une série d’opérations qui ont pour résultat de rapprocher le terme de sa végétation annuelle.

C’est à Thomery, village situé à 8 kilomètres de Fontainebleau, que furent établies les premières treilles, il y a environ cent vingt ans, par un cultivateur appelé Charmeux. Les habitants du pays trouvèrent tant d’avantage à cette culture qu’ils l’étendirent peu à peu jusqu’au point où nous la voyons aujourd’hui. Elle occupe maintenant plus de 120 hectares, et produit, en moyenne, un millier de kilogrammes de raisin. Ce sont les excellents produits de ces treilles que l’on vend à Paris sous le nom de chasselas de Fontainebleau. Du reste, il existe, au château même de Fontainebleau, une treille de près de 1400 mètres de longueur, qui fut créée il y a environ un siècle, et restaurée en 1804, sous la direction de M. Lelieur.

Le pommier commun et le poirier commun ont une importance presque aussi grande que celle de la vigne; un grand nombre de nos départements trouvent dans leurs abondantes récoltes des produits alimentaires bien précieux, tant pour la table que pour les boissons (cidre, poiré) que l’on en extrait. Ils donnent un bois très recherché, soit pour le chauffage, soit pour la gravure en relief, la menuiserie et l’ébénisterie. On peut affirmer, d’après les divers auteurs qui se sont occupés de ces recherches, que ces deux arbres ont été trouvés à l’état sauvage, tant dans les parties tempérées de l’Asie que dans celles de l’Afrique et de l’Europe.

Quant à la préparation d’une boisson fermentée avec lesdits pommier et du poirier, elle parait remonter à la plus haute antiquité dans l’Asie mineure et en Afrique. Les Hébreux l’appelaient sichar, nom que la Vulgate a traduit par celui de sicera, qui a une certaine ressemblance avec celui de cidre. Il paraît que les Grecs et les Romains ont aussi fait du vin de pomme. Dès 587 on voit, d’après Fortunat de Poitiers, le jus fermenté de la pomme et de la poire apparaître sur la table d’une reine de France, sainte Radégonde. Il est probable que l’on en fabriquait depuis longtemps en Gaule. Suivant le savant Huet, évêque d’Avranches, les Normands ont appris cet art des Basques, avec lesquels la grande pêche côtière les mettait en relation. Ce qui est certain, c’est que, dans les provinces du nord de l’Espagne, la culture des arbres à cidre est encore très développée aujourd’hui. Les Capitulaires de Charlemagne mettent au nombre des métiers ordinaires celui de cicerator, ou faiseur de cidre.
La culture des fruits à cidre a presque entièrement atteint, en France, le développement dont elle était susceptible. Arrêtée vers le sud par la culture de la vigne, et vers le nord par la rigueur de la température, elle s’est établie sur une zone du centre de la France et celui de l’extrême nord, où l’orge et le houblon fournissent aux habitants les éléments d’une autre boisson fermentée, la bière.

D’après M. Odolant-Desnos, 36 départements s’occupent de la fabrication du cidre et du poiré. Ils en produisent plus de 8 millions et demi d’hectolitres, qui ont une valeur réelle de plus de 64 millions de francs.
La culture du poirier comme arbre à fruits de table paraît être presque aussi ancienne que celle du poirier à cidre, On sait, en effet, que les Romains cultivaient trente-six variétés de poires dont plusieurs font encore partie de nos collections, mais sous d’autres noms. Une partie notable des noms que portent les diverses variétés de poires sont ceux des localités d’où elles proviennent, ou des individus qui les ont fait connaître. Ainsi la poire de Saint-Germain aurait été trouvée dans la forêt de ce nom; la virgouleuse vient du village de Virgoulée, près de Limoges; le bon-chrétien nous a été donné par François de Paule:

L’humble François de Paule était, par excellence
Chez nous nommé le bon chrétien;
Et le fruit dont le saint fit part à notre France
De ce nom emprunta le sien.

Quant au pommier, il est souvent question de son fruit dans l’histoire sacrée et dans l’histoire profane. Les hommes les plus célèbres de l’ancienne Rome ne dédaignèrent pas sa culture, et, parmi les vingt variétés que l’on y cultivait, les noms de manliennes, de claudiennes, d’appiennes, indiquaient les personnages qui les avaient fait connaître. La pomme d’api a, sans doute, perpétué jusque chez nous le nom d’un de ces patriciens.

LES FRUITS A PÉPINS
(poiriers, cognassiers, pommiers, orangers, citronniers, grenadiers)
Le cognassier est encore un des arbres fruitiers dont la culture est la plus ancienne. Son nom, chez les anciens (Cydonia) est tiré de celui de la ville de Cydonie, en Crète, près de laquelle il croissait spontanément. Les Grecs avaient dédié son fruit à Vénus, et en décoraient les temples de Chypre et de Paphos. Pline et Virgile font l’éloge de cet arbre, dont les Romains paraissent avoir possédé des variétés moins âpres que celles que nous connaissons. Aujourd’hui on cultive le cognassier surtout pour en obtenir de jeunes sujets destinés à recevoir la greffe d’autres espèces, et notamment du poirier. Toutefois on le cultive encore comme arbre fruitier dans quelques localités du centre et du midi de la France. Dans ces contrées, les fruits sont confits, ou bien on en forme diverses sortes de conserves connues sous les noms de cotignac ou codognac, de pâte de coing, de gelée de coing, etc., et qui sont aussi saines qu’agréables. Les pépins de coing sont également employés à divers usages, à cause du mucilage abondant qui recouvre leur surface.
La célébrité des orangers comme arbres fruitiers remonte aux siècles héroïques et fabuleux. Si l’on se reporte aux temps historiques, on voit, d’après M. de Sacy, que l’oranger à fruit amer, ou bigaradier, a été apporté de l’Inde postérieurement à l’an 300 de l’hégire; qu’il se répandit d’abord en Syrie, en Palestine, puis en Egypte. Suivant Ebn-el-Awam, cet arbre était cultivé à Séville vers la fin du douzième siècle. Nicolaüs Specialis assure que, dans l’année 1150, il embellissait les jardins de la Sicile. Enfin on sait qu’en 1336 le bigaradier était un objet de commerce dans la ville de Nice.

L’oranger à fruit doux croît spontanément dans les provinces méridienales de la Chine, à Amboine, aux îles Marianes et dans toutes celles de l’océan Pacifique. On attribue généralement son introduction en Europe aux Portugais. Gallesio affirme, toutefois, que cet arbre a été introduit de l’Arabie dans la Grèce et dans les îles de l’Archipel, d’où il a été transporté dans toute l’Italie.
D’après Théophraste, le citronnier ou cédratier existait en Perse et dans la Médie dès la plus haute antiquité, il est passé de là dans les jardins de Babylone, dans ceux de la Palestine; puis en Grèce, en Sardaigne, en Corse, et sur tout le littoral de la Méditerranée. Il formait, dès la fin du deuxième siècle de l’ère vulgaire, un objet d’agrément et d’utilité dans l’Europe méridionale. Son introduction dans les Gaules paraît devoir être attribuée aux Phocéens, lors de la fondation de Marseille.
Le limonier croît spontanément dans la partie de l’Inde située au-delà du Gange, d’où il a été successivement répandu par les Arabes dans toutes les contrées qu’ils soumirent à leur domination. Les croisés le trouvèrent en Syrie et en Palestine vers la fin du onzième siècle, et le rapportèrent en Sicile et en Italie.

Les diverses espèces d’orangers sont des arbres qui, dans le midi de l’Europe, peuvent atteindre une hauteur de huit à neuf mètres. Naguère encore ils étaient l’objet d’une culture assez importante, soit pour leurs feuilles employées sous forme d’infusion, soit pour leurs fleurs dont on fait l’eau de fleurs d’oranger, soit enfin pour leurs fruits qui sont servis sur nos tables, et dont on extrait aussi des huiles essentielles et de l’acide citrique.
Mais depuis peu de temps une maladie spéciale, dont la cause est complètement ignorée, a envahi les orangers de la plaine d’Hyères, et en a fait succomber plus des trois quarts. La plupart de ceux qui survivent sont atteints de la maladie et périront avant un an ou deux. Dans toute cette plaine, qui a une étendue d’environ 68 hectares, et qui, régulièrement plantée à 4 mètres en tous sens, comprend 42 800 pieds d’orangers de tout âge, on en compterait à peine un dixième tout à fait sains. L’opinion générale des agriculteurs est que ce faible reste aura le sort des autres. Depuis deux ans, ces arbres leur servent de bois de chauffage.

La culture de l’oranger disparaîtra bientôt de la plaine d’Hyères, si le mal continue ses ravages le remède à lui opposer ne saurait être immédiat. Il est impossible de replanter maintenant; quelques propriétaires l’ont tenté, et déjà leurs jeunes arbres périssent attaqués de la maladie. Il est nécessaire qu’un certain laps de temps s’écoule avant que l’on songe à mettre de nouveaux orangers à la place des anciens. M.-V. Rendu, inspecteur général de l’agriculture, auquel nous empruntons ces détails, a décrit avec soin les deux maladies distinctes dont les orangers d’Hyères lui paraissent atteints. Il pense que les germes pestilentiels de ces maladies doivent être détournés au moyen d’un changement radical de culture. «Transformer en prairies arrosables les jardins d’oranger, ou les convertir en jardins fruitier ou maraîchers, dont les produits s’élèveraient à plus de 600 000 francs par an à Hyères, serait, dit-il, une bonne opération.»

Originaire de l’ancienne Carthage, d’où il fut importé en Italie par les Romains, lors des guerres puniques, le grenadier s’est répandu dans tout le midi de l’Europe, où il est aujourd’hui cultivé comme arbre d’ornement, pour faire des haies d’une grande solidité, on comme arbre fruitier, à cause de la saveur douce, légèrement acidule, de la pulpe qui entoure chacune des semences.
Le grenadier supporte difficilement les hivers du nord de la France. Il peut fleurir et fructifier dans le centre, s’il est placé en espalier, aux expositions les plus chaudes; mais ses fruits ne mûrissent complètement que dans le midi.

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Pas de Roland dans le pays basque: ancien repaire du dragon de la Nive?
D’après «Le Journal de la jeunesse», paru en 1883

Après avoir passé Itxassou, village typique du pays basque, le défilé rocheux où coule la Nive est aride, serti seulement, à de certaines époques, par les petites bruyères vertes à clochettes rouges. Au milieu de la gorge le chemin passe à travers un rocher qui la barre comme une porte de pierre, le Pas de Roland: si la légende qui l’entoure est célèbre - le paladin l’aurait ouverte d’un coup de pied pour continuer sa route -, on connaît moins le dragon qui aurait élu domicile au creux de la rivière...

Si vous avez vécu quelques mois d’hiver sur la falaise de Biarritz, au-dessus des flots changeants de la baie de Biscaye, ou passé quelques semaines seulement, à la saison des bains de mer, sur le sable fin de ses plages, vous avez certainement fait ou tout au moins projeté de faire une promenade en voiture dans la vallée de la Nive, à Cambo et au Pas de Roland.

Vous aviez exploré déjà cette merveilleuse côte du pays basque, que longe de si près le chemin de fer de France en Espagne; visité Saint-Jean-de-Luz, son palais de l’Infante et sa baie circulaire, où la vague déferle d’un choc intermittent; salué en passant Ciboure et ses maisons peintes; lu l’inscription fameuse sur le cadran de l’horloge de l’église d’Urrugne: Vulnerant omnes, Ultima necat (Toutes blessent, la dernière tue); poussé jusqu’à la Bidassoa, jusqu’à Hendaye et Fontarabie plantée comme un décor de féerie sur la rive espagnole, comme une apparition fantastique au seuil du pays des rêves; sur la côte landaise vous aviez admiré la barre de l’Adour, le flot de mer dressant ses lames heurtées à la rencontre du courant du fleuve, et cette mêlée éperdue des vagues emplissant la bouche fluviale d’écume blanche, de sourdes rumeurs et de hoquets sonores.

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Le Pas de Roland

Vous vous étiez retourné du côté de la montagne, et, décidé à changer pour un jour les horizons illimités de l’Océan, votre plage de sable et votre falaise d’argile pour les versants adoucis et les horizons prochains des collines, vos tamaris et vos platanes pour les chênes et les châtaigniers sauvages, le miroitement éblouissant de la baie pour le courant limpide, de la rivière et la verdure apaisante de la vallée, vous vous étiez donné ce but de voir le Pas de Roland.
A peine au sortir de Rayonne, par la roule d’Espelette et de Pampelune, on découvre les mamelons et les collines qui animent tout le pays jusqu’aux montagnes de la frontière et, dans le fond, la Rhune française et les Trois-Couronnes espagnoles, fières citadelles de l’horizon. La route remonte la rive gauche de la Nive, en coupant d’abord à travers taillis sur les versants boisés de chênes, puis descend au bord de la rivière, sur le joli bourg d’Ustaritz, ancienne capitale du vicomté de Labourd.

On atteint bientôt le séminaire de Larressore, et le village du haut Cambo qui groupe ses maisons sur une terrasse escarpée à une quarantaine de mètres au-dessus de la Nive et d’une plaine coupée de prairies et de cultures, étendue au ras de la rive droite. Au lieu de descendre à l’établissement thermal, caché sous de beaux ombrages, qui sert de station hivernale à une colonie anglaise chaque année plus importante, captivée par le calme, le charme intime et champêtre des bains de Cambo, on prend, au sortir du village, le chemin d’Itxassou, «le Montmorency de Bayonne», au dire d’un Parisien qui aime les similitudes et sans doute aussi les cerises.
Quelques minutes après avoir dépassé les cerisiers d’Itxassou, au pied du cône régulier du Mondarrain (750 mètres) couronné de ruines, on entre dans le défilé rocheux où coule la Nive. De belles châtaigneraies en ombragent les abords; mais bientôt toute végétation arborescente disparaît; le roc aride et triste se montre à nu. Au milieu de la gorge le chemin passe à travers un rocher qui la barre comme une porte de pierre: cette porte s’appelle le Pas de Roland.

Tout auprès, les eaux vertes de la rivière roulent bruyamment sur un lit de roches noirâtres. Comme l’imagination des anciens Hellènes avait personnifié les brouillards d’hiver que dissipent les rayons printaniers dans le Python delphien auquel Phébus Apollon décoche des flèches brûlantes, de même le peuple de Soule et de Navarre a personnifié en un dragon la vive rivière pyrénéenne dans une légende que l’on raconte encore au pays basque. Que cette légende s’applique, suivant les variantes, à la Nive ou bien au gave de Mauléon, la voici telle qu’elle a été transcrite par Bordachar, de Sauguis, dans le canton de Tardets:

«Sur le versant d’Açaléguy est creusée une caverne où les bergers de Soule abritent leurs troupeaux pendant les orages. Les touristes la connaissent bien. Dans les temps anciens, un dragon monstrueux en avait fait son repaire, et de là répandait ses ravages sur les environs. Il faut savoir que toute la montagne, du sommet à la base, est tapissée d’un gazon toujours vert, où les vaches, les juments et les brebis trouvent une nourriture abondante.
«Le dragon épiait les imprudents animaux. Tout autant qu’il en arrivait à sa portée, il les attirait par sa seule aspiration et les engloutissait d’une bouchée. Quand il avait besoin de boire, il descendait au ruisseau d’Aphoua qui coule au tond de la vallée, à quatre jets de pierre, et sa taille était telle que, pendant que la tête était à l’eau, le corps et la queue restaient enroulés au fond de la caverne. Les habitants du voisinage venaient souvent l’épier du haut de la montagne opposée et restaient stupéfaits de sa grosseur et de sa voracité.
«Les dégâts qu’il renouvelait tons les jours parmi les troupeaux devenaient intolérables, et les hommes les plus résolus et les plus téméraires du voisinage se consultèrent sur les moyens d’en débarrasser la contrée. Mais comment approcher d’un monstre qui, à deux cents pas de distance, attire et engloutit bêtes et gens?

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Le Pas de Roland et la Nive au XVIIIe siècle

«Or en ce moment le chevalier de Caro venait de terminer son temps de service à la guerre et était rentré dans ses foyers. Les paysans se rendirent chez lui et le prièrent de les aider de ses conseils. Le chevalier le leur promit de grand cœur: Vous êtes de braves gens, leur dit-il, mais vos jambes agiles et vos makhilas (bâton basque) sont de faibles armes contre le dragon. Depuis peu on a inventé une certaine poudre qui prend feu tout à coup et qui tue à grande distance. C’est l’arme qu’il faut ici.
«Le chevalier de Caro ne fut pas long à prendre ses dispositions. Il bourra de poudre une outre de veau, y adapta une mèche d’une certaine longueur, mit l’engin sur son cheval, derrière lui, comme une valise, et le posta devant l’entrée de la caverne. Il avait appris que le dragon, bien repu, dormait à cette heure et restait inoffensif.
«Il mit donc le feu à la mèche, sauta sur son cheval et, le lançant à toute vitesse, remonta le versant opposé. Alors, d’un coup de mousqueton, il réveilla le monstre. Le dragon, réveillé, mit la tête à l’entrée de la caverne et, apercevant l’outre, l’aspira et l’engloutit. Une minute après, une formidable détonation retentit et le dragon, s’élançant hors de sa caverne, déploya ses ailes et s’éleva dans les airs en vomissant du feu.
«Sa longue queue, battant furieusement le sol, renversait les hêtres. Il dirigea son vol du côté de Bayonne et se jeta dans la mer pour y éteindre le feu qui le dévorait; mais il y creva. Le chevalier de Caro, à la vue du dragon gigantesque, fut pris d’un tel saisissement, qu’il se mit au lit en rentrant chez lui et mourut. Mais il avait délivré les Basques du maudit dragon.»

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L’absinthe: entre boisson «Ordinaire» et poison vert
D’après «Le Nouvelliste des Vosges illustré», paru en 1904

L’absinthe, la funeste absinthe contre laquelle se liguent tous les antialcoolistes de l’univers n’était à l’origine que le plus innocent des remèdes, peut-on lire en 1904 sous la plume d’un chroniqueur du Nouvelliste des Vosges illustré
C’est un médecin français qui en fut l’inventeur. Il se nommait Ordinaire, et s’était réfugié à Louvet, en Suisse, à la fin du XVIIIe siècle. A l’exemple de la plupart des médecins de campagne, il était quelque peu pharmacien. Un de ses remèdes de prédilection était un élixir préparé avec un certain nombre de plantes aromatiques parmi lesquelles dominait l’absinthe.

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Calendrier promotionnel 1894 pour l’absinthe Terminus

Le praticien gardait avec un soin jaloux le secret de cette préparation à l’aide de laquelle il prétendait guérir à peu près tous les maux. A sa mort, il légua sa recette à sa gouvernante, une demoiselle Grandpierre. Celle-ci la vendit aux filles de M. le lieutenant Henriod. Cultivant elles-mêmes dans leur jardin les herbages nécessaires, elles les distillaient au foyer paternel.
Le produit de cette petite industrie se limitait à quelques dizaines de fioles, assez péniblement vendues par les colporteurs. Ce fut au commencement du XIXe siècle que, pour le malheur de l’humanité, écrit notre chroniqueur, un distillateur acheta la recette. Il s’associa avec un de ses parents pour donner une grande extension à la préparation de l’élixir.

Au début, l’association n’avait d’autres ressources, pour l’alimentation de ses alambics, que les plantations de ses propres jardins. Mais peu à peu, les demandes devenant plus fortes, la culture des herbages fut étendue et ne tarda pas à devenir une source d’importants revenus pour les communes environnantes.
La dernière moitié du XIXe siècle a été marquée par une prodigieuse extension de la consommation de l’absinthe. Mais le produit actuel n’a plus guère que le nom de commun avec la recette jadis préconisée par le médecin Ordinaire. Ni la formule, ni les procédés de fabrication ne sont restés les mêmes.

L’alcool amylique qui en constitue la base suffit à lui seul pour modifier les propriétés de la liqueur; puis la ration d’absinthe servie aux consommateurs est à peu près dix fois plus forte que la dose médicale recommandée par l’inventeur à ses patients du XVIIle siècle.

En dépit de toutes les objurgations et de tous les efforts, le poison vert continue à se répandre sur le monde. Il cause aujourd’hui plus de ruines, plus de folies et plus de trépas que l’humble remède dont il est sorti n’eût jamais pu faire de guérisons, conclut le journaliste du Nouvelliste des Vosges.

Note: en France, l’absinthe fut interdite du 16 mars 1915 au 18 mai 2011.

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7 décembre – 43: Cicéron est assassiné sur ordre de Marc Antoine et sa tête exposée au forum de Rome. L'auteur latin, qui avait pris le parti d'Octave, avait eu le tort de fustiger Marc-Antoine dans plusieurs discours.

Cicéron, c'est l'intello égaré au milieu des caïds de la politique. Il croit que le verbe peut moraliser ce monde de brutes. Il le paie cash! Lorsque Marc Antoine et Octave enterrent la hache de guerre. Le premier, qu'il a loyalement soutenu, le livre au second qui réclame sa tête. Même à l'UMP, on n'a pas ces manières. Marc Antoine fait égorger Cicéron le 7 décembre 43 av. J.-C. et expose sa tête et ses deux mains au forum de Rome, à titre d'avertissement à tous ceux qui voudraient, à leur tour, prendre la plume contre lui.

Cicéron? Voyons, le nom dit quelque chose... Un philosophe-politicien romain qui naît dans une famille plébéienne. Il étudie le droit pour devenir avocat, ce qui ne l'empêche pas d'étudier tous les philosophes grecs. À 17 ans, comme tous les jeunes Romains, il accomplit son service militaire. Il se bat dans les Abruzzes contre les ennemis de Rome et devient pote avec Pompée. Huit ans plus tard, il retourne à la vie civile en tant qu'avocat. Se prenant pour Jacques Vergès, le spécialiste des causes tordues, il n'hésite pas à défendre un esclave affranchi du dictateur Sylla. Le présomptueux. Le voilà obligé de se mettre au vert loin de Rome pour se faire oublier. En fait, il choisit de partir étudier la philo en Grèce, très loin de cet anar ronchon de Michel Onfray...

Dialectique imparable… Lorsqu'il revient à Rome, il se fait avocat d'affaires pour se faire du pognon et se lance simultanément dans la politique. Aussi bon tribun que Mélenchon et doué d'une plume qu'il trempe dans le vitriol, il devient questeur, puis sénateur. C'est alors qu'un héroïque procès contre le gouverneur de Sicile, trafiquant notoire, lui apporte la gloire. Il devient un espoir de la République. Une sorte de Bayrou, incarnant une troisième voie, celles des boni viri (hommes de bien). Mais il comprend vite que cela ne mène à rien, alors il se rapproche des conservateurs. Le voilà élu consul. Son heure de gloire, il la connaît à 43 ans en faisant échouer le coup d'État de Catilina. Il démolit sa réputation en dénonçant ses turpitudes dans quatre discours connus sous le nom de Catilinaires. Sa dialectique est imparable. "Jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience?"

Depuis qu'il a dégommé Catilina, Cicéron se prend pour un caïd de la politique. C'est le Fillon du Capitole. Mais il ne fait pas le poids face aux véritables tueurs, les César et Crassus. Bientôt, l'empire romain est plongé dans un maelström politique débouchant sur une guerre civile. Cicéron joue à "je t'aime, moi non plus" avec César, le soutenant un jour, le trahissant le lendemain. Quand celui-ci meurt assassiné par un groupe de sénateurs, il mise sur Octave, le fils adoptif de César, contre le consul Marc Antoine. Déjà à cette époque, le pouvoir rend fou. Usant de la force de son verbe, Cicéron noircit Marc Antoine dans plusieurs discours retentissants. Mais, cette fois-ci, cela ne suffit pas à l'abattre. Au contraire, Marc Antoine et Octave passent un pacte de non-agression, choisissant de partager le pouvoir avec Lépide.

"Portant la main gauche à son menton..."… Mais l'ex-consul Marc Antoine n'a toujours pas digéré les attaques de Cicéron contre lui et son épouse Fulvia. En guise de cadeau de réconciliation, il demande sa tête à Octave, qui la lui accorde. Aussitôt, il envoie une paire d'assassins au domicile de Cicéron. Normalement, un Romain digne de ce nom doit affronter la mort avec panache, sans chercher à fuir. Mais Cicéron n'est qu'un homme. Il saute dans sa litière pour tenter d'atteindre la côte et embarquer dans un navire qui le mettrait à l'abri de ses assassins. Trop tard! Il n'a pas encore quitté le jardin de sa villa que les deux brutes sont là. Plutarque raconte la scène: "Ils étaient à peine sortis que les meurtriers arrivèrent: c'était un centurion nommé Herennius et Popilius, tribun des soldats, celui que Cicéron avait autrefois défendu dans une accusation de parricide..." Ils interrogent la maisonnée sur l'endroit où se trouve leur maître. Personne ne moufte. Seul "un jeune homme, nommé Philologus, que Cicéron avait lui-même instruit dans les lettres et les sciences et qui était affranchi de son frère Quintus, dit au tribun qu'on portait la litière vers la mer, par des allées couvertes".

Les deux assassins rattrapent la litière, la font déposer à terre. Cicéron, comprenant que c'est la fin, tente de faire bonne figure: "Portant la main gauche à son menton, geste qui lui était ordinaire, il regarda les meurtriers d'un œil fixe. Ses cheveux hérissés et poudreux, son visage pâle et défait par une suite de ses chagrins firent peine à la plupart des soldats mêmes, qui se couvrirent le visage pendant qu'Herennius l'égorgeait: il avait mis la tête hors de la litière et présenté la gorge au meurtrier; il était âgé de soixante-quatre ans." Avant de mourir, Cicéron déclare à son meurtrier: "Il n'y a rien de propre dans ce que tu accomplis, soldat, mais essaie au moins de me tuer proprement." Alors, Herrenius lui enfonce l'épée dans la poitrine avant de lui couper la tête, et les mains, avec lesquelles il avait écrit les Philippiques, ces quatorze discours écrits par Cicéron contre Marc Antoine.

La tête et les deux mains sont clouées sur la tribune du forum romain. Fulvia, l'épouse de Marc Antoine, elle aussi égratignée par les attaques de Cicéron, se venge en piquant avec son épingle à cheveux la langue du malheureux, qu'elle lui sort de la bouche. Ainsi périt Cicéron qui a cru pouvoir diriger Rome avec des discours.

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© Le Point - Publié le 07/12/2012 à 00:00 - Modifié le 07/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du sept décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/07/28603523.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo  

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, pour le Charlie de service cette coiffure lui sied bien car c'est un drôle d'indien, comme Louis Nicollin, président du club de foot de Montpellier ...

 

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Ben pour la zique de ce dimanche, on va s’écouter du Chuck Berry en concert… Des souvenirs d’airs et de mélodies d’un autre temps hélas… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=C4c8nw9e2cE

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Le grand père a enfin acheté une tablette informatique et se débrouille avec les mails.
Alors il reçoit un mail de Tim, son petit-fils de 12 ans:

Bonjour Pépé, tu vas bien? C'est Top qu’on puisse échanger par mail maintenant!
Je n’aurai plus besoin de venir chez toi pour avoir de tes nouvelles!
Pour mon argent de poche, tu sais, tu peux me virer à mon compte «jeune» BE77 1002791 38. Facile non?
Tim qui t’aime »

Pépé répond
Cher Tim, Tout va bien. Je ne sais pas utiliser le homebank, mais j’ai acheté le vieux scanner de Michel.
Alors je scannerai un billet de 50 € que je t’enverrai.
signé: "le Pépé virtuel"

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Marius fait la sieste.
Olive l'appelle et lui demande:
Marius, peux-tu regarder si ma braguette est ouverte?
Marius ne répond pas.
Olive crie alors:
Tant pis, je pisse!

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Dans une épicerie, un play-boy examine soigneusement les bouteilles de vin:
- Parfait, s'écrie-t-il, ce petit bordeaux à 19,60 F.
est exactement ce qu'il me faut:
Enveloppez-le moi en laissant l'étiquette avec le prix bien en évidence.
Je veux le servir à une de mes nouvelles conquêtes.
Je vais lui faire croire que j'ai fait une folie en achetant pour elle un grand vin millésimé de 1960.

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Un vieux paysan conseille au propriétaire d'une résidence secondaire, affligé d'une grippe épouvantable:
- Tenez, avant de vous coucher, ce soir, buvez donc un bon verre de cette gnôle de ma fabrication.
- Vous croyez que cela guérira mon rhume?
- En tout cas, je peux vous assurer d'une chose: après cela vos microbes seront joyeux.

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Un monsieur très riche a appelé son notaire sur son lit de mort car au dernier moment, il veut changer ses dernières volontés...
- Je veux laisser tout ce que je possède, actions, titres de propriétés, immeubles et tableaux de maîtres, je veux tout laisser à ma femme, mais avec une condition...
- Et quelle est-elle? demande le notaire
- Si elle veut tout hériter de moi, ma femme doit se remarier dans les six mois qui suivent ma mort!
Le notaire est assez désabusé par la condition demandée par son client, et il demande:
- C'est assez inhabituel comme condition. Vous avez une explication pour cela?
- Oh oui! C'est parce que de cette façon, je suis sûr qu'au moins une personne regrettera ma mort.
Alors le notaire commence à rédiger le nouvel acte...
Et puis le mourant l'interrompt pour lui faire une recommandation de plus:
- Dans mes dernières volontés, ajoutez que je veux être incinéré et qu'ensuite mes cendres soient dispersées dans la mer.
Le notaire à qui on ne la fait pas demande tout de suite pourquoi, et le vieux répond:
- C'est juste pour le cas où ma femme voudrait faire ce qu'elle a toujours dit qu'elle ferait à ma mort... danser sur ma tombe.

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3 bonnes sœurs meurent dans un accident et arrivent au paradis.
Dieu leur accorde une dernière faveur.
La 1ère dit "je veux un mec avec une grosse bite" dieu repond ok j'en connais un.
La 2eme dit j'en veux un avec une bite très longue et un gros gland.
Dieu répond ok j'en connais un.
La 3eme dit, j'en veux un avec une petite bite et des petites couilles.
Dieu répond ok j'en connais un mais là il faut attendre, il est en train de lire une blague...

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C'est dimanche... dès le réveil assez tardif, après une bonne grasse matinée, avec un temps pareil que voulez-vous faire d'autre que de flâner au plumard? on se lève, on petit-déjeune copieusement pour faire le repas principal vers les 14 heures... Pourtant, en cette saison il y a des férus de course à pied qui courent un peu partout et il y a des localités qui organisent quelques manifestations ou encore des marchée de Noël ou de saison de fête pour ne pas choquer certains culs-pincés de libres penseurs fouteurs de merde... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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06 décembre 2014

Éphéméride du six décembre

 

«À la Saint-Nicolas, on rigola, on batifola et on picola.»

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«Le jour de Saint-Nicolas, de décembre est le moins froid. Mais si Nicolas plume les oies (neige), l'hiver est bien là.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; c'est samedi et c'est le début du week-end et pour beaucoup ce jour synonyme de courses, ménage, lessive, bureaucratie, avec en prime la recherche et la chasse aux cadeaux des fêtes de fin d'année qui sont pour certains en rupture de stock... Les enfants sages de certaines régions sont contents car ce soir saint Nicolas passera leur rendre visite... 

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu que pour la Suisse romande avec 2° et un ciel nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: stratus très épais, montant jusque vers 2000-2200m. Au-dessus temps partiellement ensoleillé avec des passages nuageux. Ce stratus épais pourra donner quelques faible précipitations (précipitations de type bruine), avec une limite des chutes de neige passant de 800 à 600 m. En Valais, le stratus devrait à nouveau envahir la vallée du Rhône et là aussi précipiter de temps à autre. En Valais central, le stratus pourrait toutefois se retirer partiellement en donnant quelques éclaircies. Température en plaine: minimum 2°, maximum 4° à 6°. Température à 2000 m autour de -6°. En montagne, au-dessus de 2500m vent faible du sud tournant au nord-est en cours de journée. En-dessous de 2500m vent du nord-est sensible, parfois modéré. Bise sensible sur le Plateau, plus marquée en direction du bassin lémanique.

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, perturbée... Avec pour ce jour: en matinée, la perturbation se dirige vers l'est. Il s'agit de pluies entre Côte d'Azur et Corse alors qu'en Auvergne, Rhône-Alpes, Franche-Comté, est de la Bourgogne, Lorraine et Alsace, les chutes de neige remplacent la pluie mais en faible quantité. Temps plus calme mais parfois nuageux à l'ouest. Dans l’après-midi, les précipitations deviennent plus rares dans l'est, n'affectant que l'extrême est avec de la neige à très basse altitude. Entre Côte d'Azur et Corse, des pluies perdurent. Mistral et tramontane se renforcent. Temps calme avec enfin le retour d'un soleil généreux dans l'ouest. En soirée, avec le maintien de la dépression à proximité de la Corse, les conditions restent fortement instables dans l'extrême sud-est. Quelques rares précipitations neigeuses peuvent encore se produire en Rhône-Alpes. Premières averses près de la Manche à l'avant d'une perturbation. Dans la nuit, l'instabilité perdure dans l'extrême sud-est et en Corse. Conditions calmes partout ailleurs sauf en Manche où les nuages reviennent et finissent par donner des gouttes sur les côtes…  

Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé et variable avec des températures de l'ordre de 28°; à l'île de la Réunion ce sera variable et pluvieux avec des températures de l'ordre de 29°; à la Martinique ensoleillé, voilé et nuageux avec des températures de l'ordre de 32°; ensoleillé, nuageux et pluvieux avec des températures de l'ordre de 31° en Guadeloupe; ensoleillé, nuageux et pluvieux en Guyane française avec des températures de l'ordre de 33°; Polynésie française ciel couvert, pluies généralisées faibles à modérées; peu nuageux à nuageux, larges éclaircies aux Marquises avec des températures de 29°; nuageux avec éclaircies et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 1°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:53 et le coucher du Soleil se fera à 16:50 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu les...: Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1933: au matin, il faisait froid, les températures affichaient -11.2 degrés à Bastogne 
En 1953: la venue de st Nicolas s'accompagnait de douceur, le mercure se hissant encore jusqu'à 14.4 degrés à la Baraque Michel

 

Les fêtes nationales du Jour

Finlande

Fête de l'Indépendance en Finlande
Le six décembre est la Fête de l'Indépendance en Finlande qui commémore son indépendance acquise contre la Russie le 6 décembre 1917. 

 

Fête de la Saint-Nicolas

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Évêque de Myre (Asie Mineure) au IVe siècle, Nicolas aurait ressuscité des enfants mis au saloir par un méchant boucher-aubergiste. Ce saint est encore aujourd'hui très populaire en Russie, en Pologne, dans les pays germaniques ainsi qu'en Lorraine, en Alsace, en Belgique et aux Pays-Bas. Patron des enfants, il est connu dans ces pays sous les noms de Saint Nicolas, Sankt Niklaus, Saint Niclaus ou encore Sinter Klaas.
En Belgique francophone (Wallonie), en Flandre et dans le Nord de la France, il est aussi le patron des passeurs d'eau et des bateliers. Le jour de sa fête, Saint Nicolas rencontre les enfants et distribue des bonbons aux plus sages... Les garçons reçoivent des cartes de Saint Nicolas (tout comme les filles ont pu recevoir des cartes de Sainte Catherine quelques jours plus tôt). En Pologne, les enfants déposent la veille leurs chaussures à la porte de leur chambre. À leur lever, ils trouvent de petits cadeaux, surtout des bonbons et du chocolat. Ils reçoivent aussi un petit diable en fourrure de lapin, attaché à une fine branche dorée, symbole de punition. En Lorraine, dont il est le patron, ainsi qu'en Alsace, Saint Nicolas a coutume de parcourir les rues le jour de sa fête avec le père Fouettard. Le premier récompense les enfants sages, l'autre menace d'emporter dans sa hotte les enfants désobéissants. À Fribourg, en Suisse romande, la Saint Nicolas donne lieu à un grand défilé. Ces traditions ont pris aux États-Unis la forme du Père Noël (Santa Claus pour les Américains).

 

 

La France pittoresque

Les Trois petits enfants (Lorraine)
D’après un récit du XIXe siècle

 Les historiens déplorent le peu de renseignements vraisemblables concernant Saint-Nicolas. Mais ils s’accordent tous sur les quelques faits suivants: Saint-Nicolas est né vers 270 à Patare, en Lycie (Turquie actuelle). Plus tard, il fut évêque de Myre. On fixe sa mort au 6 décembre 343. Pendant sa vie, un certain nombre de miracles lui sont attribués. Ces miracles ont donné naissance à plusieurs légendes. Voici l’une d’elles:

Un jour, un paysan demanda à ses enfants d’aller dans les champs pour glaner les épis de blé laissés par les moissonneurs. Les heures passèrent et la nuit les surprit. Ils comprirent très vite qu’ils s’étaient perdus, mais ils continuèrent à marcher... Soudain, l’un d’entre eux aperçut une lueur dans le lointain. Ils se dirigèrent dans cette direction et arrivèrent devant une maison isolée dans la campagne. Ils frappèrent à la porte et un homme de forte corpulence leur ouvrit.

- Pourriez-vous nous loger? demandèrent les enfants. 
- Entrez, entrez, petits enfants, répondit l’homme, je suis boucher et je vais vous donner à souper." A peine étaient-ils entrés que le boucher les tua, les découpa en petits morceaux et les mit dans son saloir.

Sept ans plus tard, Saint Nicolas passa devant cette maison et demanda à souper.

- Voulez-vous un morceau de jambon?, dit le boucher.
- Je n’en veux pas, il n’est pas bon! 
- Peut-être une tranche de veau? 
- Tu te moques de moi, il n’est pas beau! Du petit salé, je veux avoir, qui est depuis sept ans dans ton saloir!" Entendant cela, le boucher s’enfuit en courant.

Le grand saint, alla s’asseoir sur le bord du saloir, il leva trois doigts et les enfants se levèrent tous les trois.

De cette légende est née la chanson suivante:

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Tant sont allés, tant sont venus
Que le soir se sont perdus
Ils sont allés chez le boucher
Boucher, voudrais-tu nous loger?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Ils n’étaient pas sitôt entrés
Que le boucher les a tués
Les a coupés en p’tits morceaux
Mis au saloir comme pourceaux

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Saint Nicolas au bout d’sept ans
Vint à passer dedans ce champ
Alla frapper chez le boucher
Boucher, voudrais-tu me loger?

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Entrez, entrez Saint Nicolas
Il y a de la place, il n’en manque pas
Il n’était pas sitôt entré
Qu’il a demandé à souper

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Du p’tit salé, je veux avoir
Qu’il y a sept ans qu’est dans le saloir
Quand le boucher entendit ça
Hors de la porte il s’enfuya

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Boucher, boucher, ne t’enfuis pas
repens-toi, Dieu te pardonnera
Saint Nicolas alla s’assoir
Dessus le bord de ce saloir

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Petits enfants qui dormez là
Je suis le grand Saint Nicolas
Et le Saint étendant trois doigts
Les petits se lèvent tous les trois

Ils étaient trois petits enfants
Qui s’en allaient glaner aux champs
Le premier dit "j’ai bien dormi"
Le second dit "Et moi aussi"
Et le troisième répondit
"Je me croyais au Paradis"

 

Article copié sur "La France pittoresque"

 

 Tranche d'histoire 

Une révolte d’infirmières à Pontoise au XVIIe siècle
D’après «Lectures pour tous», paru en 1923

S’imagine-t-on que les grèves générales soient chose nouvelle et pratique moderne? Voici une grève d’infirmières qui date du Grand Siècle: c’est bien une des moins tragiques, ou mieux, des plus inattendues dont on se souvienne. En 1923, Louis Battifol, administrateur de la bibliothèque de l’Arsenal et historien du XVIIe siècle, conte avec toute sa verve et évoque avec toute sa merveilleuse science du passé, l’histoire de cette mutinerie qui révolutionna un hôpital.

Au début du XVIIe siècle, l’hôpital de Pontoise n’était, le long des murs de la ville, qu’un amas minable de vieilles bâtisses du Moyen Age, lépreuses. Un grand toit recouvrait, à la fois, une chapelle et la grande salle voûtée des malades pouvant contenir une quarantaine de lits. Autour, se voyaient des bâtiments accessoires: réfectoire, cuisine, bûchers, celliers, et, le long de l’Oise, le logis de la direction. Lorsque la rivière débordait, les eaux venaient «caver» les murs, faire dégringoler des toises de maçonnerie, et, quand quelque siège survenait, accident fréquent depuis la Ligue, les coups de canons et de bombardes achevaient d’ébranler les murailles et de les délabrer: dangereuse situation!

L’hospitalière demeure datait de cinq siècles, du temps de Louis IX. Le saint roi y avait mis le personnel spécial des Hôtel-Dieu du temps: trois ecclésiastiques, deux convers, treize religieuses. Puis, avec les âges, l’institution était devenue plus laïque, plus féminine, et, si l’on peut dire, plus «démocratique». Une dame conduisait la maison. Elle avait sous ses ordres deux douzaines d’infirmières, femmes du monde qui entraient là pour toute leur vie, gardaient leurs noms, suivaient une filière quasi monastique: noviciat, prise d’habit, profession, - la directrice s’appelait même prieure -, après quoi, elles devenaient tout à fait modernes, car elles étaient relativement libres, se réunissaient en assemblées et votaient sur les principales affaires de la maison, notamment l’admission des nouvelles infirmières, au moyen de pois et de fèves. Nul homme dans l’affaire, que des confesseurs venant du dehors et célébrant les offices. L’établissement dépendait de l’archevêque de Rouen, dans le diocèse duquel Pontoise se trouvait autrefois.

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L’hôtel-Dieu de Pontoise près du pont fortifié. © Musées de Pontoise

Or, le 29 janvier 1647, la supérieure, Mme Dampont, étant venue à mourir, se trouva lui succéder une jeune femme de vingt-sept ans, Mme de Guénégaud, non par le libre choix des infirmières, suivant l’usage, mais parce que la défunte, vieille et infirme, l’avait choisie pour coadjutrice, avec future succession, appuyée d’une bonne autorisation du roi et d’un bref de Rome. Fâcheux début! Sept ou huit infirmières, qui convoitaient sans doute la place, protestèrent avec véhémence, et l’une d’elles, Mme Duval, outrée, poussa la colère jusqu’à dérober l’acte du roi, appelé «provisions», qui installait la nouvelle prieure, et le jeter, par dépit, dit un document, «dans un lieu si sale et si infect, qu’on n’ose presque pas le nommer». Ce fut un esclandre! La coupable découverte dut demander pardon à genoux. L’affaire en resta là.

Mme de Guénégaud était une personne distinguée, autoritaire et fastueuse. L’Hôtel-Dieu dont elle prenait la direction se trouvait dans le dénuement. Les bâtiments s’en allaient donc en ruines: les voûtes de l’église crevées, des gouttières partout - il pleuvait sur les lits des malades - et le logis de la direction était misérable. Par surcroît, l’argent manquait. L’hôpital vivait péniblement avec 10 000 livres de rentes, ce qui était peu, et devait 7000 à 8000 livres. Les droits que saint Louis et ses successeurs lui avaient donnés s’étaient évaporés sous l’effort de ceux qu’ils gênaient: ainsi, péages sur les marchandises passant ou repassant les portes de la ville ou sous le pont de Pontoise, droits à prélever sur les denrées se vendant aux foires et aux marchés du bourg: les gens de Pontoise avaient doucement mis la main sur tout, et accaparé les biens et revenus de l’hôpital.

Mme de Guénégaud entra en bataille, réforma tout vigoureusement. A force de procès, elle fit rendre gorge aux gens, et récupéra une partie de ce qui avait été dérobé. Sa famille était riche; elle la fit marcher. Son père, le président Guénégaud, donna 12 000 écus; des tantes, 1200 livres de linge. La supérieure abandonna sa dot, 10 000 livres, et une pension qu’on lui faisait de 450 livres. Elle fit entrer dans la maison deux de ses nièces, qui apportèrent 44 000 livres et 1000 livres de pension. Elle obligea un frère à payer les orgues. Bref, la famille y fut pour 40 000 écus, 120 000 livres: c’était une fortune.

Alors, elle construisit, et en grand. Elle abattit les vieux murs de saint Louis, édifia de beaux pavillons à la moderne. Elle soigna son logis, fit des salles de réception magnifiques, des galeries superbes, lambrissées, avec des moulures, des cadres, des enfoncements, des statues. Son appartement, le long de la rivière, occupait, à lui seul, autant de place que le reste de l’hôpital. Les infirmières, resserrées, n’avaient plus qu’un grenier pour y entasser leur linge, propre ou sale, les couvertures, les robes de chambre des malades, et devaient garder leurs effets sur leurs lits. Elle se meubla somptueusement: tapisseries de haute lisse, fauteuils de point à l’aiguille, draps de Hollande, guéridons, tablettes à porcelaine. Elle voulut avoir aussi sa cuisine particulière, ou, comme dirent rageusement les infirmières, «son pot à part». Elle eut une belle vaisselle d’argent avec ses armes.

Elle reçut. On conta, une année, que la note d’un rôtisseur de Pontoise s’était montée pour elle à 800 livres. Elle s’habilla richement. On la vit porter des déshabillés élégants, des camelots de Hollande doublés d’ouate et garnis de flots de rubans, ou, comme on disait en ce temps, «d’une confusion, de galands». Elle eut des camails de taffetas, des cornettes jaunes, etc. Elle mena joyeuse vie. Elle invitait nombreuse compagnie. Elle organisait des parties de campagne avec des amies, faisant chanter celles qui avaient de belles voix. Une fois, même, elle exhiba une d’elles un soir, au clair de lune, sur une terrasse de la maison qui regardait du côté de la plus importante hôtellerie de Pontoise, à l’amusement des passants qui riaient et au scandale des infirmières qui, couchées dans leurs lits, n’y comprenaient rien.

On imagine ce que purent penser à la longue, devant tout ce train et cette allure, ces infirmières ahuries, et déjà mal impressionnées par l’intrusion irrégulière de leur directrice. Mme de Guénégaud, autoritaire en diable, allait bientôt les provoquer plus directement. Elle trouva que ces dames se tenaient mal. Elle se plaignit tout haut qu’elles recevaient trop de visites, que leurs parents s’installaient abusivement des mois entiers à l’hôpital, remplissant la maison de bruit. Trop de messieurs venaient jouer, folâtrer; du haut de la terrasse, il y avait des dialogues inadmissibles avec les passants: cela était intolérable.
Elle défendit tout. Elle congédia les étrangers. Elle fit revivre les prescriptions les plus étroites des anciennes règles de saint Louis, comme celle qui interdisait de se faire saigner plus de six fois par an, aux grandes fêtes, ou de prendre un lavement sans l’autorisation de la supérieure. Elle s’érigea en souveraine. Elle ne consulta plus personne, pas même, suivant l’usage, les anciennes infirmières, celles qu’on appelait «les discrètes»; ne s’expliqua sur aucune des dépenses qu’elle faisait, d’où le bruit, qui se répandit, qu’elle dilapidait le bien des pauvres.. Elle assembla encore le chapitre, mais déclara qu’au lieu de laisser voter par pois et par fèves, elle écouterait les avis de chacun, dits à son oreille, à voix basse, et ferait ensuite ce qu’elle jugerait à propos, ce qui était proprement supprimer le vote.

Elle prit des mesures terribles. Il y eut une histoire d’une infirmière condamnée à trois ans de prison et qui devint folle. Pour une réponse insolente et un refus d’obéir, Mme Andrieu, une autre infirmière, fut enfermée, à clef, trois jours dans une chambre et condamnée à la diète. Une autre fut fouettée, qui avait menti, après avoir refusé trois ou quatre fois de venir trouver la directrice. Mme de Guénégaud, questionnée à ce sujet, répondit que les constitutions de saint Louis ordonnaient, pour de moindres fautes, la discipline en pleine communauté; que Mme Dampont, en dix-huit ans, avait fait fouetter plus de soixante fois des infirmières et souvent avait tenu le fouet, tandis qu’elle-même n’avait fait donner la discipline que deux fois en dix-huit ans.

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La prieure Mme de Guénégaud

Vingt-quatre femmes soumises à un pareil enfer ne peuvent, immanquablement, à la fin, que se révolter. Elles se révoltèrent! Vingt d’entre elles se coalisèrent. Il n’en resta que quatre du côté de Mme de Guénégaud. La rébellion commença par des froideurs, des résistances, des réponses sèches, agressives. Une fois, une infirmière, Mme Anne Pasquier, osa tenir tête brusquement; il y eut une altercation, des mots violents, puis l’infirmière s’oublia et frappa sa supérieure; c’est elle qui eut trois ans de prison et devint folle. Mme de Guénégaud écrivit à l’archevêque de Rouen, son supérieur, qu’en vérité il soufflait, dans l’hôpital, un étrange esprit de révolte.

L’archevêque, M. Harlay de Champvallon, envoya un ecclésiastique, M. Lalanne, faire une enquête et celui-ci rapporta qu’en effet cela n’allait pas bien, que les infirmières étaient excitées, qu’il avait recueilli des propos d’elles excessifs, où l’on ne parlait de rien moins que d’empoisonner Mme de Guénégaud, de l’assommer à coups de bâton! L’archevêque décida de faire un procès à une des infirmières les plus compromises, Mme Gabrielle d’Amours, mais celle-ci mourut dans l’intervalle; six autres étaient particulièrement signalées. Finalement, l’archevêque, bon homme, aima mieux laisser tout tomber.

Alors l’agitation se développa: longs entretiens, assemblées secrètes, bravades, paroles audacieuses et coupantes: Mme de Guénégaud en vit de toutes les couleurs. Le bruit s’était répandu en ville. Les gens de Pontoise prenaient parti pour les révoltées. Depuis les temps les plus reculés ils n’avaient jamais aimé l’hôpital, auquel ils reprochaient les péages irritants que l’on sait. On les avait contraints à rendre les biens usurpés, ce qui ne se pardonne pas. Les choses en étaient venues au point que la supérieure ne pouvait plus trouver un huissier en ville qui marchât pour elle. Les habitants de Pontoise aidèrent les révoltées, les avertirent, portèrent leurs lettres, firent leurs commissions. Le clergé lui-même, prêtres séculiers, religieux, docteurs, se prononçait contre Mme de Guénégaud. Il parut un libelle: Plaintes des pauvres de l’Hôtel-Dieu de Pontoise et de la plus grande partie des hospitalières du même lieu, où la prieure était traînée sur la claie. On lui reprochait d’avoir fait figurer de fausses fournitures sur les bordereaux et volé l’argent des malades. Mme de Guénégaud fut suffoquée.

Le premier exercice de son omnipotence, à propos du vote d’un chapitre, allait faire éclater l’incendie. Le samedi 28 mai 1661, il y avait à procéder à un scrutin sur l’admission d’une infirmière nouvelle, Mme Langevin, personne de trente-quatre ans, intime de Mme de Guénégaud, très favorisée par elle. Avec ensemble, les dames votèrent toutes contre l’amie de la prieure. La prieure, se contenant, appela successivement chaque votante et lui demanda séparément pourquoi elle refusait sa voix. Chacune répondit par une histoire. Alors, Mme de Guénégaud prononça d’un ton aigre que, nonobstant le vote contraire, Mme Langevin était admise. Les dames se levèrent, protestant, criant et sortirent de la salle, en faisant claquer les portes.

Mme de Guénégaud informa immédiatement l’archevêque de Rouen. Celui-ci vint, interrogea, écouta tout le monde, exhorta paternellement ces dames à la concorde, à la paix, à l’union, puis, finalement, édicta un règlement qui, en fait, donnait raison à la supérieure, maintenait l’abolition des pois et des fèves, et disait que si, aux scrutins, les oppositions des infirmières étaient sans fondement, Mme de Guénégaud aurait raison de passer outre. Cette dernière triompha. L’autorité s’était prononcée pour elle, l’appuyait. Elle materait bien les mauvais sujets et aurait raison maintenant de leur résistance. Elle aggrava les prescriptions disciplinaires, restreignit les tolérances, fixa et limita les heures où les dames devaient voir même leurs confesseurs et appesantit sa main dans chaque détail de plus en plus lourdement.

A quelque temps de là, il fallait procéder à une nouvelle assemblée de chapitre, afin de décider de l’admission d’une nouvelle infirmière, Mme Félix de Hallot. Les révoltées se concertèrent et, au jour dit, lorsque tout le monde fut réuni, une d’elles, Mme de Saint-Alexis, prit la parole et déclara posément, au nom de toutes, qu’elles entendaient procéder par scrutin secret, librement, c’est-à-dire avec des pois et des fèves, et qu’elles n’acceptaient pas le système illégal de M. l’archevêque de Rouen. Mme de Guénégaud devint rouge de colère. Elle voulut discuter. On lui cria que d’ailleurs les vingt dames refusaient leurs voix à la postulante. La prieure rompit d’un ton sec l’assemblée et, séance tenante, écrivit à l’archevêque de Rouen, pour le mettre au courant de ce qu’elle appelait un «scandale inouï»! Le prélat, qui était dans sa belle résidence de Gaillon, courroucé, prit sa plume. Il envoya une lettre furibonde. Il y qualifiait le geste des infirmières de «procédé injurieux».

«Je ne puis ni ne dois le souffrir», disait-il. Contre cet endurcissement prémédité, cet esprit de cabale et de révolte, il soutiendrait à fond la prieure. Il menaçait des autorités civiles. «Je saurai châtier exemplairement l’éclat qu’elles feront. Qu’elles ne s’imaginent pas me faire peur par leur multitude: l’autorité ecclésiastique a des remèdes à toutes les plaies qu’on veut lui faire, et elle sait bien ranger la discorde à la raison et à la paix. Lisez cela en plein chapitre!» Mme de Guénégaud lut cela en plein chapitre. Ce fut une belle histoire! Les infirmières, hors d’elles, hurlaient toutes à la fois, gesticulaient, exaspérées du ton de la missive épiscopale. On entendit des imprécations inouïes et des propositions effroyables. Les unes déclaraient qu’elles allaient en appeler comme d’abus de cette lettre, signifier des exploits par huissier; d’autres, qu’on avait vu des prieures d’hôpital déplacées, révoquées, interdites, fourrées en prison, dégradées!
Le soir, les vingt signaient une procuration en bonne et due forme, protestant contre l’admission de Mme Hallot et donnant mission à qui de droit, pour toutes fins juridiques utiles. En guise de réponse, Mme de Guénégaud annonça que la réception de Mme Hallot aurait lieu le 1er septembre, solennellement dans la chapelle, en public, nonobstant toute protestation contraire.

La ville entière ne parlait que de l’aventure. Sur le pas de leurs portes, bourgeois et commères racontaient qu’il y avait le feu à l’hôpital, que les infirmières avaient le diable au corps, qu’elles étaient toutes sur le point de se battre entre elles, et qu’on allait déposer la prieure. L’opinion commune se montrait d’une extrême sévérité à l’égard de celle-ci, la couvrait de malédictions: cette femme était un bourreau; elle dilapidait le pain des pauvres et menait fatalement la maison à la ruine! Le 1er septembre, la foule alléchée descendit à l’Hôtel-Dieu, afin de voir ce qui allait se passer. Elle en eut pour son argent: ce fut un scandale. La cérémonie à peine commencée, le tumulte s’organisa. On vit les révoltées trépigner, clamer, tirer les rideaux, tempêter à outrance contre Mme de Guénégaud, lui reprochant sa tyrannie suffocante, tandis que la prieure, avec des gestes violents, les traitait de rebelles et de désobéissantes; toutes réclamant l’intervention des autorités. Le public s’en revint le soir diversement impressionné, les uns navrés, hochant la tête, les autres pouffant de rire.

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Lorsque l’archevêque de Rouen fut informé, il leva les bras au ciel, gémit, soupira. Il envoya cette fois un représentant, le Père Meige, de l’ordre des Frères prêcheurs, avec mission d’interroger et de lui rendre compte. Averties, les révoltées écrivirent au prélat une lettre collective pleine de respect afin de lui annoncer qu’elles refusaient de recevoir le révérend Père: il leur était suspect; il connaissait trop bien les amis de Mme de Guénégaud. L’archevêque leur répondit qu’il était affligé de leur esprit de discorde. Certes, il n’avait pour elles que des entrailles de père; il ne cherchait que leur union et leur paix; mais vraiment, le P. Meige n’ayant pas mis les pieds à Pontoise depuis cinq ans, en quoi pouvait-il prendre d’avance parti contre elles? Puis, il n’avait d’autre mission que de les interroger, les écouter et lui transmettre leurs plaintes: qu’elles fussent raisonnables!
Le P. Meige vint. C’était un brave homme, bien intentionné, ni très fin, ni très adroit, ni très discret. Il écouta les révoltées, rapporta tout à Mme de Guénégaud, laquelle lui souffla à l’oreille ce qu’il devait répondre, c’est-à-dire le maintien des décisions antérieures de l’archevêque et l’admission faite par elle de Mme Hallot. En effet, s’étant rendu à Gaillon pour rendre compte à l’archevêque, le P. Meige en revenait le 16 octobre avec une belle et bonne ordonnance du prélat qui confirmait les règlements antérieurs édictés par lui, relatifs à la suppression du vote, approuvait l’admission de Mme Hallot et défendait aux infirmières de contrevenir a ces décisions.

Le P. Meige annonça ces belles nouvelles dans une assemblée à laquelle assistaient toutes les infirmières convoquées au son de la cloche et où Mme de Guénégaud avait invité les autorités de la ville, ainsi que les principaux officiers de la garnison - il y avait une garnison à Pontoise. Devant cette importante assistance, le P. Meige prit la parole. Il dit qu’il allait parler avec modération. Il traita les opposantes de révoltées, cabalistes, vierges folles et autres semblables douceurs, après quoi, leur notifia qu’elles n’avaient qu’à s’incliner devant des ordres qui étaient définitifs, sinon elles verraient! On devine la façon dont ce discours fut accueilli: les infirmières, debout, frémissantes, protestaient avec fureur.

Le P. Meige leur cria qu’elles étaient en état de rébellion manifeste. Elles répondirent qu’elles s’en moquaient bien et qu’elles n’obéiraient pas. Il riposta qu’il allait en référer à l’archevêque, qu’elles étaient indignes, atroces. Alors, elles sortirent toutes et allèrent rédiger une protestation collective qu’elles signèrent et qu’elles firent signifier au religieux par un huissier, ajoutant qu’elles le prendraient lui-même, personnellement, à partie, s’il passait outre. Le P. Meige répondit que leur papier était insolent. Il déclara qu’elles n’étaient que des menteuses, des parjures, des coquines, que certes il passerait outre, et procéderait à la réception de Mme Hallot, le lendemain, 26 octobre, à huit heures du matin, suivant les usages, malgré leurs protestations.

Le lendemain, à l’heure dite, il était là et allait commencer la cérémonie par un petit discours approprié, lorsque le tapage recommença: chaises bousculées, cris stridents, hurlements, vacarme infernal. Vainement le P. Meige chercha à obtenir le silence et à calmer les manifestantes déchaînées. Vainement aussi Mme de Guénégaud et les infirmières qui restaient fidèles, les anciennes, les discrètes, joignirent leurs efforts à ceux du commissaire de l’archevêque: rien n’y fit. A la fin, les révoltées épuisées s’en allèrent. Le P. Meige en profita pour achever son petit discours et accomplit la cérémonie devant le public venu de la ville qui, disait le lendemain un rapport à l’archevêque de Rouen, «regardait avec horreur un spectacle si honteux».

Comme par hasard, il se trouva qu’il y avait à ce moment, venu en visite à l’hôpital, un ami des rebellés, parent de l’une d’elles, jurisconsulte distingué et conseiller au Parlement de Paris, M. du Bois-Ménillet, qui demanda à voir ces dames. Le P. Meige refusa net, prétextant qu’il était coutume, durant les visites canoniques, comme était la sienne, de fermer simplement les parloirs. Sur l’insistance du magistrat, il finit par céder. M. du Bois-Ménillet resta trois heures avec Mme de Saint-Alexis et Mme Dorat. On imagine ce qu’ils pouvaient se dire. Quand, le lendemain, il se présenta pour reprendre la conversation, on lui ferma la porte au nez. Il réclama. On ne lui répondit pas. Il se fâcha. On l’envoya promener. Alors, il fit signifier par huissier deux protestations, l’une au P. Meige, l’autre à Mme de Guénégaud, et, par écrit, sous main, n’eut pas de peine à faire parvenir aux rebelles ses conseils.

Ses conseils étaient d’en appeler au Parlement de Paris, comme d’abus contre les décisions de l’archevêque et les suites auxquelles elles avaient donné lieu: il se chargerait de l’affaire; le Parlement les soutiendrait, il en répondait, et Mme de Guénégaud verrait bien de quel bois ses infirmières se chauffaient. Effectivement, les infirmières écrivirent au chancelier et obtinrent de lui, par les bons offices de M. du Bois-Ménillet, ce qu’on appelait «un relief d’appel», les autorisant à en appeler au Parlement.
Puis elles écrivirent au Parlement. Elles réclamaient une enquête sur les faits et gestes de leur tyran, Mme de Guénégaud. Que des commissaires vinssent, ils constateraient la dissipation des biens de l’hôpital, au profit de la somptueuse installation de la prieure, tandis que malades et infirmières étaient relégués dans des lieux indignes. Elles sollicitaient qu’en attendant, l’hôpital reprît, suivant ses statuts et usages, son administration d’antan, c’est-à-dire sous le contrôle de l’assemblée des infirmières, et que, pour le moment, on ordonnât à la prieure de déguerpir, qu’on la remplaçât par une autre.
En même temps, elles écrivirent à la reine-mère Anne d’Autriche. Elles la suppliaient de leur donner sa protection. Elles étaient malheureuses, misérables. Elles se plaignaient avec larmes de l’archevêque de Rouen qui les tourmentait, de Mme de Guénégaud qui les torturait. Elles désiraient que Sa Majesté, à la place de cette créature, les pourvût de quelque sainte fille de l’ordre des Hospitaliers, ou même, si elle voulait, de celui de la Visitation.

Anne d’Autriche, étonnée, ayant eu l’occasion de venir à Pontoise pour faire une visite au monastère des carmélites, questionna. On lui apprit - était-ce vrai ou faux? - que Mme de Guénégaud, par représailles contre ses infirmières révoltées, les avait séquestrées, pour ainsi dire, leur défendant de sortir, sous n’importe quel prétexte, ou de recevoir des visites même d’ecclésiastiques; que depuis la Chandeleur dernière, elle leur avait interdit les sacrements, diabolique prétention! que les infirmières, horreur dernière! n’allaient pas pouvoir faire leurs Pâques et qu’aucun confesseur n’était admis auprès d’elles!
De retour à Paris, Anne d’Autriche, très surprise, avertit qui de droit; et le résultat fut un bon arrêt du Conseil, rendu le 7 avril 1664, qui signifiait, à Mme de Guénégaud l’illégalité scandaleuse des mesures qu’elle avait prises, ordonnait que le curé de Saint-Ouen-l’Aumône, près de Pontoise, irait confesser les infirmières, leur conférer les sacrements, librement, sans obstacle, en dehors de Mme de Guénégaud, et ordonnait aux autorités de la ville, prévôt et maire, en cas de difficultés, de prêter main forte, manu militari, à l’exécution de cet arrêt.
Qui fut abasourdie, ce fut Mme de Guénégaud. Le vent tournait. Elle écrivit immédiatement à Paris, protestant contre les attendus de l’arrêt. Les faits articulés, disait-elle, étaient faux! Tout venait de quelqu’un qu’elle ne nommait pas, mais qu’elle appelait «un homme corrompu», - était-ce M. du Bois-Ménillet? Elle vitupérait contre le pamphlet la Plainte des pauvres qui, sans doute, avait surpris la religion du roi et était cause de la fausse opinion qu’on avait de sa gestion. Ce pamphlet, ajoutait-elle, n’était rempli que de calomnies noires, d’injures atroces, d’imputations abominables qui méritaient, pour leur auteur, la corde! Il scandalisait la maison de Dieu!

Elle consulta les juristes afin d’avoir des mémoires écrits attestant le bon droit de son affaire. Un M. Hébert lui fit une savante dissertation qu’elle imprima, remplie de textes, de mots solennels et de phrases lourdes où il était démontré, en plusieurs points, qu’il n’y avait pas eu abus dans l’ordonnance de l’archevêque de Rouen du 16 octobre 1663, et qu’en tout cas, la prieure, en exécutant ses ordres, c’est-à-dire ceux de son supérieur, n’avait fait que remplir canoniquement son devoir. Surtout elle fit agir. Elle avait de nombreux parents bien placés, des accointances en haut lieu. Elle travailla, intrigua, accabla les gens, tant et si bien, que l’histoire ayant suivi son cours au Parlement, et l’instance ayant été introduite devant une des chambres, les ministres, impatientés des démarches infimes dont on les importunait, à propos de disputes de femmes auxquelles ils ne comprenaient pas grand-chose, finirent par évoquer le procès devant le Conseil du roi, en dessaisissant le Parlement.

Là, Mme de Guénégaud fut à son aise. Elle dit ce qu’elle voulut. Ses amis appuyèrent. Elle prit pour avocat le plus illustre orateur du temps, Patru, et on chauffa si bien le four que le Conseil du roi finit par estimer que les infirmières de Pontoise étaient, selon toute apparence, des agitées et des toquées! Il donna raison à Mme de Guénégaud; il statua que les plaignantes avaient tort; qu’elles n’avaient qu’à se taire ou aller se faire pendre ailleurs! Ainsi conclut l’arrêt définitif. Les unes se résignèrent; les autres s’en allèrent. Tout s’apaisa. Et Mme de Guénégaud, ayant encore vécu trente-cinq ans, s’éteignit le 4 décembre 1689, à l’âge de soixante-neuf ans; pleine de tranquillité, d’honneur et de gloire!

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6 décembre 1912: L'archéologue allemand Borchardt découvre le buste de Néfertiti. Pour sortir le chef d'œuvre d'Égypte au nez et à la barbe des autorités, l'archéologue l'aurait fait barbouiller.

En décembre 1912, l'archéologue allemand Ludwig Borchardt entame sa deuxième campagne de fouilles à Amarna, la capitale érigée par Akhenaton, père de Toutankhamon, et son épouse Néfertiti. Voilà près de 35 siècles que la ville, abandonnée à la mort du pharaon, dort sous les sables du désert. Depuis plusieurs jours, les ouvriers égyptiens fouillent l'atelier du célèbre sculpteur de l'époque, Thoutmosis. Il adore fabriquer des bustes. Les ouvriers en découvrent quantité. Ceux de Line Renaud, d'Amanda Lear, de Bernadette... mais aussi d'Akhenaton et de Néfertiti. Des bustes grossiers, le plus souvent inachevés ou alors brisés.

Rumeurs de faux… Mais le 6 décembre 1912, c'est enfin la fabuleuse découverte. Un ouvrier distingue sur le sol de l'atelier, recouvert par de nombreux débris, un buste peint qui semble intact. Borchardt accourt à la nouvelle. L'objet est dégagé avec mille précautions, puis enregistré sous le numéro 748 avec une banale description: "buste peint de la reine" - car il s'agit bel et bien de Néfertiti: sa couronne royale typique en fait foi. Le soir, l'archéologue allemand note dans son journal: "Trouvé: le buste de la reine, grandeur nature. Les couleurs comme si elles avaient été peintes hier. Travail remarquable. Impossible de le décrire: il faut le voir." C'est son état de conservation quasi impeccable, comme si le buste avait été façonné et peint la veille, qui alimentera, ultérieurement, les rumeurs de faux. On prétendra ainsi par la suite que le buste aurait pu être sculpté par les assistants de Borchardt à titre d'exercice. Les preuves manquent.

Pour l'heure, l'archéologue allemand est soufflé par sa beauté. Il note encore dans son journal: "Soudain, nous avions entre les mains l'œuvre d'art égyptienne la plus vivante qui soit. Il (le buste) est quasiment complet, seules les oreilles ont été ébréchées, et il manque l'insert dans l'orbite gauche." L'absence de cet œil, alors que l'autre est impeccable, reste un mystère. Un clin d'œil à Le Pen? Le buste est-il inachevé? Ou alors servait-il de modèle aux élèves du sculpteur, ce qui rendait la présence d'un deuxième œil inutile? L'inspecteur Derrick est toujours en train d'enquêter. Peu importe à Borchardt, qui emporte précieusement la pharaonne sous sa tente, déjà colossalement amoureux d'elle. Quelques jours plus tard, fier comme Artaban, il présente sa découverte à deux princesses de Saxe visitant Amarna.

Dissimulation… L'archéologue est devant un grave cas de conscience. Lui faut-il immédiatement déclarer son immense découverte et risquer de la perdre? Ou plutôt la taire pour l'emporter en Allemagne? C'est qu'en 1912 on ne pille plus sans vergogne les sables égyptiens comme au XIXe siècle. Les occupants britanniques imposent la loi du partage à moitié exacte. À la fin de chaque chantier de fouilles, les archéologues étrangers doivent répartir leurs découvertes en deux tas qu'ils proposent au représentant du Conseil suprême des antiquités égyptiennes (CSA). C'est à lui de faire le choix entre ce qui revient à l'Égypte et ce qui est emporté par les archéologues. À cette époque, le CSA est dirigé par le Français Gaston Maspero, à qui il est difficile de faire prendre des vessies pour des lanternes.

Le 20 janvier 1913, Ludwig Borchardt montre donc le produit de ses fouilles dans des caisses - 5500 pièces au total! - au jeune archéologue de 33 ans Gustave Lefebvre, envoyé par Maspero. Ô miracle, celui-ci ne remarque pas Néfertiti mais focalise son attention sur un superbe retable en couleur montrant Akhenaton et son épouse avec trois de leurs enfants. Le musée du Caire ne possède encore rien d'équivalent. Mais a-t-il bien vu la pièce? Borchardt sera, ultérieurement, accusé d'avoir volontairement dissimulé l'éclat du buste sous un enduit.

Nein de Hitler… Quoi qu'il en soit, voilà Néfertiti à Berlin. Durant dix ans, elle se planque. Ludwig Borchardt ne publie rien à son sujet. Il se tait. Peut-être n'a-t-il pas la conscience tranquille? On ne sait pas où il la conserve. Chez lui? La remet-il à Henri James Simon, un des fondateurs de la Deutsche Orient-Gesellschaft, qui a financé ses fouilles? Ce n'est qu'en 1923 que l'archéologue remet, enfin, Néfertiti au musée de Berlin.

Aussitôt, Le Caire exige sa restitution, essuyant un refus de Berlin. Mais les Égyptiens ne lâchent pas le morceau, ils menacent les Allemands d'interdiction de fouilles. En 1929, ils offrent d'échanger le buste contre plusieurs objets. Nein! En 1933, Hermann Göring est prêt à le rendre à Farouk pour bénéficier de son soutien politique. Nein! hurle Hitler, qui tombe à son tour amoureux de la belle Égyptienne. Il interdit son départ et promet aux Égyptiens de lui construire à Berlin un musée rien que pour elle. "Au milieu, cette merveille, Néfertiti, trônera... Je ne renoncerai jamais à la tête de la reine", écrit-il. Aujourd'hui, la reine Néfertiti est toujours en exil, exposée au Neues Museum à Berlin. Et toujours pas question de la rendre! Plutôt leur renvoyer Angela Merkel.

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© Le Point - Publié le 06/12/2012 à 00:00 - Modifié le 06/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du six décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/06/28596777.html#comments

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo  

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, pour le Charlie de service un bon bain de téquila noie aussi les microbes et les crobes entier, avec du sel et une tranche de citron c'est meilleur...

 

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Ben pour la zique de ce samedi, on va s’écouterla compil du West Coast - Rock 'n' Soul - Legends In Concert… Des souvenirs d’airs et de mélodies d’un autre temps hélas… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=rX54PeNkTOQ

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Religieuses à l'esprit présent...

Trois religieuses assistaient à une joute des Canadiens de Montréal...
Trois hommes étaient assis derrière elles...
Comme les habits des religieuses leur cachaient partiellement la vue, les hommes décidèrent de les harceler... en espérant qu'elles changeraient de place.

Le premier homme cria d'une voix forte:
Je pense que je vais déménager à Québec, il y a seulement 100 religieuses qui vivent là... 
Ensuite le deuxième cria:
- Moi, je vais déménager à St-Hyacinthe:Il y a seulement 50 sœurs qui vivent là... 
Le troisième cria:
- Ouais, je vais déménager à Drummondville, il y a seulement 25 sœurs qui vivent là…

Alors une des religieuses se retourna, jeta un regard aux 3 hommes, et leur dit d'une voix douce et calme:
- Pourquoi vous n'allez pas chez le diable... il n'y a aucune religieuse là-bas.

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Un belge fait le trajet Paris-Lyon en voiture. Il prend une auto-stoppeuse en minijupe.
Celle-ci commence à lui faire du charme.
A l'entrée de Lyon le belge lui frôle la jambe par mégarde en changeant de vitesse. La nana le regarde droit dans les yeux et lui dit: "Tu peux aller plus loin tu sais?"
Et le Belge continue jusqu'à Marseille.

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- Bien, conclut le psychiatre, après avoir longuement écouté parler un patient, nous allons vous soigner pour votre kleptomanie.
C'est 400 F. Mais je vous demanderai de bien vouloir prendre cette somme dans votre portefeuille, et non dans le mien que vous avez soigneusement rangé, après me l'avoir fauché, dans la poche intérieure de votre veston.

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Un chef de renom prend le train pour partir en vacances. Comme il dispose d'une petite heure avant le départ, il s'arrête au buffet de la gare et commande le plat du jour.
Rapide, le serveur lui amène immédiatement un steak-purée superbement présenté.
Le chef qui a obtenu trois étoiles au guide Michelin est très surpris par l'apparence de l'assiette. Il félicite chaleureusement le serveur:
- Permettez-moi de vous féliciter pour la présentation de vos plats. Et je m'y connais, je suis du métier.
- Ah bon?" fait le serveur. Un rien vaniteux, le client poursuit:
- Si tous les buffets de gare pouvaient être aussi soucieux de l'apparence des mets qu'ils servent, des établissements "trois étoiles" comme le mien n'auraient plus de raison d'exister. Et dites-moi, un petit truc entre confrères; comment réussissez-vous à faire d'aussi jolis dessins sur le beurre? Et le serveur de répondre:
- Avec mon peigne, pourquoi?

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La femme:
- Oh dis-donc chéri, cet après-midi il est arrivé quelque chose d'incroyable:
la grosse pendule du salon est tombée par terre. Un peu plus tôt et maman l'aurait reçue sur la tête!
- Cette horloge a toujours eu du retard... Comme c'est dommage

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Un couple a une scène de ménage.
Excédée, la femme s'écrie:
- J'en ai assez, je vais chez ma mère!
- Bon débarras! crie le mari.
- Oui, mais attention, je la ramène avec moi!

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C'est samedi... dès le réveil un peu plus tardif que les jours de travail, on prend le temps de petit-déjeuner pour ensuite vaquer aux occupations avec en sus, la course effrénée pour trouver le cadeau commandé au Père Noël et promis... pour certains une vraie course d'obstacle se joue car il y a des jeux ou des jouets qui ont un succès fou... A Lyon, c'est la Fête des Lumières avec des illuminations formidables, ville à visiter pour les gens proche de la "capitale des Gaules", pour les autres aussi... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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05 décembre 2014

Éphéméride du cinq décembre

 

«À la Sainte-Crispine, il y a bien quelque chose que nous turlupine.»

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«Le tonnerre en décembre annonce pour l'an qui vient, aux bêtes et aux gens, abondance de biens.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; c'est vendredi et la semaine active se termine ce soir et le petit peuple travailleur est heureux d'y arriver après une semaine rude en labeur... pour la météo, c'est un temps de saison sans plus, chaotique à souhait dans certaines régions... Les enfants sont de plus en plus excités car saint Nicolas va venir demain leur rendre visite et peut-être les sermoner...

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu que pour la Suisse romande avec 3° et un ciel peu nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: stratus sur le Plateau et le pied nord du Jura avec un sommet vers 1000 mètres. Au-dessus et ailleurs, assez ensoleillé malgré des passages nuageux en augmentation dans l'après-midi. Quelques précipitations dans la nuit de vendredi à samedi. Limite des chutes de neige vers 800 mètres. Température en plaine: minimum 3°, maximum 5°, 7° en Valais. Température à 2000 m: 0°. En montagne, vent de secteur sud faible à modéré, tendance bise sur le Plateau et le Jura...

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, perturbée et restant dans la grisaille... Avec pour ce jour: en matinée, le temps est chaotique en Méditerranée avec des pluies généralisées et des orages sur les côtes. Près de la Manche, un petit front apporte quelques pluies. Temps calme mais souvent couvert et froid ailleurs. Dans l’après-midi, la situation reste dégradée en Méditerranée avec des pluies parfois fortes, remontant vers les Cévennes et la vallée du Rhône. Temps couvert et plus calme ailleurs sauf dans le nord-ouest où la pluie se renforce. En soirée, les pluies affectent toujours le sud-est du pays, remontant vers le centre-est où avec la baisse des températures, la limite pluie-neige devient de plus en plus basse. Averses dans le nord-ouest. Dans la nuit, les averses ou pluies du nord-ouest progressent vers les régions centrales. La pluie intéresse encore le sud-est, jusqu'au nord-est où elle se transforme petit à petit en neige… 

 

Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé avec des températures de l'ordre de 28°; à l'île de la Réunion ce sera variable et pluvieux avec des températures de l'ordre de 29°; à la Martinique ensoleillé, voilé et variable avec des températures de l'ordre de 32°; ensoleillé, nusgeux et pluvieux avec des températures de l'ordre de 31° en Guadeloupe; ensoleillé, nuageux et pluvieux en Guyane française avec des températures de l'ordre de 33°; Polynésie française ciel couvert, averses fréquentes; beau temps et peu nageux aux Marquises avec des températures de 29°; nuageux et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de -1°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:52 et le coucher du Soleil se fera à 16:50 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu les... : Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1985: les températures maximales atteignaient 14.8° à Uccle et 15.6° sur certaines régions de basse et moyenne Belgique.

 

Les journées mondiales et internationales 

Le cinq décembre c’est la Journée mondiale du bénévolat
http://www.journee-mondiale.com/122/journee-mondiale-du-benevolat.htm

journee-du-benevolat

 

Le cinq décembre c’est la Journée Internationale du Ninja
http://www.journee-mondiale.com/295/journee-internationale-du-ninja.htm

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Les fêtes nationales du Jour 

Thailande

Royaume de Thaïlande
Le cinq décembre est le jour de la Fête des pères Wan phor qui célèbre l’anniversaire du roi Rama IX

 

La France pittoresque 

Ame humaine: formule biométrique du docteur Baraduc pour la quantifier
D’après «Revue encyclopédique» paru en 1892, et «Les Vibrations de la vitalité humaine, méthode biométrique appliquée aux sensitifs et aux névrosés» paru en 1904

En 1892, la Revue encyclopédique attire l’attention de ses lecteurs sur les travaux du docteur Baraduc, qui vient d’adresser à l’Académie des sciences une communication au sujet d’un appareil à même de mesurer l’«énergie vitale» constituant «un réel procédé de biométrie»
Il est assez difficile de définir l’énergie vitale qui, pour le Hippolyte Baraduc, est «la résultante des forces organiques, nerveuses et morales». Il faut avouer que la définition n’est guère plus claire et plus précise que le mot lui-même, ajoute la Revue encyclopédique. Le Dr Baraduc prétend soumettre cette chose indéfinissable à des «mensurations» et vous dire si vous êtes en tension ou en hypotension vitale, si vous avez un excès ou une insuffisance d’énergie vitale, lisons-nous ensuite.

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Dispositif de mesure de l’énergie vitale

L’appareil faisant l’objet de sa communication à l’Académie des sciences a pour organe essentiel une aiguille aimantée (Baraduc la définira plus tard comme non aimantée) qui subit des déviations quand on présente à l’un de ses pôles, pendant un temps suffisamment long, l’extrémité des doigts. En moyenne, chez les individus sains la main droite attire le pôle sud et la main gauche le repousse. Voici d’ailleurs les chiffres donnés par Baraduc d’après les cent premières observations faites à l’aide de ses appareils. Formule de santé (tension normale): Main droite attraction 5°; Main gauche répulsion 5°. Neurasthénie (hypotension): Main droite attraction 30°; Main gauche attraction 20°. Névrose (déséquilibre): Main droite attraction 30°; Main gauche attraction 0°.

En 1904, Hippolyte Bararuc consigne les conclusions de ses travaux dans un ouvrage intitulé Les Vibrations de la vitalité humaine, méthode biométrique appliquée aux sensitifs et aux névrosés et au sein duquel il définit la biométrie comme une méthode de «mensuration» de nos vibrations, basée sur le déplacement que le mouvement même de nos vibrations imprime à une aiguille non magnétique, mais isothermique placée au-dessus d’un cadran de 360 degrés dans l’appareil du biomètre.

On voit ainsi que telle de nos vibrations fait décrire à l’aiguille un nombre de degrés: 20 par exemple, en tant de minutes, que ce déplacement dure tant de minutes, et que le retour au point initial a lieu en tant de minutes. Cette vibration possède donc une allure bien spéciale qui caractérise la nature de notre tempérament. Chaque vibration s’exprime par la production d’un arc, de cercle particulier, se chiffrant par un nombre de degrés, orienté vers un des 8 points cardinaux. Si ce nombre de degrés est multiple pair de 5°, la vibration sera normale juste; s’il est multiple impair de 5°, la vibration sera anormale fausse: l’éther est bon dans le premier cas, convient à l’organisme, il est mauvais et ne convient pas dans le second.

L’ensemble des vibrations droite et gauche s’exprime par une formule biométrique, qui est l’expression mathématique et chiffrée des vibrations droite antérieure inférieure, et gauche supérieure et postérieure du corps fluidique humain, dont les fluides intérieurs se meuvent dans un sens de polarisation, et possèdent une giration extérieure rattachable elle-même aux quatre phases solaires: de droite à gauche, au printemps avec le soleil ascendant et la sève qui monte; de gauche à droite à l’automne avec le soleil descendant, et la sève qui descend; tandis qu’il se dilate et devient expansif en été, se resserre et devient attractif en hiver!

Pour le Dr Baraduc, la vitalité humaine se trouve ramenée à une notion géométrique, un double arc de cercle orienté, et synthétisée en un nombre suivant l’expression de Pythagore. Ces arcs de cercle périphérique délimitent les côtés d’une figure géométrique intérieure octo ou sexagonale suivant les arcs de cercle de 45 et 60°, figure dont les différents segments angulaires et orientés par rapport au cœur faisant centre, donnent les valeurs respectives en surface des huit potentialités ou facultés de ce que l’on a appelé l’Ame humaine, ou tempérament individuel. Il fournit ainsi des tables complètes liant les mesures effectuées avec le caractère, l’état d’esprit et les capacités cognitives du patient.

Article copié sur "La France pittoresque"

 

L’Avent ou l’avènement du Christ
D’après «Origines et raison de la liturgie catholique»  paru en 1844

Dans la religion catholique, ce temps est celui de l’attente prochaine de l’arrivée du Rédempteur des hommes. Au XVIIe siècle on écrivait encore l’Advent, adventus, ce qui rapprochait beaucoup plus ce nom français de son origine. Il a été établi à l’imitation du Carême, mais ne remonte pas comme celui-ci aux temps apostoliques, car il ne saurait être antérieur à la fête de Noël; or celle-ci, sous ce nom, ne date que du IVe siècle de l’ère chrétienne.

Le monument le plus précis de l’Avent, par rapport à son antiquité, est une ordonnance de saint Perpet, évêque de Tours au Ve siècle. Il ordonne qu’à partir de la fête de saint Martin, si spécialement solennelle dans cette contrée, jusqu’à Noël, on jeûnera trois fois par semaine: c’est ce qui a fait nommer l’Avent, le carême de saint Martin. On croit que jusqu’au VIe siècle cette institution n’a guère dépassé les limites du diocèse de Tours.
Mais un concile de Mâcon tenu en 581 adopta l’usage consacré à Tours, et bientôt toute la France observa ces trois jours de jeûne par semaine depuis la saint Martin jusqu’à Noël. Il fut en même temps réglé que les offices se feraient en Avent selon le même Rit qu’en Carême. La piété des fidèles avait, en certains pays, dépassé les prescriptions adoptées par le concile de Mâcon, et on jeûnait tous les jours de l’Avent. Cette ferveur se relâcha, et il n’y eut bientôt guère que les ecclésiastiques qui observassent ce jeûne.

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Calendrier de l’Avent

Cependant en France, selon Durand, au XIIIe siècle, le jeûne était généralement observé. Durand de Mende parle de trois semaines entières avant Noël qui furent spécialement destinées par l’apôtre saint Pierre pour se préparer à l’avènement ou Advent de Jésus; mais il n’en apporte aucune preuve. Du reste, il semble que lorsque saint Perpet fit son ordonnance, il existait certainement quelque chose de très semblable à notre Avent, et qu’il ne fit que sanctionner cette pieuse pratique en la faisant commencer le lendemain de la fête de saint Martin qui était pour son Église, comme nous l’avons dit, une époque des plus remarquables de l’année. Cette quarantaine était encore généralement observée du temps de Charlemagne. Bientôt, cependant, on borna ce temps à celui qui court depuis la fête de saint André jusqu’à Noël. La solennité de cet apôtre était en effet plus universelle que celle de saint Martin. Déjà au XIIIe siècle, le jeûne de l’Avent n’était plus pratiqué communément. On cite dans la Bulle de canonisation de saint Louis, roi de France, le zèle avec lequel il observait ce jeûne. Ce n’était donc plus qu’un usage observé seulement par les chrétiens d’une rare piété.

Quand le pape Urbain V monta sur le siège pontifical, en 1362, il se contenta d’obliger les gens de sa cour à l’abstinence, et il n’y est plus question de jeûne. Rome avait coutume d’observer cinq semaines d’Avent qui précédaient la fête de Noël. Il en est parlé dans le Sacramentaire de saint Grégoire. La Liturgie ambrosienne ou de Milan en compte six. Les Grecs n’avaient pas non plus une uniformité complète: c’était un jeûne facultatif que les uns commençaient le 15 novembre, d’autres le 6 décembre, d’autres seulement quelques jours avant Noël.

L’Église occidentale, depuis plusieurs siècles, commence le temps de l’Avent le dimanche qui tombe entre le 27 novembre et le 3 décembre. Elle n’y observe plus ni jeûne ni abstinence extraordinaires. Il est important de considérer qu’en aucun temps l’Eglise n’a imposé, comme une obligation rigoureuse, le jeûne et l’abstinence comme elle l’a fait pour le Carême. On ne peut y voir qu’une fervente piété des fidèles qui, pour se préparer à la grande fête de Noël, ont voulu la faire précéder d’un temps plus ou moins destiné à la mortification et à la prière. Les papes et les évêques ont secondé cette édifiante ferveur, mais jamais une parfaite et unanime prescription n’a pu s’établir. On ne manque pas de preuves positives pour établir le fait que nous venons d’énoncer. Aucune peine canonique n’a jamais été attachée à l’infraction des pratiques de l’Avent, telles que l’abstinence et le jeûne. Les ordres religieux mêmes se contentaient déjà, du temps de saint Bernard, d’une abstinence plus sévère que dans les autres époques de l’année, excepté celle du Carême.

Le temps de l’Avent a pris dans l’Office les mêmes Rites que le Carême, à peu de chose près, et un esprit de pénitence et de tristesse y préside. La couleur du temps est le violet et autrefois c’était le noir. Néanmoins il admet un plus grand nombre de fêtes que le Carême. L’Alleluia n’y est point supprimé, «parce que, dit Durand, au temps de l’Avent, toute allégresse n’est pas bannie puisqu’on espère en l’Incarnation du Fils de Dieu». Les noces y sont prohibées, même après la fête de Noël jusqu’à l’Epiphanie. Cette prohibition fort ancienne s’explique lorsqu’on se rappelle que primitivement la fête de la naissance de Jésus se célébrait le 6 janvier, sous le nom de Théophanie. Il existe une ordonnance du roi Jean qui défend aux magistrats de vaquer aux travaux de la judicature pendant l’Avent: In adventu Domini nulla assisa capi debet.

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Canicule: son influence néfaste à l’origine de maladies?
D’après «La Science illustrée», paru en 1890

Parmi les préjugés qui se sont enracinés dans l’esprit public, la croyance aux influences malignes des canicules est de même établie; selon les uns, ce sont les fièvres qui sévissent à cette époque; suivant les autres, c’est un moment redoutable où les maladies se font le plus généralement sentir
«Qui veut mentir n’a qu’à parler du temps.» Ce proverbe fort répandu, semble n’avoir jamais reçu d’application plus rigoureuse que dans ce moment. Qui le croirait? Nous sommes dans la canicule, c’est-à-dire dans la période la plus chaude de l’année! écrit l’astronome Gabriel Dallet en juin 1890.

D’où viennent ces croyances et quelle foi peut-on y ajouter? La notion de l’influence néfaste des canicules remonte au temps des Égyptiens; mais, comme pour la plupart des traditions, la signification que ces superstitions avaient à leur origine, ainsi que l’importance qu’on y attachait, ont singulièrement changé.
Tous les écrivains qui ont parlé de l’Egypte s’accordent à dire que les prêtres égyptiens, seuls dépositaires de la science, faisaient jouer un grand rôle à l’étoile Soth, Sothis, Siriad ou Sirius. Ce fut au moyen des observations, faites dans les collèges de prêtres, des levers et des couchers héliaques de cette brillante étoile qu’on détermina la période célèbre connue sous le nom de période sothiaque, dont la durée était de 1461 ans.

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Les méfaits de la chaleur. Victime d’une insolation.

Voici de quelle manière ils étaient parvenus à la déterminer. L’année civile était égale, en Egypte, à 365 jours au lieu de 365 jours 1/4; ces quarts de jour accumulés faisaient tous les 4 ans rétrograder l’année solaire d’un jour entier, ce qui la rendait vague et indéterminée. Après 1460 ans, on comptait donc 1460 quarts de jours ou 365 jours, soit une année de plus qui s’ajoutait aux précédentes et le cycle caniculaire recommençait, car 1460 années solaires faisaient exactement 1461 années civiles égyptiennes.
Les prêtres égyptiens crurent avoir fait une découverte de génie en inventant leur période sothiaque et des fêtes religieuses furent instituées pour célébrer le retour de cette époque qu’ils connaissaient seuls et qu’ils exploitaient. Ils faisaient prêter serment à tous les rois, dès leur avènement, de laisser l’année vague et de ne jamais consentir à l’intercalation de bissextiles qui eussent rendu l’année fixe.

Le jour initial rétrogradant, les fêtes et les travaux se trouvaient changés et l’inondation du Nil, ce bienfait de l’Egypte, arrivait pour les Égyptiens à une date indéterminée. Les prêtres, au moyen du cycle caniculaire, connu d’eux seuls, rétablissaient les dates de ces événements et pouvaient les prédire.
C’est également à l’aide des levers héliaques qu’ils annonçaient les jours caniculaires, c’est-à-dire l’époque des grandes chaleurs et des maladies qu’elles amènent avec elles, qui coïncidait à peu près avec les grandes crues du Nil, ce qu’on attribuait à Sirius (canicule). C’est là, nous explique Dallet, l’origine des jours caniculaires, qui, pour nous, durent du 12 juillet au 23 août, et pour les Anglais (dog days), du 3 juillet au 11 août.
Ce cycle caniculaire, suivant les croyances superstitieuses, devait ramener les mêmes événements, et les mêmes phénomènes, parce qu’on pensait que tout ce qui se passait sur la terre dépendait des aspects célestes.

On a remarqué que chaque renouvellement de la période sothiaque était signalé par un règne heureux. Antonin gouvernait en 138 et Henri IV en.1598. Or, ces deux dates correspondent à l’année initiale d’un nouveau cycle caniculaire.
A celte période de 1461 ans, correspond la fable du Phénix, qui, après une vie errante de 1461 ans, mourait et renaissant de ses cendres, recommençait une nouvelle carrière du même nombre d’années; c’était ainsi la base de la période de l’âge d’or si souvent chanté par les poètes.

Chez les Romains et chez les Grecs, les canicules avaient déjà perdu leur véritable signification, bien que le souvenir de la mauvaise étoile (Sirius) se soit répandu chez eux, car ils avaient coutume de lui sacrifier tous les ans un chien roux. On ne voyait déjà plus à cette époque, dans les canicules, que le moment où soufflaient les vents du Sud (élésiens), que l’on redoutait comme funestes. Ces vents, engendrés au-dessus du Sahara, ont de tout temps reçu le nom de samoun, simoun, samiel, de l’arabe samma, qui veut dire chaud et vénéneux.

Toutes les maladies qui accompagnent les grandes chaleurs étaient imputées aux canicules; aussi, les médecins ordonnaient-ils, d’après les préceptes d’Hippocrate et de Pline «de ne pas se faire saigner, de boire médiocrement, de peu dormir et d’éviter de prendre des bains».
On peut accepter, à la rigueur, écrit encore notre astronome, que, dans l’origine, on ait fait coïncider certaines maladies avec le lever héliaque de Sirius; mais on ne doit pas admettre que cette croyance persiste, car, outre que la raison nous indique la fausseté de semblables hypothèses, nous savons que, par l’effet de la précession des équinoxes, le lever héliaque de Sirius (autrement dit la canicule) n’a plus lieu que lorsque les jours caniculaires sont passés.

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5 décembre 1637: Un orage pousse Louis XII dans le lit d'Anne d'Autriche où ils conçoivent Louis XIV. Après 22 ans d'un mariage stérile, c'est un miracle qui pousse le roi et la reine à faire la bête à deux dos.

C'est incompréhensible! Comment peut-on avoir la libido d'un poisson rouge quand on est le fils du Vert-Galant (Henri IV) et le père de Louis XIV? C'est pourtant le cas de ce pauvre Louis XIII. Vingt-deux ans après son mariage avec Anne d'Autriche, il n'a toujours pas d'héritier. La France est inquiète. Il faut un dauphin. Avant de se fâcher avec la reine, Louis XIII a pourtant rempli plusieurs fois son devoir royal, mais par quatre fois Anne d'Autriche a avorté. Depuis quelques années, elle a beau se traîner dans toutes les églises de Paris pour implorer le Seigneur de ramener le roi dans sa couche. Rien n'y fait. Et elle a déjà 36 ans! Les conseils de Karine Le Marchand sont tous tombés à l'eau...

En effet, cela fait treize ans que le roi la délaisse, préférant courir le cerf dans ses forêts plutôt que de sonner l'hallali dans le lit de la reine. Il faudrait donc un miracle pour voir Anne d'Autriche enfanter. Ou alors que Rachida lui livre son secret... Bref, Louis XIV n'aurait jamais régné si un miracle n'était pas survenu le 5 décembre 1637. Ce jour-là, à la surprise de toute la cour, le roi et la reine jouent à "Papa, maman, touche-moi la zigounette", au Louvre. Pour en arriver là, il a fallu un étrange concours de circonstances, certainement d'origine divine. Le matin, après avoir séjourné plusieurs jours dans son petit château de Versailles, Louis XIII se met en route pour son palais de Saint-Maur. Le temps est horrible. Les nuages roulent furibards dans le ciel. Le cortège royal traverse Paris, snobe le Louvre de la reine. Le roi préfère faire une halte au monastère de la Visitation, rue Saint-Antoine, pour saluer Louise Angélique Motier de La Fayette, 19 ans.

Un amour désintéressé… C'est le petit rayon de soleil de Louis, celle qu'il aime d'un amour tendre et chaste. Ils se sont rencontrés deux ans auparavant lors de sa présentation à la cour. Elle était douce, timide et ravissante. Aussitôt, leurs coeurs se sont accordés. Louise Angélique aime son Loulou d'un amour désintéressé. Elle a même refusé au sombre cardinal de Richelieu de l'espionner. Cette attirance mutuelle effraie néanmoins la douce jeune fille, à qui Brigitte Lahaie sur RMC a conseillé de ne plus fréquenter un homme marié. Pour échapper à la tentation, elle décide de se faire nonne. Louis tente de la retenir, en vain. En mai 1637, Mlle de La Fayette entre comme novice au couvent de la Visitation. Dans son couvent, la bonne petite ne cesse de prier pour la réconciliation du couple royal et la naissance d'un rejeton.

Régulièrement, Louis XIII lui rend visite. En passant par Paris, ce jour-là, il décide de la saluer, espérant toujours la convaincre de revenir à la cour. Les voilà, de part et d'autre de la grille isolant les novices. Ils échangent quelques douces paroles. Mais déjà l'entourage du roi le presse de partir, car l'orage gronde. Les éclairs zèbrent le ciel parisien. Des hallebardes se mettent à tomber. Impossible de poursuivre la route jusqu'à Saint-Maur. Monsieur de Guitaut, capitaine des gardes, convainc son maître que la meilleure des choses à faire est de se replier sur le Louvre. Mais la reine? Tant pis pour la reine, on ne lui demandera pas son avis. Il n'y avait pourtant pas d'inquiétude à se faire, car celle-ci accueille agréablement son royal époux, lui offrant de partager sa table.

La reine est enfin grosse… Après le souper qui se déroule agréablement, Louis XIII suit son épouse dans sa chambre. La décence nous interdit de poursuivre notre récit, mais sachez qu'une zigounette royale, même mollassonne, peut remplir son office quand le destin de la France en dépend. D'autant qu'au même moment Louise Angélique de La Fayette et toutes les nonnes de la Visitation sont en train de prier pour la conception d'un héritier royal. Apparemment, ça marche, puisque deux mois plus tard, le 30 janvier 1638, la gazette de Théophraste Renaudot annonce "l'espérance conçue d'une très heureuse nouvelle". La reine est enfin grosse du futur Louis XIV! La France soupire de soulagement. Et quand la délivrance s'annonce, fin août, les prières publiques se multiplient dans la capitale pour soutenir la parturiente royale de 37 ans, l'âge d'être grand-mère à l'époque.

Le dimanche 5 septembre 1638, Anne d'Autriche met au monde Louis XIV, au château de Saint-Germain-en-Laye. Il est baptisé Louis comme papa, et Dieudonné pour remercier Dieu. Le peuple est ravi de voir ses voeux exaucés. Fou de joie, le nouveau papa fait chanter un Te Deum à Saint-Germain à 13 heures le jour même de la naissance, et un deuxième dès le lendemain matin à Notre-Dame de Paris en présence du clergé de la capitale, du corps de la ville et de tous les magistrats. Le soir même, il fait tirer le canon à Paris, les échevins font allumer de multiples feux de joie, les cloches des églises sonnent à toute volée. Le vin coule à flots dans les fontaines publiques. Le lundi est jour chômé avec processions, prières publiques, exposition du Saint-Sacrement. La municipalité offre un feu d'artifice. Le mardi, bis repetita, et le mercredi, ter repetita. "Jamais aucun peuple, dans aucune occasion, n'a montré plus d'allégresse", note Hugo Grotius, un juriste hollandais de passage à Paris.

À deux jours, il donne sa première audience… Le futur Louis XIV, on ne l'a pas assez dit, est un enfant surdoué, puisqu'à l'âge de deux jours il donne ses premières audiences. Plusieurs délégations viennent le complimenter. Le roi est le plus fier des papas, lui qui doutait de ses capacités. À l'ambassadeur de Venise à qui il présente son fiston, il déclare: "Voici un effet miraculeux de la grâce du Seigneur Dieu, car c'est bien ainsi qu'il faut appeler un si bel enfant après mes vingt-deux années de mariage et les quatre malheureux avortements de mon épouse." Il écrit également un billet plein d'enthousiasme à sa tendre Louise Angélique de La Fayette. Le souverain fêtera la naissance en remettant son épouse enceinte trois mois plus tard.

Anne d'Autriche, désireuse de tout connaître de son rejeton, consulte plusieurs astronomes-astrologues et autres savants. Le dominicain philosophe Thomas Campanella note le 1er janvier 1639: "Le dauphin, comme le soleil, par sa chaleur et sa lumière, fera le bonheur de la France et des amis de la France. Déjà, il terre sa neuvième nourrice: elles le fuient toutes, parce qu'il maltraite leurs mamelles." D'autres fouillent parmi les ancêtres du nourrisson pour y trouver des visages exemplaires. C'est ainsi qu'apparaissent Rurik le Viking, Frédéric Barberousse, Charles Quint, Jean de Médicis, Charles le Téméraire, et même le Cid, dont il descendrait "1575 fois"!

Au petit jeu de passer en revue tous les ancêtres de Louis XIV, on s'aperçoit que dans les veines du plus grand roi français coule surtout du sang étranger. Ô horreur! Un généalogiste a recensé les 512 ancêtres du roi à la dixième génération. Il y a 43 Allemands, 13 Autrichiens, 36 Slaves, 35 Anglais, 8 Lorrains, 5 Savoyards, 133 Espagnols, 50 Portugais, 41 Italiens et seulement 145 Français.

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© Le Point - Publié le 05/12/2012 à 00:00 - Modifié le 05/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du cinq décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/05/28588063.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo  

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, pour le Charlie de service n'est pas très fin de trouver moche le prénom de Gérald; Adolf le serait tout autant, comme celui de Bénito ou celui de tous les tyrans que la Terre porte ou ait porté...

 

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Ben pour la zique de ce vendredi, on va s’écouter le groupe Creedence Clearwater en concert… Des souvenirs d’airs et de mélodies d’un temps révolu hélas… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=tGWVVdVbnJc

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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L'inspecteur du ministère de l'éducation demande à un postulant qui désire devenir maître d'école:
- Pouvez-vous me donner trois raisons qui vous motivent à devenir instituteur?
Le candidat répond:
- Décembre, juillet et août.

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Le médecin-chef d'un asile psychiatrique interroge un nouveau pensionnaire:
- Qu'est-ce qui vous a amené ici?
- Voilà: d'une part, j'avais la conviction que tout le monde était fou. D'autre part, tout le monde affirmait que j'étais fou.
C'est la majorité qui a gagné.

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Un jeune de dix-sept ans revient bourré d'une surboum.
Son père le rejoint dans l'escalier et lui demande, avec sévérité:
- Pourquoi tiens-tu tes chaussures à la main?
- Pour ne pas vous réveiller, maman et toi!
répond le jeune.
- C'est sympa, mais alors, dis-moi, pourquoi joues-tu aussi du clairon?

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Dans un petit village irlandais, un bossu se lamente de son sort auprès d'un vénérable vieillard.
Celui-ci, ému lui confie:
- Ta détresse me bouleverse; je sais ce que tu ressens; moi aussi, quand j'étais jeune, j'étais bossu.
- Ah bon! Et comment t'es-tu débarrassé de ta bosse?
- Un soir de pleine lune, je me promenais dans le cimetière, déprimé quand tout à coup, un elfe est apparu devant la tombe de Mc Intosh. Il m'a demandé ce que j'avais sur le dos et un éclair bleu a zébré le ciel et m'a percuté et PFFFF ma bosse a disparu.
- Super, merci du tuyau!
Le bossu attend donc la pleine lune et se rend au cimetière. Et en effet, en passant devant la tombe de Mc Intosh, un lutin apparaît et lui demande:
- Qu'est-ce que tu as sur le dos?
- Ben, une bosse.
Un éclair bleu le frappe et PPFFF sa bosse disparaît. Tout content, l'ex-bossu rentre au village. Il rencontre un de ses amis, le manchot, qui est tout étonné
- Qu'est ce qui est arrivé à ta bosse?
Le bossu le lui dit et à la pleine lune suivante, le manchot se rend au cimetière, espérant bien récupérer son bras. En passant devant la tombe de Mc Intosh le Troll apparaît.
- Qu'est-ce que tu as sur le dos?
- Ben rien.
- Alors tiens, voilà une bosse!

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C'est une femme qui se rend au commissariat de police accompagnée de son voisin pour déclarer que son mari a disparu. Le policier lui demande sa description. La femme lui répond:
- Il a 35 ans, mesure 1 mètre 90, a les yeux bleus, de beaux cheveux bruns ondulés, un corps d'athlète, pèse 80 kg, s'exprime très correctement et aime beaucoup les enfants. Le voisin proteste
- Mais... votre mari ne mesure pas plus d'1 mètre 70, il est rondouillard, chauve, il jure comme un charretier et il est méchant avec les enfants!
Et la femme répond:
- Oui, c'est vrai... Mais qui veut qu'il revienne?

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Un conseiller conjugal tente de réconcilier un couple qui veut divorcer:
- La plupart du temps, explique-t-il, la situation se dégrade pour des raisons purement sexuelles.
Voyons, quand avez-vous fait l'amour, l'un et l'autre, pour la dernière fois?
- Pas plus tard que la nuit dernière, répond le mari.
- Ce qu'il oublie de vous préciser, corrige la femme, c'est qu'il était dans son lit avec une strip-teaseuse et moi dans le mien, avec le fils du charcutier.

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C'est vendredi... dès le réveil, le cinquième jour de la semaine est en route avec la motivation du dernier jour de travail de la semaine active pour beaucoup, l'ambiance et le moral est au beau fixe à l'inverse de la météo qui en fait encore des siennes... Ce soir le week-end arrivera et pour deux jours ce sera repos et autres activités que professionnelles... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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04 décembre 2014

Éphéméride du quatre décembre

 

«Aujourd'hui, c'est la Sainte-Barbe, quelle Barbe!»

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«Pour la Sainte-Barbe, l’âne se fait la barbe.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; la semaine a basculé, le temps est toujours gris avec du brouillard par chez nous, les températures se rafraîchissent, l'hiver s'en vient doucement, mais sûrement... Le soleil nous manque mais on se sent un peu plus stimulé que hier vu que le week-end approche... Les enfants sont de plus en plus excités car saint Nicolas va venir samedi leur rendre visite...

Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu que pour la Suisse romande avec 3° et un ciel nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: stratus au Nord des Alpes et dans la vallée du Rhône. Sommet de la couche entre 1000 et 1200 mètres. Bonne chance de dissipation en cours de journée dans la vallée du Rhône. Au-dessus et dans les Alpes, assez ensoleillé malgré des passages nuageux par moments. Température en plaine: minimum 3°, maximum 5° à 8°. Température à 2000 m: 0°. En montagne, vent de secteur sud faible...

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, restant dans la grisaille... Avec pour ce jour: en matinée, des averses localement orageuses se déclenchent près de la Méditerranée. Temps calme sur les autres régions, avec de nombreux nuages bas. Les gelées sont fréquentes sans être fortes dans le nord-est. Toujours quelques pluies au nord de la Bretagne. Dans l’après-midi, une perturbation remonte de la Méditerranée et donne des pluies de la Provence aux Alpes. Temps plus sec sur la moitié nord mais avec un ciel souvent gris. La fraîcheur persiste. En soirée, des pluies parfois orageuses se généralisent dans le sud-est. Un temps sec mais souvent couvert domine partout ailleurs. Dans la nuit, le temps est agité dans le sud-est avec des pluies parfois fortes. Des averses ont lieu sur l'Atlantique et en Manche. Conditions calmes partout ailleurs… 

 

Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé avec des températures de l'ordre de 28°; à l'île de la Réunion ce sera ensoleillé et variable avec des températures de l'ordre de 29°; à la Martinique ensoleillé, nuageux et pluvieux avec des températures de l'ordre de 32°; ensoleillé, voilé et variable avec des températures de l'ordre de 32° en Guadeloupe; ensoleillé, nuageux et pluvieux en Guyane française avec des températures de l'ordre de 33°; Polynésie française peu nuageux à nuageux, larges éclaircies; nuageux à très nuageux, prédominances de pluies faibles à modérées aux Marquises avec des températures de 28°; risques d'averses et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 6°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:51 et le coucher du Soleil se fera à 16:50 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu les... : Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1953: les maxima atteignait 15° à Bruges, 16.1° à Uccle et 16.6° à Rochefort
En 1933: les températures dégringolaient jusqu'à -7,6° à Ostende, -9,4° à Uccle et -12,6° à Rochefort
En 1917: il neigeait sur le pays, le tapis blanc atteignait 28 cm à Bokrijk, 40 cm au barrage de la Gileppe et 26 cm à Huy. 

 

C’est sa fête… Sainte Barbe vierge et martyre ( 235)

Ou Barbara, illustre martyre de Nicomédie dont le culte fut largement répandu dès le Ve siècle tant en Orient qu'en Occident.
Sa vie est surtout faite de traditions pour ne pas dire de légendes. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d'où l'origine de la dévotion populaire qui l'invoque contre les dangers d'une mort subite provoquée par le feu ou l'électricité. 

Selon une autre légende, Sainte Barbe aurait vécu au milieu du iiie siècle après Jésus Christ en Bithynie (en Turquie) sous le règne de l’empereur Maximien. Son père, Dioscore, aurait été un riche édile païen d'origine phénicienne. Un jour, son père décida de marier Sainte Barbe à un homme de son choix; elle refusa et décida de se consacrer au Christ. Pour la punir, son père l’enferma dans une tour à deux fenêtres, mais un prêtre chrétien, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa.

Au retour d’un voyage de son père, Barbe lui apprit qu’elle avait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour représenter la Sainte Trinité et qu’elle était chrétienne. Furieux, le père mit le feu à la tour. Barbe réussit à s’enfuir, mais un berger découvrit sa cachette et avertit son père. Ce dernier la traîna devant le gouverneur romain de la province, qui la condamna au supplice. Comme la jeune fille refusait d’abjurer sa foi, le gouverneur ordonna au père de trancher lui-même la tête de sa fille. Elle fut d'abord torturée : on lui brûla certaines parties du corps et on lui arracha les seins, mais elle refusa toujours d'abjurer sa foi. Dioscore la décapita mais fut aussitôt châtié par le Ciel. Il mourut frappé par la foudre.

Quand les chrétiens vinrent demander le corps de la jeune martyre, ne voulant pas utiliser son prénom perse et ne pouvant pas se dévoiler en utilisant son prénom de baptême chrétien, ils ne purent en parler que comme «la jeune femme barbare», d'où le nom de sainte Barbara qui lui fut donné.

Le père Rouillard, de Wisques a résumé ainsi sa biographie: Elle aimait Dieu, beaucoup et trouvait inutile de se marier. Son père déçu lui coupa la tête, mais tomba foudroyé. En Orient, on ne sait plus quand. Mais tout le monde sait que sainte Barbe, à cause de la foudre, est patronne des artilleurs, des artificiers, des mineurs et des carriers; et à cause de son nom, des brossiers, des chapeliers et des tapissiers. On l'invoque même en Haute-Saône pour avoir des enfants frisés…

Le culte de la sainte est ancien. Son intercession protégeait de la mort subite. Elle était aussi invoquée contre la foudre et, très tôt, elle fut prise comme patronne par les arquebusiers (c'est le cas, façon attestée, à Florence, dès 1529), puis par les canonniers, et par tous ceux qui 'jouent' avec le feu et les explosifs. Les artilleurs contemporains, de même que les artificiers, les mineurs, les sapeurs et les pompiers du Génie, n'ont fait que s'inscrire dans cette tradition. (Diocèse aux Armées françaises)

 

La France pittoresque 

Abstention: un âne blanc appelé Nul brigue les suffrages non exprimés.
Extraits de «La Feuille», n°9, 11 et 12 parus en 1898

Lors des élections législatives de 1898, le journaliste satirique Zo d’Axa -pseudonyme d’Alphonse Gallaud de La Pérouse et descendant de l’illustre navigateur- surnommé le «mousquetaire de l’anarchie», informe les lecteurs de son journal La Feuille, dont 25 numéros paraîtront entre octobre 1897 et mars 1899, qu’il a trouvé le candidat idéal à même de réconcilier les abstentionnistes avec le vote: un âne blanc appelé Nul. Le jour des élections, «la Bête qu’il faudrait à la Belle Démocratie» traverse Paris entourée de ses partisans, déclenchant une bagarre et entraînant l’intervention de la police
Ces élections sont pour Zo d’Axa l’occasion de consacrer trois numéros de sa Feuille à l’abstention et aux travers du système électoral, son âne offrant enfin la possibilité aux mécontents refusant d’ordinaire d’apporter leurs voix, «de voter blanc, de voter Nul, tout en se faisant entendre».

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Zo d’Axa, pseudonyme d’Alphonse Gallaup de La Pérouse

LE CANDIDAT DE LA FEUILLE (La Feuille n°9) Simples Réserves
J’avais toujours cru que l’abstention était le langage muet dont il convenait de se servir pour indiquer son mépris des lois et de leurs faiseurs. Voter, me disais-je, c’est se rendre complice. On prend sa part des décisions. On les ratifie d’avance. On est de la bande et du troupeau. Comment refuser de s’incliner devant la Chose légiférée si l’on accepte le principe de la loi brutale du nombre? En ne votant pas, au contraire, il semble parfaitement logique de ne se soumettre jamais, de résister, de vivre en révolte. On n’a pas signé au contrat. En ne votant pas, on reste soi. On vit en homme que nul Tartempion ne doit se vanter de représenter. On dédaigne Tartalacrème. Alors seulement on est souverain, puisqu’on n’a pas biffé son droit, puisqu’on n’a délégué personne. On est maître de sa pensée, conscient d’une action directe. On peut faire fi des parlottes. On évite cette idiotie de s’affirmer contre le parlementarisme et d’élire, au même instant, les membres du parlement.

Je me garderai d’insister. Dans le peuple même on perd la foi: les derniers électeurs ricanent. Le paysan renonce à implorer. L’ouvrier songe à d’autres moyens… Rien de bon n’est sorti de l’Urne. Jamais, pour cause de misère, il n’y eut autant de suicides. Qu’a-t-on fait contre le chômage? Que n’a-t-on pas fait contre la pensée? Lois d’exception, lois scélérates… Bientôt, plus que le suffrage, le dégoût sera universel. Je tiens pour prudent de décréter vite le fameux vote obligatoire. Sans cela, au vingtième siècle, je présume que les fonctionnaires seraient seuls en carte d’électeur. Voterait, par ordre, l’état-major. Voteraient aussi les magistrats, les recors [officier de justice] et les gens de police. L’Urne, dont rien n’est sorti de bon, serait la boîte à Pandore - le gendarme.
(...)

Le plus Digne
La conquête de quelques fiefs électoraux par tels ou tels chefs de partis serait d’ailleurs insuffisante pour modifier la situation. On rêve plutôt d’une sorte de boulangisme qui permettrait aux honnêtes gens de manifester à la fois, et sans la moindre ambiguïté, sur toute la surface du pays. On voudrait qu’un cri populaire résumât les aspirations, les colères, ou, tout au moins, les mépris d’une nation qu’on a trop bernée…

C’est pénétré de cette pensée que nous sommes allés, dans sa retraite, trouver un Maître auquel personne n’avait songé, un modeste dont personne pourtant ne niera la signification précise. Aujourd’hui, l’honneur m’échoit de présenter ce maître au peuple. On l’appelle Maître Aliboron. Ceci soit pris en bonne part. L’âne pour lequel je sollicite le suffrage de mes concitoyens est un compère des plus charmants, un âne loyal et bien ferré. Poil soyeux et fin jarret, belle voix.
Un âne, vous dis-je - quatre pattes et deux grandes oreilles. Un âne qui brait et doit penser, en voyant grouiller les bipèdes,

… les juges, les huissiers,
Les clercs, les procureurs, les sergens, les greffiers;
Ma foi, non plus que nous, l’homme n’est qu’une bête!
Un âne pas trop savant, un sage qui ne boit que de l’eau et reculerait devant un pot de vin. À cela près, le type accompli d’un député majoritard.
Votez pour Lui!

Je n’aime pas flagorner le peuple. Voilà le candidat qu’il mérite. À Rome, aux jours de la décadence, la plèbe acclamait un cheval consul. Le bourricot doit triompher en république opportuniste. N’ai-je pas parlé de boulangisme? En bien! oui, un boulangisme, mais sans général à panache, sans cheval hoir décoratif:
C’est un âne, un âne, un âne,
C’est un âne qu’il nous faut.

Et l’âne est prêt. Il va courir les réunions. On le verra dans les rues de Paris. Ses amis diront son programme, et les abstentionnistes eux-mêmes, pour une fois, s’en iront voter. C’est un âne blanc. Il se nomme Nul. Les bulletins blancs, les bulletins nuls, compteront enfin - et seront comptés… Tout à l’heure de grandes affiches inscriront sur les murailles le manifeste du candidat. Un comité se constitue: des écrivains, des artistes, quelques orateurs des clubs. De précieux concours sont acquis. Que les Philistins se méfient: L’Âne trotte vers le palais Bourbon.

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L’âne blanc Nul Votez pour Lui!!

Un régime s’enterre gaîment. Ce serait se tromper, en partie, que de croire à une plaisanterie, à quelque farce montmartroise. Réactionnaires, conservateurs, socialistes désabusés, tous les lassés de cette république constituent une majorité qui peut, en souriant, s’exprimer. Il faut voter pour l’âne Nul. Nous ne nous faisons pas d’illusion: on empêchera notre élu de joindre l’écurie du quai d’Orsay. On le persécutera peut-être. La fourrière l’attend sans doute. Mais nous verrons l’autorité dont jouira la nouvelle Chambre, quand, à l’orateur faisant des effets de tribune, quelqu’un des galeries criera: - Assez! Je demande la parole pour votre collègue l’Âne blanc.

Aux électeurs (La Feuille n°11)
Électeurs,

En me présentant à vos suffrages, je vous dois quelques mots. Les voici: De vieille famille française, j’ose le dire, je suis un âne de race, un âne dans le beau sens du mot - quatre pattes et du poil partout. Je m’appelle Nul, comme le sont mes concurrents les candidats. Je suis blanc, comme le sont nombre de bulletins qu’on s’obstinait à ne pas compter et qui, maintenant, me reviendront. Mon élection est assurée. Vous comprendrez que je parle franc.
Citoyens,
On vous trompe. On vous dit que la dernière Chambre composée d’imbéciles et de filous ne représentait pas la majorité des électeurs. C’est faux. Une chambre composée de députés jocrisses et de députés truqueurs représente, au contraire, à merveille les Électeurs que vous êtes. Ne protestez pas: une nation a les délégués qu’elle mérite.
Pourquoi les avez-vous nommés? Vous ne vous gênez pas, entre vous, pour convenir que plus ça change et plus c’est la même chose, que vos élus se moquent de vous et ne songent qu’à leurs intérêts, à la gloriole ou à l’argent.

Pourquoi les renommerez-vous demain? Vous savez très bien que tout un lot de ceux que vous enverrez siéger vendront leurs voix contre un chèque et feront le commerce des emplois, fonctions et bureaux de tabac. Mais pour qui les bureaux de tabac, les places, les sinécures si ce n’est pour les Comités d’électeurs que l’on paye ainsi? Les entraîneurs des Comités sont moins naïfs que le troupeau. La Chambre représente l’ensemble. Il faut des sots et des roublards, il faut un parlement de ganaches et de Robert Macaire pour personnifier à la fois tous les votards professionnels et les prolétaires déprimés. Et ça, c’est vous!

On vous trompe, bons électeurs, on vous berne, on vous flagorne quand on vous dit que vous êtes beaux, que vous êtes la justice, le droit, la souveraineté nationale, le peuple-roi, des hommes libres. On cueille vos votes et c’est tout. Vous n’êtes que des fruits… des Poires. On vous trompe encore. On vous dit que la France est toujours la France. Ce n’est pas vrai. La France perd, de jour en jour, toute signification dans le monde - toute signification libérale. Ce n’est plus le peuple hardi, coureur de risques, semeur d’idées, briseur de culte. C’est une Marianne agenouillée devant le trône des autocrates. C’est le caporalisme renaissant plus hypocrite qu’en Allemagne - une tonsure sous le képi.
On vous trompe, on vous trompe sans cesse. On vous parle de fraternité, et jamais la lutte pour le pain ne fut plus âpre et meurtrière. On vous parle de patriotisme, de patrimoine sacré - à vous qui ne possédez rien. On vous parle de probité; et ce sont des écumeurs de presse, des journalistes à tout faire, maîtres fourbes ou maîtres chanteurs, qui chantent l’honneur national. Les tenants de la République, les petits bourgeois, les petits seigneurs sont plus durs aux gueux que les maîtres des régimes anciens. On vit sous l’œil des contremaîtres.

Les ouvriers aveulis, les producteurs qui ne consomment pas, se contentent de ronger patiemment l’os sans moelle qu’on leur a jeté, l’os du suffrage universel. Et c’est pour des boniments, des discussions électorales qu’ils remuent encore la mâchoire - la mâchoire qui ne sait plus mordre. Quand parfois des enfants du peuple secouent leur torpeur, ils se trouvent, comme à Fourmies, en face de notre vaillante Armée… Et le raisonnement des Lebel leur met du plomb dans la tête. La Justice est égale pour tous. Les honorables chéquards du Panama roulent carrosse et ne connaissent pas le cabriolet. Mais les menottes serrent les poignets des vieux ouvriers que l’on arrête comme vagabonds!
L’ignominie de l’heure présente est telle qu’aucun candidat n’ose défendre cette Société. Les politiciens bourgeoisants, réactionnaires ou ralliés, masques ou faux-nez républicains, vous crient qu’en votant pour eux ça marchera mieux, ça marchera bien. Ceux qui vous ont déjà tout pris vous demandent encore quelque chose: Donnez vos voix, citoyens! Les mendigots, les candidats, les tire-laine, les soutire-voix, ont tous un moyen spécial de faire et refaire le Bien public. Écoutez les braves ouvriers, les médicastres du parti: ils veulent conquérir les pouvoirs… afin de les mieux supprimer. D’autres invoquent la Révolution, et ceux-là se trompent en vous trompant. Ce ne seront jamais des électeurs qui feront la Révolution. Le suffrage universel est créé précisément pour empêcher l’action virile. Charlot s’amuse à voter…

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L’âne blanc Nul

Et puis quand même quelque incident jetterait des hommes dans la rue, quand bien même, par un coup de force, une minorité ferait acte, qu’attendre ensuite et qu’espérer de la foule que nous voyons grouiller - la foule lâche et sans pensée. Allez! Allez, gens de la foule! Allez, électeurs! Aux urnes… Et ne vous plaignez plus. C’est assez. N’essayez pas d’apitoyer sur le sort que vous vous êtes fait. N’insultez pas, après coup, les Maîtres que vous vous donnez. Ces Maîtres vous valent, s’ils vous volent. Ils valent, sans doute, davantage; ils valent vingt-cinq francs par jour, sans compter les petits profits. Et c’est très bien: L’Électeur n’est qu’un Candidat raté.

Au peuple du bas de laine, petite épargne, petite espérance, petits commerçants rapaces, lourd populo domestiqué, il faut Parlement médiocre qui monnaie et qui synthétise toute la vilenie nationale. Votez, électeurs! Votez! Le Parlement émane de vous. Une chose est parce qu’elle doit être, parce qu’elle ne peut pas être autrement. Faites la Chambre à votre image. Le chien retourne à son vomissement - retournez à vos députés…

Chers électeurs,
Finissons-en. Votez pour eux. Votez pour moi. Je suis la Bête qu’il faudrait à la Belle Démocratie. Votez tous pour l’Âne blanc Nul, dont les ruades sont plus françaises que les braiments patriotards. Les rigolos, les faux bonshommes, le jeune parti de la vieille-garde: Vervoort, Millevoye, Drumont, Thiébaud, fleurs de fumier électoral, pousseront mieux sous mon crottin. Votez pour eux, votez pour moi!

Il est élu! (La Feuille n°12)
Bonnes Gens de la Ville, Électeurs,

Écoutez l’édifiante histoire d’un joli petit âne blanc, candidat dans la Capitale. Ce n’est pas conte de mère l’Oie, ni récit de Petit Journal. C’est une histoire véridique pour les vieux gosses qui votent encore: Un bourriquet, fils du pays de La Fontaine et de Rabelais, un âne si blanc que M. Vervoort en a mangé gloutonnement, briguait au jeu électoral un mandat de législateur.
Le jour des élections venu, ce bourriquet, candidat-type, répondant au nom clair de Nul, fit une manœuvre de la dernière heure. Par le chaud dimanche de mai où le peuple courait aux urnes, l’âne blanc, le candidat Nul, juché sur un char de triomphe et traîné par des électeurs, traversa Paris, sa bonne ville. D’aplomb sur pattes, oreilles au vent, émergeant, fier, du véhicule bariolé de ses manifestes - du véhicule à forme d’urne! la tête haute entre le verre d’eau et la sonnette présidentielle, il passa parmi des colères et des bravos et des lazzis… L’Âne vit Paris qui le regardait.

Paris! Le Paris qui vote, la cohue, le peuple souverain tous les quatre ans… Le peuple suffisamment nigaud pour croire que la souveraineté consiste à se nommer des maîtres. Comme parqués devant les mairies, c’était des troupeaux d’électeurs, des hébétés, des fétichistes qui tenaient le petit bulletin par lequel ils disent: J’abdique. Monsieur Un Tel les représentera. Il les représentera d’autant mieux qu’il ne représente aucune idée. Et ça ira! On fera des lois, on balancera des budgets. Les lois seront des chaînes de plus; les budgets, des impôts nouveaux…
Lentement, l’Âne parcourait les rues. Sur son passage, les murailles se couvraient d’affiches que placardaient des membres de son comité, tandis que d’autres distribuaient ses proclamations à la foule: «Réfléchissez, chers citoyens. Vous savez que vos élus vous trompent, vous ont trompés, vous tromperont - et pourtant vous allez voter… Votez donc pour moi! Nommez l’Âne!… On n’est pas plus bête que vous.» Cette franchise, un peu brutale, n’était pas du goût de tout le monde.- On nous insulte, hurlaient les uns.

- On ridiculise le suffrage universel, s’écriaient d’autres plus justement.
Quelqu’un tendit son poing vers l’âne, rageusement, et dit:
- Sale Juif!
Mais un rire fusait, sonore. On acclamait le candidat. Bravement l’électeur se moquait et de lui-même et de ses élus. Les chapeaux s’agitaient, les cannes. Des femmes ont jeté des fleurs… L’Âne passait. Il descendait du haut Montmartre, allant vers le Quartier Latin. Il traversa les grands boulevards, le Croissant où se cuisine, sans sel, l’ordinaire que vendent les gazettes, il vit les Halles où des meurt-de-faim, des hommes du Peuple-Souverain, glanent dans des tas de détritus; les Quais où des Électeurs élisent les ponts comme logis…

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Il est élu

Cœur et Cerveau!… C’était Paris. C’était ça la Démocratie! On est tous frères, vieux vagabonds! Plaignez le bourgeois! Il a la goutte… et c’est votre frère, gens sans pain, homme sans travail et mère lasse qui, ce soir, rentrerez chez vous pour mourir avec les petits… On est tous frères, jeune conscrit! C’est ton frère, l’officier, là-bas, corset de fille et front barré. Salue! Fixe! La main dans le rang… Le Code te guette - le Code militaire. Douze balles dans la peau pour un geste. C’est le tarif Républicain.

L’Âne arrivait devant le Sénat. Il longea le Palais d’où le poste sortit en bousculade; il suivit extérieurement, hélas! les jardins trop verts. Puis ce fut le boulevard Saint-Michel. À la terrasse des cafés, des jeunes gens battaient des mains. La foule sans cesse grossissante s’arrachait les proclamations. Des étudiants s’attelaient au char, un professeur poussait aux roues… Or, comme trois heures sonnaient, apparurent des gens de police. Depuis dix heures du matin, de poste en commissariat, le télégraphe et le téléphone signalaient le passage étrange de l’animal subversif. L’ordre d’amener était lancé: Arrêtez l’Âne! Et, maintenant, les sergents du guet barraient la route au candidat. Près de la place Saint-Michel, le fidèle comité de Nul fut sommé par la force armée de reconduire son client au plus proche commissariat. Naturellement le Comité passa outre - il passa la Seine. Et bientôt le char faisait halte devant le Palais de Justice.

Plus nombreux, les sergents de ville cernaient l’Âne blanc, impassible. Le Candidat était arrêté à la porte de ce Palais de Justice d’où les députés, les chéquards, tous les grands voleurs sortent libres. Parmi le flot populaire, le char avait des mouvements de roulis. Les agents, brigadier en tête, avaient saisi les brancards et s’étaient passé la bricole. Le Comité n’insistait plus: il harnachait les sergents de ville… Ainsi fut lâché l’âne blanc par ses plus chauds partisans. Tel un vulgaire politicien, l’animal avait mal tourné. La police le remorquait, l’Autorité guidait sa route… Dès cet instant, Nul n’était qu’un candidat officiel! Ses amis ne le connaissaient plus. La porte de la Préfecture ouvrait ses larges battants - et l’âne entra comme chez lui.

Aujourd’hui si nous en causons c’est pour faire remarquer au peuple, peuple de Paris et des Campagnes, ouvriers, paysans, bourgeois, fiers Citoyens, chers Seigneurs, c’est pour faire assavoir à tous que l’âne blanc Nul est élu. Il est élu à Paris. Il est élu en Province. Additionnez les bulletins blancs et comptez les bulletins nuls, ajoutez-y les abstentions, voix et silences qui normalement se réunissent pour signifier ou le dégoût ou le mépris. Un peu de statistique s’il vous plaît, et vous constaterez facilement que, dans toutes les circonscriptions, le monsieur proclamé frauduleusement député n’a pas le quart des suffrages. De là, pour les besoins de la cause, cette locution imbécile: Majorité relative - autant vaudrait dire que, la nuit, il fait jour relativement.

Aussi bien l’incohérent, le brutal Suffrage Universel qui ne repose que sur le nombre - et n’a pas même pour lui le nombre - périra dans le ridicule. À propos des élections de France, les gazettes du monde entier ont, sans malice, rapproché les deux faits notoires de la journée: «Dès le matin, vers neuf heures, M. Félix Faure allait voter. Dans l’après-midi, à trois heures, l’Âne blanc était arrêté.» J’ai lu ça dans trois cents journaux. L’Argus et le Courrier de la Presse m’ont encombré de leurs coupures. Il y en avait en anglais, en valaque, en espagnol; toujours pourtant je comprenais. - Chaque fois que je lisais Félix, j’étais sûr qu’on parlait de l’âne.

A noter:
Dans l’Anthologie de La Feuille, parue en 1900 sous le titre Les Feuilles, l’éditeur ajoute ici une note: «Durant la période électorale l’affiche-programme fut réellement placardée sur les murailles, et le jour du scrutin le candidat satirique traversa réellement Paris, de Montmartre au quartier Latin, fendant la foule enthousiaste ou scandalisée qui manifestait bruyamment. Boulevard du Palais, l’âne fut dûment appréhendé par la police qui se mit en devoir de traîner son char pour le conduire en fourrière, et s’il n’y eut alors bagarre entre les partisans de l’Âne et les représentants de l’Ordre c’est bien, ainsi que le contèrent les journaux de l’époque, grâce au rédacteur de la Feuille qui s’écria: - N’insistons pas, c’est maintenant un candidat officiel!»

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Arlequin: valet balourd, poltron et gourmand?

Arlequin est le nom d’un personnage comique qui, de la scène italienne, s’est naturalisé sur tous les théâtres de l’Europe. Ce personnage, le plus ancien que l’on connaisse, et dont le costume et les habitudes se sont conservés presque sans altération durant plusieurs siècles, descend évidemment de l’antiquité païenne.
On retrouve en lui le caractère des satyres, moins les cornes et les pieds fourchus. Son masque, sa ceinture, son habit collant, qui le faisait paraître presque nu, son allure vive et maligne, son style, ses pointes, ses lazzis, le son de sa voix, tout cela reproduisait une espèce de satyre.

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L’arlequin tenait du singe et du chat, comme le satyre ressemblait au bouc: c’était toujours l’homme changé en bête. Chez les païens les satyres jouaient, dit-on, avec les dieux, avec les héros. Notre arlequin figurait grotesquement «après des héros, et se travestissait en héros ridicule. Ce personnage offrait d’autres traces de son antique origine: il rappelait les mimes de la comédie latine, qui finit avec l’empire romain, et des débris de laquelle s’était formée la comédie italienne.

L’habit d’arlequin, étriqué, écourté, composé de petits morceaux de drap triangulaires de diverses couleurs; ses souliers sans talons, représentaient les mimi centunculo (mimes en guenilles) dont parle Apulée, et les planipede» (les pieds-plats) de Diomède. Sa tête rasée, le petit chapeau qui la couvrait à peine, retraçaient les sanniones rasis capitibus (bouffons à tête rasée) de Vossius. Son masque noir avait remplacé la suie dont les anciens mimes se barbouillaient la figure. Son costume, uniforme en tout temps, en tous lieux, non sujet aux caprices de la mode, parce qu’il n’avait appartenu spécialement à aucun peuple, il pouvait donc être que celui d’un mime latin; et si, comme le dit Marmontel, un esclave noir a été le premier modèle d’arlequin, c’est parce qu’il a d’abord servi de type au même latin.
Cette opinion, loin de contester la double origine attribuée au mime arlequin, la prouve en la conciliant. Ne sait-on pas, en effet, que les singes ont donné lieu à la fable des satyres, et que les peuples noirs de l’Afrique, longtemps confondus avec les singes, sont encore aujourd’hui regardés comme une race de brutes par les classes ignobles et par les hommes imbus de préjugés mercantiles?

Il n’est pas aussi facile d’expliquer l’étymologie du nom d’Arlequin que l’origine du personnage. On a prétendu que dans une troupe de comédiens italiens venus en France, vers 1560, se trouvait un jeune acteur, qui, parce qu’il était admis dans une maison du président de Harlay, fut appelé par ses camarades Harlecchino (le petit Harlay), suivant l’usage des Italiens, qui donnent aux valets le nom de leurs maîtres, et aux clients celui de leurs patrons. Mais est-il probable qu’à cette époque, où les préjugés religieux étaient si puissants, l’austère gravité d’Achille de Harlay ait pu déroger jusqu’à faire d’un comédien la société d’un magistrat`? L’appellation d’arlequin d’ailleurs était déjà connue. On la trouve dans une lettre de Raulin, imprimée en 1521, et dans d’autres écrits antérieurs au règne de Henri III.

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Jean-Antoine Watteau - Empereur dans la lune

Le nom de zanni, que les Italiens ont donné à l’arlequin et au scapin, dérive bien évidemment des mots latins sannio, sanniones (railleurs, bouffons), déjà cités, et de sannae (railleries). Micali, dans son Histoire d’Italie avant la domination romaine, fait même descendre les zanni du macco et du bucco, qui figurent dans les fables atellanes des Étrusques. Mais, sans leur attribuer une origine aussi ancienne, peut-on méconnaître l’arlequin dans le sannio de Cicéron, lequel, de la bouche, du visage, des gestes, de la voix et des mouvements du corps, excitait le rire?

Le caractère de ce personnage est donc celui du mime latin. Si Arlequin affecte plus particulièrement le patois de Bergame, comme Pantalon celui de Venise, comme Scapin celui de Naples, ce n’est plus seulement en vue d’un accent plus comique, mais en opposition à la populace de Bergame, qui, dit-on, se composait généralement de fripons et de sots; car la comédie italienne s’est plutôt attachée à jouer les ridicules nationaux que les ridicules personnels.

Rien de plus varié, rien de plus plaisant au théâtre que le personnage d’Arlequin: les Italiens n’en avaient fait d’abord qu’un valet balourd, poltron et gourmand: tel est encore le Hans-Wurst de la comédie allemande; mais le cercle de son domaine s’agrandit bientôt considérablement en France: il devint un mélange d’ignorance, d’esprit et de naïveté, de ruse et de bêtise, de grâce et de bouffonnerie; c’était un homme ébauché, un grand enfant qui avait des lueurs d’intelligence et de raison, qui s’affligeait et se consolait pour une bagatelle, qui amusait par ses méprises et sa maladresse, qui faisait rire par sa douleur comme par sa joie. Arlequin fut sur la scène ce que les bouffons étaient à la cour des rois, disant plaisamment de piquantes vérités et humiliant l’orgueil des grands; il fit pour le théâtre ce que Lucien et Swift avaient fait dans leurs écrits. Comme eux il saisit et stigmatisa les ridicules. Le vrai modèle du personnage d’Arlequin, c’était la gentillesse et l’agilité d’un jeune chat, sous une écorce de grossièreté plaisante.

Parmi les arlequins célèbres, nous citerons Cechini, dit Frattelino, qui fut anobli par l’empereur Mathias, et écrivit un traité sur la comédie; Zaccagnino et Trufaldino, qui fermèrent la porte aux bons arlequins en Italie, vers 1680; et en France, Locatelli, Dominique Biancolelli, appelé de Vienne à Paris par le cardinal Mazarin; Gherardi, qui publia un Recueil de pièces du théâtre italien; un autre Biancolelli, fils du célèbre Dominique; le Bicheur, qui était, en même temps, peintre; Vizentini, dit Thomassin; Bertinazzi, dit Carlin, ancien maître d’armes, le plus parfait des arlequins; Coraly; Marignan; Dancourt, auteur de quelques pièces de théâtre, ami de Favart, et qui mourut aux Incurables; Lazzari; Laporte, du Vaudeville; Foignet, qui était en même temps compositeur dramatique. Deux hommes qui se sont fait un nom dans les lettres, Florian et Coupigny, jouèrent quelquefois ce rôle en amateurs. Presque tous ces noms auront des articles dans notre ouvrage.

Arlequin ne figure plus en France, pas même dans les mascarades politiques. Son règne est passé, comme celui de tant d’autres. Son costume exige trop d’esprit et de grâce pour qu’un homme judicieux ose l’endosser dans la haute société sans craindre de s’exposer au ridicule.
Le nom d’arlequin s’emploie proverbialement, et devient alors synonyme de Protée. On dit d’un homme qui prend toutes les formes, tous les masques, pour amuser ou pour tromper: C’est un arlequin. De ce nom est venu le mot arlequinade.

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4 décembre 1872: Rencontre avec le navire-fantôme Mary Celeste au milieu de l'Atlantique. Ce navire sans équipage, fendant les flots toutes voiles dehors, est un des plus grands mystères du siècle dernier.

Le 4 décembre 1872, le Dei Gratia, commandé par le capitaine David Reed Morehouse, fend joyeusement les flots de l'Atlantique. Ce brigantin canadien a quitté New York quelques jours plus tôt pour l'Europe. Vers 13 heures, l'homme de barre John Johnson voit apparaître à l'horizon un brick-goélette à la course erratique. Les voiles sont mal bordées, l'une claque dans le vent. Bizarre. La patronne des Verts, Emmanuelle Cosse, serait-elle à la barre?

Johnson appelle le second maître John Wright, puis le capitaine Morehouse qui braque sa lunette sur le brigantin. Il le reconnaît. C'est le Mary Celeste, parti une semaine avant le Dei Gratia de New York, commandé par son ami Benjamin Spooner Briggs. "Je ne vois pas d'homme à la barre!" s'exclame-t-il, stupéfait, avant de donner ordre de mettre le cap sur lui. À 15 heures, le Dei Gratia est à moins de 400 mètres du mystérieux navire. Tous les marins le scrutent, rien ne bouge à bord. Morehouse le hèle à plusieurs reprises. Aucune réponse. Un frisson passe dans le dos de tous les hommes. Finalement, le capitaine décide d'envoyer un canot avec Johnson, Wright et un troisième marin nommé Oliver Deveau. Wright et Deveau montent à bord. Personne ne vient à leur rencontre. C'est aussi désert qu'un congrès de l'UDI ...

Rien ne manque, sauf l'équipage… Durant une heure, les deux marins explorent le Mary Celeste de la poupe à la proue. Il est vide de toute présence humaine. Les voiles sont mal bordées, les gréements emmêlés, la drisse de la grand-voile est coupée, la barre à roue tourne dans le vide, l'habitacle de cette dernière gît, brisé à terre, la trappe principale menant à la cale est bien en place, mais certains panneaux d'écoutille gisent, démontés. Il y a trente centimètres d'eau dans la cuisine, six mois de provisions dans le magasin, dont une partie est gâtée, et de l'eau potable en quantité. Bref, rien ne manque à bord, sauf l'équipage. Qu'est-il devenu? Aucun indice ne l'indique. Le Mary Celeste n'est pas sur le point de couler, il reste parfaitement manœuvrable. Il n'y a donc aucune raison apparente pour l'avoir abandonné. Le mystère est complet. Dans la cabine du capitaine, Oliver Deveau trouve le journal de bord. La dernière entrée date du lundi 25 novembre: "À cinq heures, l'île de St Mary à l'ESE." C'est l'île Santa Maria des Açores.

En fouillant bien, les deux hommes constatent encore qu'il manque plusieurs instruments de navigation: le chronomètre, le sextant, ainsi que le contrat de transport maritime, le livre de navigation et une petite yole. L'équipage l'a-t-il empruntée pour s'enfuir? Mais pour fuir quoi? Qu'est-ce qui a pu conduire un capitaine et ses hommes à abandonner le Mary Celeste, apparemment en parfait état de naviguer? Quelle raison peut bien expliquer ce geste désespéré pris normalement en dernier ressort, avant un naufrage? Le capitaine Morehouse et son équipage s'interrogent longuement sans trouver de réponse. Finalement, ils décident de piloter le voilier fantôme jusqu'à Gibraltar pour réclamer la part de marchandise due aux découvreurs d'une épave en mer. Les cales du Mary Celeste sont remplies de tonneaux d'alcool!

Navire maudit… L'enquête ultérieure permettra d'en savoir un peu plus sur le brigantin et son équipage. Construit en 1860 en Nouvelle-Écosse, il entame sa carrière maritime sous le nom d'Amazon. Dès ses premiers milles en mer, il semble maudit. Son premier capitaine meurt immédiatement, puis il enchaîne les propriétaires qui font faillite les uns après les autres. Aucun n'oubliant de partir avec sa retraite-chapeau... En octobre 1872, le navire a changé de nom. Il s'appelle désormais le Mary Celeste et se trouve à New York, amarré au quai 44. Son nouveau capitaine Benjamin Spooner Briggs est un sévère puritain anglais de 37 ans, copropriétaire du bateau. Albert Richardson en est le premier maître. Un marin, probablement d'origine danoise, Andrew Gilling, est le second maître. Aucune raison de douter de sa compétence. Les cinq autres membres d'équipage, hormis le cuisinier, sont allemands. Le capitaine Briggs est accompagné de son épouse, Sarah, et de sa fille, Sophia Matilda, âgée de deux ans.

Quand, le 5 novembre, le Mary Celeste s'élance pour rallier Gênes, en Italie, il transporte dans ses cales 1701 tonneaux d'alcool dénaturé, donc non buvable. La tempête souffle sur l'Atlantique, obligeant le navire à patienter deux jours au large de New York avant de vraiment entamer sa traversée. Le livre de bord ne signale rien de spécial durant les trois premières semaines. Que se passe-t-il donc le 26 novembre pour que les marins se volatilisent? Des dizaines d'hypothèses seront envisagées. Les unes plus folles que les autres.

Séisme, pieuvre géante et champignons hallucinogènes… Une première théorie accuse l'équipage de s'être enivré avec l'alcool transporté avant d'assassiner le capitaine et sa famille et de s'enfuir à bord de la yole. Impossible! L'alcool était dénaturé et donc rendu inconsommable. Deuxième théorie: les deux capitaines du Mary Celeste et du Dei Gratia sont de mèche depuis le départ de New York pour réclamer la récompense due à celui qui trouve une épave. Briggs aurait donc tué son équipage, avant d'être recueilli par Morehouse, qui l'aurait débarqué à Gibraltar. Reste qu'en tant que copropriétaire de la cargaison Briggs avait plus à perdre qu'à gagner dans cette combine.

Troisième théorie: Morehouse et l'équipage du Dei Gratia ont pris d'assaut le Mary Celeste, massacré tout l'équipage. Quatrième théorie: le Mary Celeste a heurté le trimaran de Kersauson lors d'une tentative de record du monde. De rage, l'amiral et son équipage ont jeté à l'eau Briggs et son équipage. Cinquième théorie: le deux-mâts a été attaqué par une pieuvre géante et affamée. Sixième théorie, on ne pouvait y échapper: l'équipage est enlevé par une soucoupe volante. Septième théorie: l'eau ou la nourriture est contaminée par un champignon hallucinogène ayant conduit l'équipage à sauter à l'eau. Huitième hypothèse: l'internaute Orbal qui n'aime pas nos "blagues Carambar" a voulu piéger notre histoire... Neuvième théorie: une tornade a emporté tout le monde, présent sur le pont. Dixième théorie: un séisme sous-marin a généré une vague géante qui a balayé le pont du brigantin. Et ainsi de suite...

Peur d'une méga-explosion… Finalement, l'hypothèse la plus crédible est celle d'un équipage fuyant en quatrième vitesse un danger. Les hommes n'auraient eu le temps que d'emporter quelques instruments avant de s'entasser à bord du petit canot de sauvetage. Un coup de vent aurait précipité tout le monde à l'eau, et ils se seraient noyés. Mais quel danger? Pour James Winchester, copropriétaire du Mary Celeste, le plus probable est la peur d'une explosion de l'alcool transporté. De la vapeur d'alcool aurait pu s'échapper des tonneaux et prendre feu avec des étincelles produites par le frottement des bandes métalliques cerclant les tonneaux. Par peur d'une méga-explosion qui n'est jamais venue, le capitaine aurait pu ordonner l'abandon du navire.

Après une enquête à Gibraltar, les sauveteurs du Dei Gratia reçoivent un sixième de la valeur assurée du navire et de sa cargaison, soit 7700 dollars de l'époque (environ 120 000 dollars actuels). Le Mary Celeste est rapatrié à Boston par ses propriétaires. Mais la poisse n'en a pas fini avec le brigantin. Le père de l'un des propriétaires se noie lorsqu'il est à bord. Du coup, le navire maudit est vendu. Au cours des treize années suivantes, il change dix-sept fois de mains. Le dernier propriétaire du Mary Celeste est un certain capitaine Parker, un escroc à l'assurance. Le 3 janvier 1885, il jette délibérément le navire sur des récifs près d'Haïti et tente de mettre le feu à l'épave, sans y parvenir. On ne trouve nulle trace à bord des 975 tonneaux de harengs qu'il avait déclarés. L'épave finit par couler.

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Le "Mary Celeste" et son capitaine, Benjamin Spooner Briggs. © DR


© Le Point - Publié le 04/12/2012 à 00:00 - Modifié le 04/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du quatre décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/04/28580789.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, pour le Charlie de service d'être papa ne pose aucun problème, ce qui est un bien pour une fois, une qualité de temps en temps ne lui fait pas de mal...

 

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Ben pour la zique de ce jeudi, on va s’écouter les BeeGees en concert en Australie… Des souvenirs d’un temps révolu hélas avec de belles mélodies… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=p_SOJauGVeI

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Le ministre du Québec Jean Charest, l'ancien chef de L'ADQ, Mario Dumont et Le chef du PQ, Pauline Marois survolent le Québec dans un jet.
Dumont se tourne vers Charest et dit en faisant son frais:
- Tu sais, je pourrais jeter un billet de 100$ par la fenêtre et rendre quelqu'un très heureux.
Charest lui réplique:
-Hé bien, je pourrais jeter 10 billets de 10$ par la fenêtre et rendre 10 personnes heureuses.
Pour ne pas être en reste, Pauline:
- Je pourrais jeter 100 billets de 1$ par la fenêtre et faire 100 heureux.

Le pilote soupire et dit à son co-pilote:
- Non, mais t'entends pas cette bande d'arrogants à l'arrière. Ils ne se rendent pas compte que je pourrais jeter trois trous du cul par la fenêtre et rendre des millions de gens heureux!!

390

Un homme arrive au Paradis, affligé d'un terrible rhume de cerveau. Saint Pierre prévient ainsi les élus qui occupent la place de longue date:
- Ce n'est pas la peine de déranger le Patron cinquante fois par jour. A chaque fois que ce nouveau venu éternue, ne lui dites pas: "Dieu vous bénisse" mais simplement "A vos souhaits". 

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Une femme demande une aide sociale.
- Mon mari m'a abandonnée il y a dix ans!
L'assistante sociale lui demande:
- Alors, ces quatre petits enfants de moins de dix ans ne sont pas de lui?
- Si, vous comprenez, quand il est bourré, il revient de temps en temps pour s'excuser! 

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Un adepte des safaris africains a été fait prisonnier par une tribu de cannibales qui l'emmènent jusqu'à la case de leur chef.
- Je ne vais pas le manger, déclare celui-ci.
- Ouf! soupire le chasseur. Mais il déchante vite quand le roi des anthropophages ajoute, à l'intention d'un de ses guerriers:
- Donne-lui un bon coup de sagaie dans le ventre. Il va me faire mon apéritif. 

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Un homme est sur un terrain de golf. Il en est au 17ème trou. En arrivant près de sa balle, il aperçoit une grenouille et soudain, la grenouille lui parle! Elle lui dit:
- Prend un fer numéro 2 pour ce trou. L'homme répond:
- Un fer numéro 2! Jamais je ne pourrai faire ce trou avec un fer 2.
- Crois-moi répond la grenouille.
Alors l'homme prend son fer numéro 2, il swingue... et la balle vient s'arrêter à quelques centimètres du trou.
L'homme n'a plus qu'à putter pour conclure le 17ème trou en deux coups alors que c'était un par 4.
Du coup, l'homme s'en va chercher sa grenouille qui parle (une grenouille qui parle, c'est trop cool), et il l'emmène au 18ème trou. La grenouille lui dit alors:
- Prends un fer numéro 7
Le gars trouve ça un peu débile, mais il s'exécute: Et paf! Il fait un birdy au 18ème trou!
Après le golf, le gars ne dit rien à personne, il embarque sa grenouille et va au casino. Il se poste à la Roulette, et là la grenouille lui dit:
- Mets tout ce que tu as sur le 17
Le gars mets 1000 F sur le 17... et le 17 sort.
Voilà notre gars qui récolte 17 fois sa mise!. A ce moment-là, il se dit qu'il ne veut plus avoir d'émotions pour cette journée et il décide de rentrer à l'hôtel (naturellement en emmenant sa grenouille). Dans la chambre, il place la grenouille sur le lit et dit:
"Je vais appeler le room service et demander des mouches pour toi. Quel genre de mouches veux-tu? Je veux exaucer tous tes désirs"
La grenouille lui répond:
- Dans ce cas, avant de me commander des mouches, il faut que tu me donnes un baiser"
- Un baiser?!" Dit le gars un peu dégoûté.
Bon d'accord, c'est bien le moins que je puisse faire pour toi!
Alors le gars se lève et embrasse la grenouille... et d'un seul coup, la grenouille se transforme en une magnifique jeune fille d'à peine 15 ans!
- Votre honneur, je jure que c'est de cette façon que cette fille a atterri dans ma chambre d'hôtel! 

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David contemple la vitrine d'un traiteur, et particulièrement le rayon charcuterie, jambon, pâtés et autres.
Il est sur le point d’entrer quand retentit un terrible coup de tonnerre.
David s'éloigne en courant et, s'adressant au ciel:
- Ben quoi, on peut plus se renseigner?

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C'est jeudi... dès le réveil, le quatrième jour de la semaine est en route avec son stress quotidien, la routine quoi... Après le petit déjeuner qui se résume au café, le travailleur fonce dans le brouillard vers son destin du jour, excitation, crainte, peur pour beaucoup de l'humeur massacrante de certains chefaillons qui profitent souvent de la situation... Cependant, beaucoup d'autres travaillent dans la bonne humeur et le rendement s'en ressent... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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03 décembre 2014

Éphéméride du trois décembre

 

«À la Saint-Xavier, il est temps de lâcher le clavier et de cueillir les fruits sur l'olivier.»

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«Les hommes, c'est le mois d'avril quand ils vont à la veillée, et le mois de décembre quand ils sont mariés.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; on est au milieu de la semaine, c'est mercredi, le temps est toujours gris, les températures se rafraîchissent et par endroit les flocons sont annoncés, l'hiver s'en vient doucement, mais sûrement... Bon sang mais c'est dans vingt jours qu'il fera officiellement son entrée... Les gosses ouvrent toujours les fenêtres du calendrier de l'Avent à la recherche de la gourmandise-cadeau... J'en connais même qui ont déjà quelques plus d'une semaine d'avance... Mais pour tout le monde Noël arrivera le 25 décembre...

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu que pour la Suisse romande avec 2° et un ciel nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: temps couvert en dessous de 1800m environ le matin, 1300m en fin de journée. Au-dessus de cette grisaille, ciel d'abord assez nuageux le matin, devenant assez ensoleillé au fil des heures. Température en plaine: minimum 3°, maximum 6° à 8°. Température à 2000 m: passant de 0° à +2° en cours de journée. En montagne, vent faible, de tendance Sud-Est. Sur le Plateau, tendance à la bise...

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, restant dans la grisaille... Avec pour ce jour: en matinée, temps calme sur le nord avec même quelques flocons, les visibilités sont parfois réduites sous les nuages bas. Plus nuageux vers le sud, avec déjà un temps instable en Corse. Dans l’après-midi, les fortes pluies concernent le sud-est du pays, entre côte d'azur et Corse. Ailleurs le temps est plus calme avec des températures parfois fraîches. En soir, toujours ces fortes pluies dans le sud-est alors que le temps reste calme et frais ailleurs. Dans la nuit, les fortes pluies orageuses restent d'actualité dans le sud du pays, alors que le calme est présent sur les autres régions… 

 

Pour l'Outre-mer: à Mayotte variable et ciel couvert avec des températures de l'ordre de 28°; à l'île de la Réunion ce sera ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 30°; à la Martinique ensoleillé et nuageux avec des températures de l'ordre de 30°; ensoleillé, voilé et variable avec des températures de l'ordre de 32° en Guadeloupe; ensoleillé et nuageux en Guyane française avec des températures de l'ordre de 33°; Polynésie française ciel couvert; peu nuageux à nuageux, larges éclaircies aux Marquises avec des températures de 30°; nuageux et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 4°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:50 et le coucher du Soleil se fera à 16:50 et le jour est plus court de 2 minutes...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu... : 
Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1973: la température minimale sous abri descendait jusqu'à -16,4° à Virton
En 1953: à Virton, le mercure grimpait jusqu'à 18°

 

Les journées mondiales et internationales

Le trois décembre c’est la Journée Internationale des personnes handicapées
http://www.journee-mondiale.com/158/journee-internationale-des-personnes-handicapees.htm

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Le trois décembre c’est la Journée nationale du cinéma indépendant
http://www.journee-mondiale.com/157/journee-nationale-du-cinema-independant.htm

 cinema-independant

 

La France pittoresque

La légende de saint Brandan
D’après «Le Magasin pittoresque», paru en 1878

Saint Brandan ou Brendan est le saint par excellence des vieux navigateurs bretons. Ses voyages sur l’océan Atlantique datent du sixième siècle. Il était né en Irlande vers la fin du cinquième siècle, et mourut le 16 mai 578.
Après avoir passé plusieurs années dans l’abbaye de Llan-Cawen, il avait fondé le monastère d’Allich en Angleterre, bâti une église dans les îles Shetland, établi plusieurs couvents et plusieurs écoles dans sa patrie, et contribué ainsi à la civilisation de l’Irlande. La relation des voyages de ce saint se trouve dans un recueil manuscrit de la Bibliothèque de Nuremberg, contenant les voyages de Marc-Paul et de quelques autres personnages.

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Un Épisode de la légende de saint Brandan. Dessin d’Édouard Garnier, d’après une estampe de 1621.

Sigebert de Gembloux, qui vivait au onzième siècle, peut être considéré comme le premier biographe qui nous ait transmis la tradition de saint Brandan, non pas dans son originalité primitive assurément, mais dégagée déjà de ce qu’y avaient ajouté de trop merveilleux les imaginations populaires. Au sixième siècle, en ce temps de confusion et de combats interminables, un moine nommé Térébinthe avait quitté l’Irlande pour chercher sur le vaste océan l’île des Saintes-Délices, où régnait une paix éternelle. Saint Brandan fut pris du désir de suivre son exemple, et d’atteindre comme lui la terre de la promission des saints, ou l’île des Bienheureux.
Pour accomplir ce voyage aventureux, il fit construire trois esquifs d’osier revêtus extérieurement par des cuirs de bœuf solidement façonnés, en ayant soin que ces carènes légères fassent à l’abri de l’humidité des flots, grâce à l’emploi du brai, du goudron, du suif même. Quelque fragiles que fussent de pareilles embarcations en apparence, elles ne l’étaient pas plus que celles dont on se servait fréquemment alors chez les Scandinaves et qui portèrent plus tard sur l’océan les fameux «rois de la mer.»

Dix-sept religieux composaient l’équipage de cette flottille pacifique, et parmi eux était le grand Maclovius dont la tradition a fait plus tard saint Maclou ou, si on le préfère, saint Malo. Si nous suivons l’itinéraire quelque peu fantastique de la légende, nous voyons que le saint irlandais se dirige d’abord vers le tropique. Au bout de quarante jours, il atteint une île escarpée qu’arrosent de frais ruisseaux, et où le pieux équipage se met en devoir de renouveler ses provisions.

Brandan n’y fait qu’un bien rapide séjour, car il repart dès le lendemain, non sans avoir glorifié hautement le Seigneur qui avait ainsi pourvu à tous ses besoins. Dans une autre île placée à peu près à la même hauteur, le paysage n’est pas moins beau que dans la première île; d’innombrables troupeaux de brebis grosses comme des génisses errent sans maîtres dans de charmants pâturages. On est au samedi saint; le jour solennel de Pâques devra être célébré; l’agneau sans tache est choisi par les moines dans ce troupeau divin, et l’on se remet joyeusement en mer.
Il faut gagner un îlot voisin, où le festin pascal aura lieu; or, on trouve une petite île nue et qui ne présente aucune plage sablonneuse. Saint Brandan, qui persiste dans le jeûne, reste dans son esquif en prière: on sent, en lisant le vieux poème, qu’il a le pressentiment qu’un grand événement va bientôt avoir lieu en sa présence.

La scène capitale de l’antique légende se passe devant l’archipel des Canaries. La petite île aride, que baignent des flots paisibles, est le théâtre d’une solennité mystérieuse dont Brandan a ordonné les apprêts, mais dont il reste seulement spectateur avec son compagnon saint Maclou. Le Christ est descendu des cieux; sa face divine n’est visible que pour les yeux éblouis des deux saints.
Un religieux bénédictin célèbre la messe; les hôtes de l’océan sont accourus, les oiseaux du ciel ont jeté leur cri dans l’espace quelques minutes après l’accomplissement du saint sacrifice: l’apprêt du festin pascal va commencer. A la place où était l’autel, un feu ardent est allumé, les vases d’airain ont reçu l’agneau; mais, ô prodige! Voilà l’île, jusqu’à ce moment immobile, qui tout à coup devient frémissante; elle plonge, les flots la recouvrent; les moines se hâtent de remonter dans leurs esquifs. Le festin est ajourné.

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Voyage de Saint Brendan (manuscrit allemand du XVe siècle)

N’allez pas croire, lecteur, que ce monstre marin, si docile jusqu’à la fin de la messe, soit précisément une baleine franche, ainsi que nous l’affirme Fr. Don Honoré Philopone, et comme l’appelle également un savant du dix-septième siècle: c’est un jaconius. Ce miracle, d’ailleurs, n’est pas plus grand, dit Philoponus, que celui dont furent témoins les habitants de la Misnie, lorsque saint Benoni, se trouvant incommodé par le coassement des grenouilles qui le fatiguaient durant le service divin, fut obéi par ces bestioles auxquelles il ordonna impérieusement de se taire. Sur ce point, notre moine bénédictin est certainement plus hardi que les bollandistes, qui restent pleins de révérence pour la mémoire du saint mais qui ne sauraient admettre son miracle.

Le voyage continue et les merveilles se renouvellent. Il n’est pas nécessaire de les examiner longtemps pour reconnaître que la légende a été composée certainement par un habitué des cloîtres; le caractère en est essentiellement moral et religieux, mais il est surtout monacal. L’homme de Dieu, saint Brandan, semble partout revêtu d’une autorité prophétique à laquelle se soumettent ses compagnons sans laisser échapper le moindre murmure. Les grandes fêtes de l’Église sont signalées dans ces récits étranges par la citation de certains textes dont la connaissance appartient seule aux religieux.

La poésie à coup sûr n’y fait point défaut, et le monde dantesque des légendes de saint Patrice y apparaît parfois dans sa magnificence ou dans sa sombre horreur. Tantôt c’est une sagette ardente qui traverse l’espace pour illuminer splendidement une église, en allumant les cierges et les lampes des autels; tantôt c’est un mort gigantesque qui sort de sa tombe pour raconter aux moines son histoire émouvante, et pour mourir de nouveau; puis c’est le jaconius qui apparaît encore pour nourrir de ses monceaux de chair les voyageurs défaillants. Une autre fois, l’un de ces moines matelots s’est emparé d’un frein d’argent dans une demeure enchantée; il se repent sans aucun doute de ce léger larcin, mais il doit mourir pour effacer sa faute et pour entrer en paradis.

La description de l’île aux Oiseaux chantant des hymnes est d’un caractère bien différent et repose la pensée par les joies de l’espérance, mais elle ne sort pas non plus du sentiment monacal qui a imaginé les premières pages. L’épisode le plus remarquable de cette espèce de poème est peut-être celui qui rappelle l’apparition du traître Judas, vêtu d’une sorte de linceul et se dressant sur un grand rocher isolé. Sous le double poids de son crime et de son repentir, il lève les mains au ciel devant les pieux voyageurs, et il leur rappelle d’une voix tremblante ce que la miséricorde divine a encore fait pour lui. Tous les dimanches et lors des fêtes solennelles reconnues par l’Église, à Pâques surtout, ses tourments corporels cessent.

Grâce à un apaisement divin, il lui semble pour quelques heures qu’il est dans un lieu de délices; et s’il a le poignant souvenir de celui qu’il a trahi, il reconnaît aussi sa pitié qui restera éternelle et qui n’a point de bornes. Fort d’un droit qu’il tient du ciel (il est déjà considéré comme un saint), Brandan ne craint pas de combattre Satan, et lui ordonne de suspendre le supplice infligé à Judas! C’est le Christ qui parle par sa bouche: le prince des ténèbres obéit et rentre dans l’abîme.

Article copié sur "La France pittoresque"

 

Préjugés d’autrefois: l’ourse et ses petits, longévité du cerf, corne de licorne
D’après «Le Magasin pittoresque», paru en 1842

L’ourse et ses petits
C’était une opinion de l’Antiquité, que c’est en les léchant que la femelle de l’ours donne à ses petits la forme qu’ils doivent avoir. Cette opinion s’est conservée, et elle est même devenue proverbiale parmi nous: c’est en ce sens que l’on dit d’un homme mal tourné que c’est un ours mal léché.

Quelque étrange que soit cette idée, elle est consignée comme une vérité d’expérience dans Pline, dans Solin, dans Elien; Aristote lui-même ne s’en est pas éloigné. On la trouve aussi dans les poètes, où elle semble moins déplacée. «Ce qu’enfante l’ourse, dit Ovide, n’est pas un petit, mais une chair mal vivante que la mère façonne en membres en la léchant, et qu’elle amène ainsi à la forme qu’elle désire.»

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Solin cherche à expliquer le fait en l’attribuant à ce que la gestation de l’ourse ne dure que peu de temps. «La délivrance de l’ourse, dit-il, arrive au trentième jour: il résulte de cette fécondité précipitée que ses petits demeurent informes.» Aristote affirme aussi que l’ourse ne porte que trente jours.
Mais c’est une erreur ajoutée à une autre; car il est certain que la portée de l’ourse dure, non pas un mois, comme le veulent ces naturalistes, mais quatre mois au moins. Cette opinion singulière préoccupa les savants de la Renaissance. Elle leur paraissait déranger les plans de la nature. En effet, prise à la lettre, elle est visiblement absurde: aussi n’eurent-ils pas de peine à s’assurer de sa fausseté.

«Dans la vallée d’Anania, près de Trente, dit Matthiole dans ses Commentaires sur Dioscoride, nous ouvrîmes le ventre d’une ourse que les chasseurs avaient prise, et j’y trouvai des petits, non informes, comme se l’imaginent ceux qui se fient plus à Aristote ou à Pline qu’à l’expérience ou au témoignage de leurs sens, mais ayant tous leurs membres distinctement formés.»
Aldrovande rapporte que l’on conservait dans le Cabinet du sénat de Bologne un ours à l’état de fœtus, et que toutes ses parties étaient déjà développées. Buffon me paraît avoir touché la véritable source de cette erreur: il la rapporte simplement à la lourdeur de l’ours, qui paraît encore plus disgracieuse dans les jeunes que dans les adultes.

«Les femelles, dit-il, combattent et s’exposent à tout pour sauver leurs petits, qui ne sont point informes en naissant, comme l’ont dit les Anciens, et qui, lorsqu’ils sont nés, croissent à peu près aussi vite que les autres animaux. Ils sont parfaitement formés dans le sein de leur mère, et si les fœtus ou les jeunes oursons ont paru informes au premier coup d’œil, c’est que l’ours adulte l’est lui-même par la masse, la grosseur et la disproportion des membres; et l’on sait que dans toutes les espèces le fœtus ou le petit nouveau-né est plus disproportionné que l’animal adulte.»

longévité du cerf
La longévité du cerf est un sentiment qui a pris naissance dès la plus haute Antiquité. On le voit par Aristote, qui cherche déjà à le réfuter, et par de fort bonnes raisons, c’est-à-dire par la proportion qui doit exister entre la durée de la vie de cet animal et celle de sa gestation et de son accroissement. Le plus ancien témoignage qui ait servi de recommandation à cette erreur est un texte d’Hésiode.

Ce texte, qui n’est pas très clair, et sur lequel les commentateurs se sont souvent exercés, revient à dire, à ce qu’il semble: la vie de l’homme dure quatre-vingt-seize ans, celle de la corneille est neuf fois plus longue, celle du cerf quatre fois plus longue que celle de la corneille, et celle du corbeau trois fois plus longue que celle du cerf. Il résulterait de ce compte que la vie du cerf serait de trois mille quatre cent cinquante-six ans.

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Mais suivant une autre interprétation, qui se trouve consignée dans Plutarque, il faudrait simplement conclure de ce passage que le cerf vit trente-six ans, ce qui est en effet à peu près la vérité. Pline, ordinairement si disposé à accepter le merveilleux, s’est aussi inscrit contre la déclaration d’Hésiode telle qu’elle se comprend dans son sens apparent. «Hésiode, dit-il, qui le premier a parlé de la longévité du cerf, a fabuleusement attribué à la corneille neuf fois la vie de l’homme, qu cerf le quadruple de la vie de celle-ci, au corbeau le triple du cerf, et au phénix ainsi qu’aux nymphes quelque chose de plus fabuleux encore.»
Mais le sentiment des auteurs a eu bien de la peine à prévaloir sur celui du peuple; d’ailleurs on peut dire que bien des auteurs se sont faits peuple à cet égard, et ont contribué à accréditer l’erreur. On a aussi de tout temps débité à ce sujet des contes qui semblaient donner au préjugé la confirmation de l’expérience.

Pline rapporte qu’un cerf à qui Alexandre lui-même avait attaché un collier fut repris vivant et vigoureux un siècle après la mort de ce prince. On dit aussi que sous le règne de Charles VI, on prit, dans la forêt de Senlis, un cerf qui portait un collier avec cette inscription: Caesar me hoc donavit (César m’a fait ce don). Ce cerf, si l’histoire est vraie, pouvait fort bien venir d’Allemagne, où les empereurs avaient gardé le nom de César. Mais l’explication en eût été trop simple, et il parut pplus beau de rapporter cet animal à Jules César, et d’en faire un témoin de la conquête des Gaules. «Comme le cerf est cinq ou six ans à croître, dit Buffon, il vit aussi sept fois cinq ou six ans, c’est-à-dire trente-cinq ou quarante ans. Ce que l’on a débité sur la longue vie des cerfs n’est appuyé sur aucun fondement; ce n’est qu’un préjugé populaire qui régnait dès le temps d’Aristote, et ce philosophe dit avec raison que cela ne lui paraît pas vraisemblable.»

Sur la corne de licorne
Nous ne dirons que quelques mots de la corne de licorne, qui a joui pendant longtemps d’une immense réputation dans la médecine populaire: il faudrait en effet, pour traiter convenablement cette question, entrer dans la discussion de l’existence de la licorne, ce qui à soi seul ferait le sujet d’un article.

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Disons seulement qu’il est possible qu’il y ait en effet, en Afrique, quelque espèce d’antilope à une corne, ou plutôt à deux cornes solidement soudées en une seule, dont les Anciens aient eu connaissance et que nous ne nous soyons point encore procurée. Disons aussi que plusieurs espèces différentes, définies par ce caractère de n’avoir qu’une seule corne comme le rhinocéros, ou même qu’une seule grande dent comme la licorne marine, ont été réunies sous le même nom et ont jeté parmi les savants de la confusion.

Quoi qu’il en soit, la plus ancienne autorité que l’on ait alléguée en faveur de la licorne est celle d’Elien. Il dit que les rois de l’Inde se servaient de coupes faites de cette substance, persuadés qu’elles étaient un préservatif contre le poison et diverses maladies. Il n’est nullement probable qu’il s’agisse dans ce passage de l’animal que le Moyen Age s’est figuré sous le nom de licorne. Néanmoins c’est de là surtout que l’on est parti pour faire de cette substance, à défaut de l’or potable, le remède universel.
C’est un point sur lequel le charlatanisme a longtemps joué. Il est singulier de voir combien il s’est débité chez nos pères de poussière de cette corne merveilleuse, quand l’animal qui la porte est encore à trouver.

«Puisque les descriptions des animaux à qui nous attribuons cette corne, dit avec sagesse un médecin du dernier siècle, varient tellement qu’on dirait que deux personnes n’ont jamais vu cet animal; puisque, quand les descriptions seraient toutes conformes, il paraît néanmoins que la corne si vantée aujourd’hui n’est pas la même que celle des Anciens; puisque les cornes qu’on donne parmi nous pour cornes de licornes ne sont pas d’un seul, mais de différents animaux; puisqu’un grand nombre de celles qu’on montre avec ostentation ne sont pas même de véritables cornes; puisque, en accordant que c’en soient, on peut encore douter de leur vertu; enfin puisqu’en convenant de quelques-unes de ses vertus nous sommes pourtant en droit d’en rejeter la plupart, il est démontré, si je ne me trompe, que c’est à tort que l’on se fierait à ce remède.»

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3 décembre 1851: Le député Baudin sacrifie sa vie sur une barricade du faubourg Saint-Antoine. Il offre sa poitrine aux balles des soldats pour s'opposer au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte.

Le 3 décembre 1851, le député Jean-Baptiste Alphonse Victor Baudin se réveille fermement décidé à convaincre les Parisiens de combattre le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. La veille, celui-ci a dissous l'Assemblée nationale, rétabli le scrutin universel et envoyé en prison ses principaux opposants. Aussitôt, Baudin et une soixantaine de députés républicains ou montagnards, dont Victor Hugo, ont formé un comité de résistance. Ils comptent entraîner le peuple dans une nouvelle révolution pour jeter bas l'ambitieux.

Le 3 décembre donc, Baudin se rend au café Rovsin, sur le faubourg Saint-Antoine, où une vingtaine de députés se sont donné rendez-vous. Mais le député n'a croisé sur son chemin que des Parisiens apathiques. Au café, ses amis lui demandent: "Qu'avez-vous, Baudin? Est-ce que vous êtes triste?" Il se reprend, appliquant les conseils du coach qu'il partage avec Sarkozy. " Moi? Je n'ai jamais été plus content!" Il déplie alors une copie de la déclaration de l'appel au peuple que lui a dictée la veille Victor Hugo avec pour consigne de la faire afficher partout dans Paris. Le texte: "Au peuple. Louis-Napoléon est un traître. Il a violé la Constitution. Il s'est parjuré. Il est hors la loi... Que le peuple fasse son devoir. Les représentants républicains marchent à sa tête. Vive la République! Aux armes!" Un ouvrier typographe propose de l'imprimer sur-le-champ. Mélenchon jubile, il demande à ce qu'on marche sur Bercy...

"Vive la République! Aux armes!"… Les élus présents décident de quitter le café Rovsin pour enflammer le faubourg. Comme ils ont oublié d'apporter leurs écharpes tricolores, ils en bricolent avec du calicot bleu, blanc et rouge trouvé dans une maison voisine. Tous les députés ne sont pas encore là. "Laissons à nos collègues le temps d'arriver", conseille Baudin, mais les autres s'impatientent. Après, ce sera trop tard. Victor Schoelcher (à l'origine de l'abolition de l'esclavage) donne le signal du départ. "Allons, nos amis nous rejoindront." Ils savent que l'armée est dehors. Plusieurs bataillons attendent place de la Bastille.

Les députés se prennent le bras pour se donner du courage. Une vingtaine d'ouvriers les accompagnent, criant: "Vive la République! Aux armes!" Des mômes répondent: "Vive la Montagne!" Arnaud Montebourg, le fort en gueule, hurle: "Si la troupe ne se joint pas à nous, je la nationaliserai!" Les artisans sur le pas de leur boutique ainsi que les passants les regardent avec sympathie, leur lancent même des mots d'encouragement, mais ne courent pas prendre les armes. Le peuple parisien n'a pas l'intention de se soulever. Baudin et ses compagnons ne se découragent pas pour autant, ils se présentent au poste de garde de la rue de Montreuil pour s'emparer des armes. Les soldats les laissent faire. Une quinzaine de fusils, ce n'est pas suffisant. Les députés envahissent un deuxième poste de garde, qui se laisse également dépouiller sans résister. La petite troupe compte désormais deux cents hommes. On décide d'élever une barricade dans le faubourg Saint-Antoine. Cohn-Bendit n'est pas là pour leur donner des conseils, alors ils improvisent avec ce qu'ils trouvent: ils retournent une charrette de fumier qui passe par là, puis une de laitière et une voiture de boulanger.

Comment on meurt pour 25 francs… Un omnibus arrive de la Bastille. Le cocher, très aimable, fait descendre les voyageurs, dételle les chevaux et s'en va en laissant son véhicule à la disposition des manifestants qui le renversent aussitôt sur la barricade. Des paniers complètent l'édifice, qui s'avère, au final, peu impressionnant. " La troupe!" hurle un enfant. En effet, la voici qui descend le faubourg en provenance de la Bastille. Les hommes armés se placent courageusement derrière la barricade. Schoelcher s'écrie: "Citoyens, ne tirez pas un coup de fusil. Quand l'armée et les faubourgs se battent, c'est le sang du peuple qui coule des deux côtés. Laissez-nous d'abord parler aux soldats." Il monte sur l'édifice, imité par d'autres députés dont Baudin. Montebourg a disparu car c'est l'heure de son cours d'économie... Des hommes en blouse blanche se moquent des élus: "Croyez-vous que nous allons nous faire tuer pour vous conserver vos 25 francs par jour? À bas les 25 francs!" En référence à l'indemnité qui leur est versée, les Parisiens ont pris l'habitude d'appeler ces nantis de parlementaires "les 25 francs". Piqué au vif, Baudin leur rétorque crânement: "Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs!" Et de présenter sa poitrine aux soldats qui chargent.

Sept députés non armés, menés par Schoelcher, marchent à la rencontre des soldats. Ceux-ci s'arrêtent. Une discussion s'engage entre Schoelcher et le capitaine. Mais ce dernier a des ordres, aussi il ordonne à ses hommes de charger la baïonnette au canon. "Mais l'hésitation, qui n'était dans leur âme, était dans le cœur des soldats", écrira Hugo. Au dernier moment, les soldats détournent leurs baïonnettes pour passer entre les parlementaires sans les embrocher. Malheureusement, la charge effraie un manifestant sur la barricade, qui tire un coup de fusil, touchant mortellement un soldat. Aussitôt, ses compagnons lâchent une salve. Trois balles frappent le "25 francs" Baudin, toujours dressé au-dessus de la barricade. Il tombe raide mort. Il a 40 ans.

La révolution fait pschitt… Le feu cesse. Les soldats, eux-mêmes, semblent sonnés par cette mort. Ils laissent les manifestants se disperser sans tenter de les arrêter. Une demi-heure plus tard, le cadavre de Baudin est emporté à la morgue de l'hôpital Sainte-Marguerite. Au même moment Victor Hugo arrive en fiacre en compagnie de Juliette. L'écrivain veut alors reprendre le flambeau, renouer le contact avec d'autres groupes populaires, détruire de nouveaux portiques... Mais les autres députés lui font comprendre que la messe est dite. Les quelques dizaines de barricades dressées cette journée-là sont tenues sans grande conviction par 1500 manifestants et seront vite balayées. La révolution a fait pschitt. Napoléon a réussi son coup d'État. Hugo va partir en exil.

Le 4 décembre, le frère du député Baudin, étudiant en médecine, réclame le corps du député au commissaire du quartier, qui consent à le lui remettre à condition qu'il l'enterre en catimini. Cela est fait le 5 décembre au cimetière Montmartre. Devenu le symbole républicain face au despotisme, ses restes sont transférés au Panthéon le 4 août 1889, pour les cérémonies du centième anniversaire de la Révolution française.

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© Le Point - Publié le 03/12/2012 à 00:00 - Modifié le 03/12/2014 à 00:00

 

La chapelle de La Baume pourrait être classée au patrimoine mondial de l’Unesco
Source : France 3 Languedoc-Roussillon

Un nouveau site dans les gorges du Gardon au sud d’Uzès brigue le classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Une chapelle en pleine nature abrite des fresques restaurées. Le chantier vient de se terminer.
Nichée dans la falaise au-dessus du Gardon, la petite chapelle St Vérédème sur le site de la Baume dévoile depuis quelques semaines une nouvelle jeunesse. Des travaux entamés en 2013 et achevés cet été permettent de découvrir cette curiosité du patrimoine architectural et historique Gardois.

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La chapelle Saint-Vérédème sur le site de La Baume

La Chapelle bâti sur un lieu d’ermitage a connu plusieurs périodes d’art pictural. Les travaux de restauration des peintures réalisés au mois d’août dernier ont mis au jour plusieurs œuvres superposées d’artistes.
Fermée aux visiteurs, la chapelle laisse tout de même voir ses peintures médiévales de l’extérieur. Le site rénové pourrait obtenir en 2015 le label patrimoine mondial de l’Unesco.

Armelle Goyon, France 3 Languedoc-Roussillon

Article copié sur "La France pittoresque"

 

Pour l’éphéméride du trois décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/03/28573239.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, voilà ce qui arrive au Charlie de service après avoir sniffé de la neige l'autre jour et du butane hier, il plane, il vole... Attention à la chute!!!

 

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Ben pour la zique de ce mercredi, on va s’écouter le groupe Earth Wind And Fire qui se produisait en direct il y a longtemps à Montreux … Des airs endiablés qui rappelleront sûrement des souvenirs… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=gAKlsU9J4R8

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Quatre amies belles et jeunes passent leurs vacances a la mer sans leurs maris. De retour l’une d`elle a des remords et dit a ses amies;
- Je vais dire a mon mari combien de fois je l`ai trompé.
La brune: "Quelle idiote!"
La rousse: "Quelle femme courageuse!"
La blonde: "Quelle mémoire!"

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C'est un couple plus tout jeune assis devant la télé. Le mari:
- Je peux savoir pourquoi tu tires la tronche depuis que je suis rentré ?
- Il y a que c'est notre 35ème anniversaire de mariage et qu'on est là comme des cons devant la télé!
- Nom de Dieu! Je suis tellement débordé que ça m'était complètement sorti de la tête! Pardonne-moi ma chérie... Mets ta plus belle robe, je t'emmène faire la tournée des grands ducs!
- Oh Chéri! Je savais que tu n'étais pas un monstre!
Un peu plus tard, au Restaurant "Chez Maxim's"… Le Maitre d'hôtel:
- Bonsoir Monsieur Roger. Qu'on prépare la table de Monsieur Roger.
- Ils ont l'air de bien te connaitre par ici...
- Oh... J'ai dû venir déjeuner une ou deux fois avec des clients...
Le repas terminé, en sortant du restaurant, le mari propose d'aller en discothèque. À l'entrée de la discothèque, une queue d'enfer. Le mari dit à sa femme de ne pas s'inquiéter. En effet, il va directement voir le portier:
- Salut René! Comment ça va?
- Je vais bien Monsieur Roger. Allez-y, entrez!
Dans la boite, le patron les aborde:
- Bonjour Monsieur Roger! Comme d’habitude la meilleure? Libérez la table de Monsieur Roger!
La femme se repose des questions et demande:
- Tu viens souvent ici?
- Euh non, le patron est un client...
Une fois installés, la serveuse vient à leur table:
- Je vous sers comme d'habitude Monsieur Roger? Un Don Pérignon!
Et la strip-teaseuse, qui n'en rate pas une, finissant son show crie bien fort:
- ET LA CULOTTE C'EST POUR QUI?
Et là toute la salle qui répond:
- C'EST POUR MONSIEUR Roger!
Sur ce, la femme pique sa crise, ils sortent tous les deux et montent dans un taxi. Dans la voiture la dispute reprend:
- Chérie, ne gâchons pas cette belle soirée!
- Moi ce que je comprends c'est que tu me prends pour une conne! Tu es un SALAUD, un ENFOIRÉ DE MERDE, Va te faire ENCULER! Ne me touche pas!
Et là, le chauffeur du taxi se retourne vers Roger et lui dit:
- Dites M'sieur Roger... ça fait 25 ans qu'on se connait. Des putes on en a ramené des régiments, mais des casse-couilles et vulgaire comme celle-là, JAMAIS

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C'est une paysanne qui est aux champs avec sa fille pour ramasser les pommes de terre. 
La mère est penchée et d’un coup sa fille se met à crier: 
- Mais Maman , tu n’as pas de culotte???
Et la mère répond: 
- J’en ai marre d’avoir les mouches sur la figure !!!

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Une enseignante dit à un de ses collègues à la magnifique barbe noire:
- Le jeune Alphonse Leblanc, de Seconde A, a un problème.
Il m'a confié qu'il était tombé amoureux fou d'un de ses professeurs.
- Et, demande, en riant, le barbu, c'est vous, l'heureuse élue?
- Non. Et voilà justement où est le problème: c'est vous.

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- Votre cas est sans équivoque, dit le psychanalyste, vous êtes affecté d'un complexe de kleptomanie.
Nous allons vérifier mon diagnostic.
J'ai égaré mon portefeuille dans un recoin de ce cabinet.
Vous avez trois minutes pour le retrouver.

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Un pingouin entre dans une brasserie très fréquentée des Champs-Elysées et dit au barman:
- Comme d'habitude!
- Vous vous foutez de moi! hurle le barman.
Je sers au moins cinq cents clients par jour et vous voulez que je me souvienne de ce que vous prenez d'habitude!

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C'est mercredi... on entame le troisième jour de la semaine, la routine quoi... Le réveille-matin ne s'essouffle pas avec ses trente secondes de boulot par jour, sitôt debout et un petit café vite avalé, la course jusqu'aux moyens de transport ou à la conduite de son véhicule avec les aléas des bouchons, des ralentissements et pour couronner le tout, pas de place de stationnement... A croire que le déplacement jusqu'au lieu de travail est plus pénible que le travail quotidien... Je souhaite tout le courage du monde à ceux qui ont été touchés par les intempéries et par les inondations pour tout le travail de remise en état qu'ils devront fournir... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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02 décembre 2014

Éphéméride du deux décembre

 

«À la Sainte-Viviane, je prendrais bien une tisane de valériane.»

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«Temps clair à la Sainte-Viviane, temps clair pendant quarante jours et une semaine.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; ben voilà, c'est mardi, le temps est gris, les températures se rafraîchissent, par endroit les flocons sont annoncés, l'hiver s'en vient doucement, mais sûrement... Bon sang mais c'est dans trois semaines qu'il fera officiellement son entrée... Les gosses ouvrent les fenêtres du calendrier de l'Avent à la recherche de la gourmandise-cadeau... J'en connais même qui ont déjà quelques jours d'avance... Mais cependant Noël n'arrivera pas avant le 25 décembre...

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu que pour la Suisse romande avec 3° et un ciel nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: ciel couvert en-dessous de 1800 m par une couche de nuages bas étendus pouvant lâcher un peu de bruine par moments. Dans les Alpes et en Valais au-dessus de 1600 m, temps en partie assez ensoleillé malgré des voiles nuageux par moments importants. Températures: 3° à 5° à l'aube, 4° à 7° l'après-midi. A 2000 m, +1°. Vent faible et variable dans les Alpes. Sur le Jura et le Plateau, faible tendance à la bise...

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, se dégradant dans la grisaille. ATTENTION, VIGILANCE ORANGE DANS UN DÉPARTEMENT... Avec pour ce jour: en matinée, en matinée, la grisaille s'impose sur la quasi-totalité du pays, accompagnée parfois de quelques bruines ou pluies faibles et éparses, voire même localement de flocons en se dirigeant vers le nord-est. Des orages remontant par le sud sur la partie orientale de la Corse. Dans l’après-midi, un temps maussade persiste avec toujours quelques gouttes par endroit, parfois mêlées de flocons. Entre le Roussillon et la basse vallée du Rhône, le soleil s'impose tout de même. En Corse, des orages faibles à modérés éclatent sur l'est de l'île. En soirée, le temps continue de se dégrader en Corse à mesure que les pluies se généralisent. Des orages parfois forts peuvent se produire sur l'est et le sud de l'île. Quelques flocons peuvent tomber entre les frontières du nord-est et la vallée du Rhône, parfois mêlées de pluie. Dans la nuit, quelques flocons ou pluies et neige mêlées entre le nord du Limousin et la Lorraine, avec quelques gouttes sinon en Bretagne…

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Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 28°; à l'île de la Réunion ce sera nuageux à couvert avec des températures de l'ordre de 28°; à la Martinique ensoleillé, voilé et nuageux avec des températures de l'ordre de 31°; ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 33° en Guadeloupe; ensoleillé et variable en Guyane française avec des températures de l'ordre de 34°; Polynésie française peu nuageux à nuageux, larges éclaircies ; peu nuageux à nuageux, larges éclaircies aux Marquises avec des températures de 31°; nuageux avec averses et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 3°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:49 et le coucher du Soleil se fera à 16:51 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu... : 
Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1973: la température mesurée sur la neige était de -18,9° à Saint-Trond

 

Les journées mondiales et internationales

Le deux décembre c’est la Journée Internationale pour l'abolition de l'esclavage
http://www.journee-mondiale.com/89/journee-internationale-pour-l-abolition-de-l-esclavage.htm

esclavage

 

Les fêtes nationales du Jour

EmiratsArabesUnis

 Emirats Arabes Unis
Le deux décembre est une Fête Nationale aux Emirats Arabes Unis qui célèbrent leur indépendance acquise vis à vis du Royaume Uni le 2 décembre 1971. 

 

Laos

République Démocratique Populaire du Laos
Le deux décembre est la Fête nationale de la République Démocratique Populaire du Laos qui commémore l'arrivée au pouvoir du Pathet Lao en 1975

 

La France pittoresque

Vague d’émeutes à Paris en 1720 pour protester contre les enlèvements d’enfants destinés aux colonies d’Amérique
D’après «Revue historique», paru en 1922

En mars 1720, promettant l’envoi dans les colonies aux «vagabonds et gens sans aveu» pullulant dans la capitale et qui persisteraient à commettre des rapines, les autorités sont bientôt confrontées à de violentes émeutes en réaction à de nombreuses arrestations arbitraires auxquelles les archers du guet procèdent pour empocher la prime promise par la Compagnie des Indes, et plusieurs ordonnances royales s’avèrent nécessaires pour mettre un frein à des abus de pouvoir jetant hommes, femmes et enfants en prison pour un départ forcé vers le Mississippi

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, on racontait assez fréquemment à Paris que de nombreux enfants disparaissaient mystérieusement et que ni les recherches des parents ni leurs plaintes à la police ne parvenaient à en faire retrouver la trace. Les uns parlaient de magie ou d’abominables crimes, souvenirs de La Voisin et des messes noires de l’abbé Guibourg; d’autres prétendaient que des princes du plus haut rang demandaient à des bains de sang humain la guérison de maladies honteuses ou une vigueur nouvelle; d’autres enfin expliquaient plus simplement ces disparitions d’enfants par leur envoi au Mississippi et en Louisiane où ils devaient faire souche de colons français.

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Marc-Pierre de Voyer de Paulmy d’Argenson, lieutenant de police de Paris en 1720

Sans accepter a priori l’une ou l’autre de ces hypothèses, on doit reconnaître qu’à plusieurs reprises au XVIIe siècle, des enfants furent enlevés à leurs parents. Les rumeurs causées par ces rapts et amplifiées par l’imagination populaire occasionnèrent des émeutes et des collisions meurtrières avec les archers du guet et les exempts de police. Aussi, en avril 1663, le roi ordonna aux commissaires au Châtelet d’informer au sujet des enlèvements faits par certains particuliers «de jeunes hommes, même de femmes, sous prétexte de les faire conduire en l’Amérique» (ordonnance royale du 17 avril 1663 et arrêt du Parlement du 18 avril 1663).

Le 17 avril, une émeute sérieuse avait été provoquée par ces enlèvements; le peuple s’était jeté en armes sur les archers de l’Hôpital général, les avait roués de coups et en avait tué un. Nouvelle effervescence populaire au début de septembre 1675: des femmes et des servantes qui tenaient des enfants par la main ou les portaient dans leurs bras «avaient été insultées et maltraitées avec la dernière cruauté», ce qui avait donné naissance aux faux bruits que, «comme autrefois, on y enlevait des enfants, sans qu’il soit rien arrivé qui ait pu donner lieu à une opinion si extravagante et même sans aucune apparence qui ait pu lui servir de fondement», aucune plainte d’enlèvement d’enfant n’ayant été déposée. Une information fut ouverte contre «les auteurs des faux bruits et contre ceux qui ont commis les violences qui les ont suivis» (ordonnance du lieutenant général de police du 3 septembre 1675).

En juin 1701, nouveaux bruits d’enlèvements, sans plus de cause réelle, s’il faut en croire la lettre du commissaire Nicolas Delamare au lieutenant de police d’Argenson, du 13 juin: «Il n’est rien du tout, Monsieur, de l’avis que l’on vous a donné de l’enlèvement des enfants proche Saint-Christophe et de semblables avis que l’on m’avait donnés du Pont-Neuf, du pont Saint-Michel et du pont Notre-Dame; ils ne se sont pas trouvés plus véritables et il n’y en a pas la moindre apparence. Ce bruit d’enlèvement d’enfants qui se renouvelle à Paris de temps en temps s’est toujours trouvé très faux». En marge de cette lettre, d’Argenson répondit: «Le véritable principe de tous ces mouvements est le désir d’attrouper le peuple et de voler avec plus de facilité. En effet, le propriétaire des Deux-Anges, sur le Petit-Pont, menant hier son fils par la main, fut arrêté et battu par la populace qui lui vola quatre ou cinq louis d’or.»

Que dans les ordonnances royales ou les arrêts du Parlement destinés à être affichés et criés aux principaux carrefours et places de la capitale on affirme que les rumeurs d’enlèvements ne reposent sur aucun fait précis et qui pût être contrôlé, cela s’explique par la nécessité pour les autorités de calmer les inquiétudes du peuple. Mais la lettre que nous venons de citer, destinée exclusivement au lieutenant de police, semble prouver qu’en 1675 tout au moins l’imagination des Parisiens dénaturait et grossissait à plaisir des faits insignifiants.

Pourtant il y avait eu des enfants enlevés au XVIIe siècle et des enfants disparurent encore mystérieusement au XVIIIe. En 1720, on racontait à nouveau dans toutes les classes de la population parisienne que des enfants étaient enlevés. C’était l’époque où la colonisation du Mississippi attirait l’attention des ministres. On vantait les délices de ce nouvel Eldorado, véritable paradis terrestre, s’il fallait en croire les auteurs du temps. «Il semble que l’on veuille faire sortir tous les Français de leur pays pour aller là. On ne s’y prend pas mal pour faire de la France un pays sauvage et en dégoûter les Français!», Pouvons-nous lire dans Journal et mémoires de Mathieu Marais. Pour mettre en valeur ces régions que les contemporains prétendaient être si riches et si fertiles, on traquait dans tout le royaume et particulièrement à Paris, où ils étaient très nombreux, les pauvres hères sans domicile fixe. L’ordonnance royale du 10 mars 1720 prescrivait d’arrêter, passé un délai de huit jours, tous les vagabonds et gens sans aveu qui seraient trouvés dans la capitale; ceux qui étaient reconnus valides et d’âge convenable devaient être conduits aux colonies, «en exécution des édits et déclarations royales déjà promulgués à ce sujet et en particulier de celles des 8 janvier et 12 mars 1719.»

Il est juste de dire que les vagabonds pullulaient alors dans les rues de la capitale; c’était l’époque où l’agio effréné de la rue Quincampoix - où se situait la Banque générale créée par Law, dont la banqueroute était amorcée - faisait déserter aux marchands leurs boutiques, aux artisans leurs ateliers, aux laquais les antichambres de leurs maîtres. La plupart vite ruinés, n’ayant plus le goût du travail, allaient grossir les rangs de cette population qui ne vivait à Paris que d’expédients ou de rapines. Une ordonnance du roi du 22 mars 1720 défendit de «s’assembler dans la rue Quincampoix pour négocier du papier», une seconde ordonnance du 28 mars de la même année menaça les gens sans aveu, artisans et domestiques d’être envoyés aux colonies s’ils continuaient leurs assemblées, même en d’autres rues.

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La rue Quincampoix à Paris en 1720

C’est en application de ces ordonnances que les archers du guet, «afin de profiter d’une pistole par personne que la Compagnie des Indes avait promise, outre les vingt sols par jour qu’ils avaient de gages», explique Jean Buvat dans le Journal de la Régence, arrêtèrent non seulement les vagabonds et les gens sans aveu, mais d’autres personnes et en particulier des enfants, susceptibles d’offrir moins de résistance. Aussi, s’il faut en croire Buvat, le 27 mars, un convoi de six cents jeunes gens des deux sexes, tirés des hôpitaux de Paris où ils avaient été provisoirement incarcérés, fut dirigé sur Rouen pour y être embarqué pour La Rochelle et de là transporté au Mississippi. «Les garçons marchaient à pied, enchaînés deux à deux, et les filles étaient dans des charrettes. Cette troupe était suivie de huit carrosses remplis de jeunes gens bien vêtus dont quelques-uns étaient galonnés d’or et d’argent. Et tous étaient escortés par une trentaine d’archers bien armés.

Parmi ces garçons et ces filles, n’y avait-il que des vagabonds et des filles débauchés comme celles, soeurs de Manon, que l’on amenait à Marseille en mai pour les transporter au Mississippi? Il faut croire que non, car, en avril, les archers ayant multiplié les arrestations, le peuple de Paris commença à manifester une certaine émotion. Le lundi 29 avril, le conflit éclata en plusieurs points de la ville; le peuple attaqua les archers et les exempts. Les émeutes, des plus violentes, durèrent tout le jour et recommencèrent le lendemain. Un contemporain, De Lisle, greffier au parlement de Paris, nous en a laissé un récit très complet. S’il faut le croire, «la populace s’était soulevée dans différents quartiers de la ville contre un grand nombre d’archers ou gens préposés pour prendre les vagabonds et gens sans aveu pour les conduire à Mississippi, parce que sous ce prétexte ils arrêtaient depuis quelques jours toutes sortes de personnes sans distinction, hommes, femmes, filles, garçons, et de tous âges, pour les y faire conduire aussi pour peupler le pays».

Le peuple s’armant de tout ce qu’il trouvait; épées, bâtons, bûches, pavés «et autres choses dont il pouvait se servir», se rua sur les gens de polices; il y eut huit ou dix archers tués et massacrés et un grand nombre furent blessés; les principales bagarres eurent lieu rue Saint-Antoine et au pont Notre-Dame. Les boutiques de ces quartiers furent fermées; le peuple «était acharné contre ces gens-là et avec raison, puisque c’était lui ôter la liberté publique de ne pouvoir sortir de chez soi sans être arrêté pour aller à Mississippi». Des archers furent poursuivis dans les maisons où ils s’étaient réfugiés et tués dans les gouttières. Au pont Notre-Dame un archer ayant cherché refuge au troisième étage d’une maison, le peuple essaya de le jeter par une fenêtre; n’y pouvant parvenir, l’archer fut ramené dans la rue et massacré sur le pavé. Un autre archer blessé, conduit à l’Hôtel-Dieu pour y être pansé, fut tué par les malades. «Enfin l’on peut dire que le peuple avait raison», ajoute De Lisle, «puisque personne n’osait sortir pour ses affaires ou pour gagner sa vie, même les gens de métier et les domestiques dont plusieurs avaient été arrêtés, n’étant pas en sûreté hors de chez soi.»

Le lendemain matin 30 avril, les émeutes recommencèrent, en particulier rue du Roi de Sicile, où les archers avaient encore arrêté quelques personnes. Un archer fut tué et d’autres blessés; on prétendit même que la maison du lieutenant de police, vieille rue du Temple, était assiégée par la populace. L’après-midi fut plus calme et le lendemain 1er mai la tranquillité se rétablit, le Parlement étant intervenu dès le mardi 30 avril. Le Procureur général du roi s’était rendu au Parlement et avait longuement exposé aux magistrats que les archers et exempts avaient reçu l’ordre «d’arrêter les vagabonds et gens sans aveu, dont le nombre augmentait tous les jours dans la capitale», et que le peuple s’était révolté parce que les archers avaient arrêté «plusieurs personnes sans distinction; que, la populace émue, il y avait eu plusieurs de ces archers tués et blessés; que le lieutenant général de police s’y était transporté sur les cinq heures pour voir ce qui se passait et pour donner des ordres pour calmer cette populace». De Lisle ne dit malheureusement pas la fin du discours du Procureur général, n’ayant pu l’entendre, car, dit-il, «il parlait assez bas». Il est à supposer qu’il apprit au Parlement que parmi les gens arrêtés arbitrairement il y avait, «entre autres, le fils du sieur Capet, riche marchand épicier demeurant rue et proche de Saint-Honoré; la demoiselle Boule, fille d’un lieutenant du guet», écrit Buvat.

Le Parlement, d’accord avec le Procureur général, convoqua d’Argenson chez le premier président dans la soirée. C’est dans cette réunion que fut vraisemblablement rédigé le projet d’ordonnance royale du 3 mai 1720, aux termes de laquelle «les archers qui ont été commis pour l’exécution de l’ordonnance du 10 mars, pouvant abuser de leur autorité en arrêtant quelques personnes qui ne seraient ni vagabonds ni mendiants, (...) Sa Majesté ordonne que les mendiants qui seront arrêtés en exécution de ladite ordonnance seront conduits sur-le-champ à la prison la plus voisine, où tous les jours, à midi, ils seront visités et entendus sur leurs différents sujets de plainte, en présence desdits archers, par l’un des commissaires ou officiers de police» nommés à cet effet par d’Argenson, qui devait statuer lui-même sur l’élargissement ou la prolongation de la détention des individus arrêtés.

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Arrivée des colons au Mississippi

D’autre part, les archers préposés aux arrestations devaient marcher «en brigade, revêtus de leurs habits uniformes et avec leurs bandoulières, chaque brigade commandée par un exempt pour prévenir les abus et tenir la main à ce qu’aucun particulier ne soit arrêté que dans les cas portés par l’ordonnance». Enfin, pour ne pas donner tous les torts à l’autorité, le roi défendait «sous peine de la vie à tous les particuliers, de quelque qualité et condition qu’ils puissent être, de s’opposer à l’exécution de l’ordonnance du 10 mars et de la présente».

Cette ordonnance était nécessaire pour calmer l’émotion de la population parisienne, car de nombreux enfants avaient été arrêtés par les archers et d’autres arrestations étaient encore à redouter. Le lieutenant de police demanda en effet au début de mai aux syndics des six corps de marchands de «lui apporter incessamment une liste exacte des enfants, garçons de boutique et des apprentis de chacun de leurs corps, afin d’en être informé quand les archers en auraient enlevé quelques-uns; il manda aussi les jurés des communautés des artisans, auxquels il enjoignit la même chose et que chaque maître eût à renouveler tous les huit jours les certificats qu’ils devaient donner à leurs compagnons et à leurs apprentis, faute de quoi étant pris par les archers ils seraient envoyés au Mississippi», rapporte Jean Buvat. On racontait à Paris que la tempête ayant fait sombrer les bâtiments partis de La Rochelle le 11 février, on enlevait à nouveau des gens en grand nombre pour remplacer ceux qui avaient péri en mer.

Les émeutes d’avril avaient donné de grandes appréhensions aux magistrats, car lorsque, le 18 mai, le conseiller et le Procureur général visitèrent la prison du Châtelet, «suivant la coutume qui se pratique la veille des fêtes solennelles», ils firent mettre en liberté vingt-deux prisonniers pour dettes et «douze autres particuliers qui y avaient été mis pour être envoyés au Mississippi. (...) Ensuite, ces magistrats ordonnèrent au concierge de leur porter toutes les semaines une liste de tous ceux qui y seraient enfermés et destinés pour les colonies».

Rencontrant à Paris non seulement les menaces suivies d’effet de la population, mais encore une opposition absolue des magistrats à leurs arrestations arbitraires, les archers et exempts se rejetèrent sur les campagnes proches de la capitale. Les arrestations y furent assez nombreuses pour obliger le roi à rendre le 15 juin une nouvelle ordonnance «portant défense d’arrêter et d’inquiéter les habitants de la campagne et gens de profession». Cette ordonnance suspendait pendant le cours de l’année 1720 l’exécution de la malencontreuse ordonnance du 10 mars, afin de «faciliter autant qu’il est possible la prochaine récolte et la culture des terres». Le lieutenant de police d’Argenson était chargé de veiller à l’exécution de l’ordonnance, ce qui prouve bien qu’elle avait été rendue par suite des arrestations arbitraires opérées dans les banlieues de Paris par les agents de la police parisienne.

Ce mouvement calmé, des ordres sévères ayant été vraisemblablement donnés aux archers et exempts, il continua pourtant à subsister, dans la population parisienne, la ferme croyance que des enfants étaient enlevés à leurs parents dans un dessein ignoré. L’avocat Barbier, dans son Journal, mentionne qu’en mars 1734 on envoya «à la Morgue du Châtelet quinze ou seize petites enfants, parmi lesquels il y en avait un âgé de trois ans et tous les autres plus jeunes ou nouveau-nés. Ce spectacle a attiré un grand concours de monde et a effrayé le peuple». Ces petits cadavres avaient été réunis par un médecin pour des études d’anatomie et avaient été transportés à la Morgue à la suite d’une plainte des voisins. Mais il est certain que la grande majorité du peuple se refusa à croire à cette explication et resta persuadée qu’il y avait eu là rapt d’enfants.

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Ambert (Puy-de-Dôme)
D’après «Histoire des villes de France avecune introduction générale pour chaque province» paru en 1848

Depuis trois siècles déjà, treize villes de la basse Auvergne jouissaient du droit de représenter le tiers-état à l’assemblée de la province, qu’Ambert n’était encore qu’un simple canton de l’élection d’Issoire. En 1558 seulement, un arrêt du conseil d’État l’appela, avec quatre autres cités, à prendre rang parmi les premières. Petite ville, vivant de commerce et d’industrie, mais de cette industrie et de ce commerce dont la probité est tout le mérite et l’aiguillon, elle eût continué longtemps à tisser, dans une obscurité profonde, ses étamines et ses camelots, si les agitations politiques et religieuses qui font grandir les villes comme les hommes, quand elles ne les tuent pas, ne fussent venues donner un peu d’expansion à la vie monotone de ses habitants.

Situé à l’orient d’Issoire, dans une position agréable, séparé du Forez et du Velay par un seul rideau de montagnes, Ambert, tout exigu qu’il était, avait été la capitale du pays de Livradois ou Livadois. Il est vrai que ce pays n’était ni un empire ni une province, qu’il n’avait ni monuments, ni renom; cependant, on nous permettra d’insister un instant sur ce sujet, qui n’a pas laissé de provoquer les conjectures des érudits. Vulgairement, le mot de Livadois passe pour être une corruption de Liberatus ab aquis (délivré des eaux); des écrivains ont prétendu même que tout le bassin formé par la Dore, depuis Arlane, à trois lieues et demie d’Ambert, jusqu’aux environs de Tour-Goyon, hameau au-dessous de la ville, avait été couvert par les eaux d’un lac, et que vers le XIe siècle ce lac, s’ouvrant une issue à travers ses rives rocheuses, avait laissé ce bassin à sec; circonstance qui lui avait valu le nom de Livadois. Mais on répond qu’au XIe siècle, l’histoire, qui se bornait à enregistrer les fléaux du ciel, n’eût pas manqué de noter l’éruption d’un lac. Aussi cette tradition a-t-elle été abandonnée pour une autre plus glorieuse.

Une colonie phénicienne ayant échappé, dit-on, aux dangers d’une difficile traversée, serait arrivée en Gaule cinq cents ans après celle qui avait fondé Massilia. Elle espérait trouver, chez ses frères d’origine, hospitalité et richesse; mais Massilia regorgeait tellement d’habitants que le roi des Arvennes, au pouvoir duquel était alors la ville phocéenne, dirigea les nouveaux venus vers ses états héréditaires et les cantonna dans des lieux déserts et incultes du territoire de Gergovie. Ambertos était le nom du chef de ces étrangers; Ambert fut le nom qu’on appliqua à la réunion de maisons qu’ils se construisirent. Quant à eux, ils appelèrent du nom fortuné de Livadois, la terre hospitalière où il leur était enfin donné de se reposer des fatigues et des périls de la mer.

Ce qui semblerait donner quelque consistance à cette version, c’est l’usage immémorial où sont les habitants d’Ambert de célébrer, une fois l’an, des simulacres de naumachies. Des galères, suspendues au milieu des rues et glissant sur des cordes tendues d’une maison à l’autre, furent plus tard, à Ambert, un des principaux ornements des processions de la Fête-Dieu. Les galères à rames des Phocéens sont changées, aujourd’hui, en vaisseaux de guerre à voiles. Une nouvelle preuve, ajoute-t-on, de l’origine maritime des Ambertois, serait leur goût immémorial pour le commerce et surtout pour la fabrication des étamines à pavillon, flammes et banderoles de vaisseaux, grosses toiles à voiles, goût assez difficile à expliquer autrement dans un vallon séquestré de tout mouvement commercial par des montagnes et éloigné de tous ports de mer. Quelques auteurs ont voulu faire honneur à Ambert de l’invention du papier, qui date du XIIIe siècle; y aurait-il encore là quelque preuve de son origine phocéenne? Nous ne savons.

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L’église d’Ambert

Quoi qu’il en soit, au XIIIe siècle, Ambert faisait partie, avec le Livadois, de la seigneurie de Baffie; en 1239, il reçut d’un membre de cette maison, nommé Guillaume, le droit de consulat et de commune. Un article de la charte qui conférait ce droit, portait que les habitants d’Ambert ne devaient ni titres, ni tailles, ni charrois ou manœuvres d’hommes, de bœufs, d’ânes, ni exactions quelconques sous quelque dénomination qu’on voulût l’exiger, ni prêt violent, ou moisson de portefaix ou de serviteurs: on lisait dans un autre article, qu’il ne serait pas contrevenu aux us et coutumes de la ville; le seigneur et les habitants jurèrent de les observer inviolablement. Quels étaient donc ces us et coutumes que toutes les villes d’Auvergne semblaient mieux aimer encore que la liberté qu’on leur donnait? Sans doute, les traditions du gouvernement et de la curie des Romains perpétuées ici à travers les invasions passagères des Barbares.

Après avoir passé dans plusieurs mains par vente, héritage ou conquête, le Livadois fut engagé à la couronne, en 1558, par un arrêt du conseil d’État. A cette époque, les habitants d’Ambert jouissaient paisiblement de l’exercice des charges municipales et des bénéfices de leur petit commerce, lorsque des missionnaires protestants vinrent prêcher parmi eux la Réforme. Soit insouciance, soit conviction, les Ambertois ne s’émurent que fort peu de cette nouveauté et laissèrent prêcher à son aise le pasteur Massin, qui était venu s’établir à Ambert, en 1575. Un jour, les Réformés se réunirent en grand appareil, sortirent de la ville en agitant des bannières, vinrent au-devant de leur ministre, et l’escortèrent jusqu’à la place du Portel qui retentit de bruyantes démonstrations de joie. Il n’y eut point de collision encore. Mais les protestants, devenant chaque jour plus exigeants et demandant à grands cris la publicité de leur culte, le clergé, rendu au sentiment de ses dangers, excita de son côté les catholiques.

Au premier prêche qui suivit la démonstration de la place du Portel, des jeunes gens de la ville, s’étant attroupés au son du tambour, vinrent huer les calvinistes et les poursuivirent à coups de pierres dans le lieu où ils faisaient leurs exercices religieux. La municipalité se mêla de l’affaire et menaça de la prison quiconque se plaindrait. Les catholiques se trouvant en majorité, voulaient éviter une lutte armée. Pendant une absence de Massin, qui était allé prêcher dans un village des environs, ils mirent des sentinelles aux portes de la ville, afin de l’empêcher d’y rentrer, persuadés que c’était le meilleur moyen d’en finir avec la Réforme. Les sentinelles avaient ordre de le coucher en joue s’il essayait de pénétrer de force. Vers le soir, Massin se présenta et reçut l’injonction de s’éloigner. Quelques protestants allaient prendre parti pour leur pasteur, mais celui-ci les calma et obéit, se retirant vers le château du Lac, dont le seigneur, grand partisan de la Réforme et déjà fort irrité contre Ambert, pour s’en être vu chassé quelques jours auparavant, courut aussitôt à Issoire afin d’y préparer sa vengeance.

Chavagnac et Merle y étaient; l’attaque d’Ambert fut résolue. Du Lac, de son château-fort, commença les hostilités, et le 15 février 1577, Merle arriva devant la place, animé de cette espèce d’ivresse furieuse que lui causait toujours la vue d’une ville fermée. On était en carnaval; les habitants, un peu alourdis par les folies et les repas qui accompagnent d’ordinaire les jours gras, dormaient profondément pendant que les échelles se dressaient contre les murs, à la faveur d’une nuit obscure et d’un épais brouillard. Le bruit des assiégeants cependant réveilla les sentinelles, et on accourut de toutes parts vers les remparts; mais les huguenots avaient eu le temps de se cacher, et leur immobilité faisant croire à une fausse alerte, le froid devenant de plus en plus piquant, le brouillard plus épais, les bons bourgeois s’en allèrent retrouver leurs lits encore tièdes: deux heures après, Merle était maître de la ville. La garnison avait capitulé sous la condition de vie et bagues sauves.

La prise d’Ambert ne s’était pas toutefois effectuée sans quelque résistance, et Merle avait perdu à l’escalade un de ses meilleurs officiers; aussi ne respirait-il que vengeance. Trente habitants notables de la ville avaient été faits prisonniers; le terrible partisan, quoiqu’il ne fût que le lieutenant de Chavagnac, et que celui-ci fût présent, ordonna qu’on entraînât ces malheureux sur la place du Portel, où se rendaient en même temps Du Lac, Chavagnac et Massin, à la tête d’un détachement. Merle fait aussitôt cerner la place par ses arquebusiers, interroge les prisonniers, et les taxe à quinze cents écus en bloc, qu’ils devront immédiatement payer, s’ils veulent sauver leurs jours. A cette énorme somme, ceux-ci se récrient, pensant qu’on ne veut que les effrayer; alors Merle, se retournant vers ses arquebusiers, leur commande: «Haut l’arquebuse, en joue».

Chavagnac, Massin et Du Lac, indignés, entourent aussitôt le capitaine et veulent s’opposer à une barbare exécution. Mais cette résistance ne fait que l’irriter davantage. Arrachant son chapeau, il le jette par terre, et le trouant de rage avec ses éperons: «Voilà comment je vous traiterai vous aussi, s’écrie-t-il; et quant à vous, messire Chavagnac, vous êtes le commandant d’Issoire, et moi je le suis à présent d’Ambert. A chacun sa part». Il se retourne une seconde vers le soldat, et dit: «Tirez!» Une décharge terrible partit; vingt-cinq des prisonniers tombèrent, les cinq autres s’enfuirent dans la chapelle voisine de Notre-Dame, où, grâce aux prières de Massin, ils ne furent pas poursuivis. La ville était dans la terreur. Le lendemain, Merle fit procéder en grande pompe aux obsèques de l’officier qu’il avait perdu. L’église de Saint-Jean fut dépouillée, pour être appropriée au culte réformé.

La ville une fois pillée et ravagée, les huguenots s’arrangèrent pour la garder et y vivre. Le gouverneur de l’Auvergne, Saint-Hérem, se présenta devant ses murs avec une artillerie formidable pour la reprendre. Pendant quinze jours, il jeta des boulets dans la place; mais quand les fortifications furent détruites, on ne trouva pas un soldat qui osât monter à l’assaut. Le grand courage de Merle valait à lui seul un rempart. On fit venir des soldats étrangers, auxquels on paya double solde: l’attaque commença alors, mais l’assaut n’en alla pas mieux, et les catholiques, découragés, levèrent leur camp. Quelque temps après, Merle partait pour les Cévennes, afin d’y recruter des soldats qu’il devait conduire au secours d’Issoire. Après quelques autres coups d’audace, il se laissa, dit-on, acheter par l’argent de la cour, et du fruit de ses rapines il acquit une terre noble. Le fils du cardeur de laine d’Uzès se fit un blason et acheva paisiblement la fin de sa vie aventureuse, s’appelant fièrement le baron de la Gorce et de Salavas.

Ambert resta quelque temps la proie des guerres civiles, passant tour à tour des mains des ligueurs à celles des royalistes, jusqu’à ce qu’Henri IV vint inaugurer dans toute la France le règne de la paix et de l’ordre. Depuis cette époque, Ambert a grandi en silence; ses rues étroites se sont alignées et élargies, ses baraques en pisé, basses et éclairées par des châssis en papier huilé, ont fait place à des maisons plus commodes et plus solides. L’église de Saint-Jean, monument du XVe siècle, bâti dans ce style fleuri qu’on a appelé le gothique tertiaire, répara ses dégradations. Son commerce prit aussi quelque essor au XVIIe siècle; et en 1769, la ville fabriqua jusqu’à quinze mille six cents quintaux de papier. Les autres branches de commerce d’Ambert étaient les étamines, les camelots, les rubans en fil, laine et coton. Au XVIIe siècle la ville donna naissance au géomètre Michel Rolle, que Fontenelle appela le plus illustre de nos algébristes. Le mécanicien Nourrisson, auquel est due la fameuse horloge de Strasbourg, était aussi d’Ambert.

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Apothicaires au XVIIe siècle
Récit paru au XIXe siècle

La gravure ci-dessous représente la statue en bois d’un pileur qui formait l’angle d’une maison aujourd’hui détruite, située autrefois près de la place Sainte-Croix, à Nantes. La construction de cette maison était postérieure au règne de la duchesse Anne. Le rez-de-chaussée était une apothicairerie, à laquelle le pileur servait d’enseigne.

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Un Pileur, enseigne d’une ancienne boutique d’apothicaire

Les anciens habitants se rappellent encore parfaitement l’aspect de cette boutique d’apothicaire. Le devant de la maison n’était pas plus fermé que celui de beaucoup de petits magasins d’épiceries en province. Une demi-porte de deux pieds de large, s’ouvrant en dedans, donnait accès dans une chambre un peu noire. Des deux côtés il y avait deux comptoirs se faisant face. De grands pots en terre bleue, consacrés à la thériaque et à l’électuaire appelé mithridate, ornaient la devanture. L’un des comptoirs était entouré d’un châssis vitré; c’était là que se tenait la maîtresse de la maison. Au-dessus de l’autre se trouvait suspendu un étui tel qu’il en existe encore un de cette époque dans la ville de Nantes: il contenait une seringue des canules et des pistons de rechange. Cet instrument, qu’une bandoulière suspendait au cou, était celui que l’apothicaire emportait en ville. Les poutres de la boutique étaient garnies de pièces curieuses d’histoire naturelle, telles que lézards empaillés, œufs d’autruche, serpents de toute espèce.

Les poteries n’avaient aucune ressemblance avec nos poteries actuelles. Le fond était garni de burettes à anche; elles servaient à mettre les sirops. Les étiquettes étaient peintes sur faïence; on y lisait: Syrop alexandrin, Syrop de rhubarbe, Syrop de tortue; celui-ci avait beaucoup de vogue. A cette époque, le sirop de Maloët était très employé contre les toux, les catarrhes; il a été ressuscité depuis, après un oubli de longue durée, sous le nom de sirop antiphlogistique.

Des deux côtés de l’apothicairerie on voyait des bocaux semblables à ceux qui garnissent actuellement l’intérieur de nos pharmacies; seulement, au lieu des nouvelles étiquettes on lisait sur les bocaux: Yeux d’écrevisses, Ecailles d’huîtres, Coquilles d’oeufs, Vipères, Cloportes. Ces bocaux étaient les uns très petits, et les autres très grands. L’un d’eux était étiqueté Fragments précieux, et contenait des grenats, des émeraudes, des topazes, le tout en fragments assez petits pour ne pas être employés en bijouterie. Ces substances entraient dans la composition d’un fameux électuaire, qui, si nôtre mémoire est fidèle, s’appelait électuaire d’Hyacinthe. Il est encore employé aujourd’hui, mais réformé.
L’apothicaire était un vrai caméléon. On le voyait tantôt dans sa boutique, le tablier vert passé devant lui, une paire de ciseaux pendue au côté, le gilet rond sous le tablier. Il était l’homme important du quartier: c’était lui qui mettait le voisinage au courant des nouvelles du château et de l’évêché, ainsi que des décisions de la communauté des bourgeois. Tantôt en frac noir, l’épée au côté s’il avait l’honneur d’être l’apothicaire du gouverneur de Bretagne, ayant dans la poche le petit poêlon d’argent à manche d’ébène, il allait dans les maisons qui la veille l’avaient fait prévenir pour préparer sur place la fameuse médecine noire, indispensable à la santé de nos pères, et dont ils regardaient l’usage comme devant être éternel.

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2 décembre 1805: Tombé à Austerlitz, le colonel Morland est embaumé sur ordre de Napoléon. Contrairement à la légende, le corps du colonel n'a pas été mis dans un tonneau de rhum, mais momifié par le chirurgien Larrey.

Pas malin de mourir le jour d'une grande victoire. Si, le 2 décembre 1805, Napoléon remporte la bataille d'Austerlitz, c'est grâce au sacrifice du colonel Morland) Il faut dire que celui-ci n'est pas du genre à se barrer d'une entreprise en pleine Berezina en bénéficiant d'une retraite chapeau... Alors que l'issue du combat est incertaine, le colonel Morland, 34 ans, repousse la charge de la cavalerie de la garde impériale russe à la tête de quatre escadrons de chasseurs à cheval. Le sang et l'adrénaline coulent à flots. Hommes et chevaux forment une épouvantable mêlée de sueurs, de cris et de râles. Les sabres déchirent les chairs, les balles arrachent les vies. Les soldats français se battent avec le désespoir des Bleus face aux Ukrainiens. La victoire est là, mais François Louis de Morlan (de son vrai nom, sans le "d" qu'il a obtenu en même temps que son grade) n'est plus. Il est blessé mortellement. On le transporte à Brno, où il expire trois jours plus tard. Averti de sa bravoure, l'empereur décide d'en faire un exemple pour la patrie. Il ordonne que son corps soit rapatrié à Paris pour être placé dans un monument qui sera élevé au centre de l'esplanade des Invalides.

La légende prétend que, faute des ingrédients nécessaires pour embaumer un corps, les médecins auraient plongé Morland dans un tonneau de rhum pour le conserver intact jusqu'à Paris. Une belle foutaise! La dépouille du colonel a bel et bien été momifiée par le chirurgien français Larrey à l'hôpital militaire de Brno, le même qui s'est occupé de Jean d'Ormesson... Dans ses Mémoires, le chirurgien laisse une belle description de son procédé "qui (lui) paraît préférable à celui des Égyptiens". Pour ceux que cela intéresse, voici sa recette:

"Si le sujet dont le corps doit être embaumé est mort de maladie chronique, avec marasme, pourvu qu'on ne soupçonne point des dépôts purulents dans les viscères, que la putréfaction ne soit pas déclarée et que le corps soit intact à l'extérieur, on peut conserver les entrailles dans les cavités respectives, excepté le cerveau qu'il faut toujours extraire." Larrey recommande de commencer par un nettoyage de fond en comble du patient. "Dans cette supposition, on commencera par laver toute l'habitude du corps avec de l'eau pure et fraîche; on fera passer dans les gros intestins des lavements du même liquide, et on absorbera avec la seringue vide les matières délayées qui n'auraient pu sortir par leur propre poids et la pression exercée sur le bas-ventre. On absorbera aussi les matières contenues dans l'estomac avec le même moyen. Il suffirait d'adapter une sonde œsophagienne au siphon de la seringue qu'on introduit dans le viscère par la bouche ou par une ouverture pratiquée à l'œsophage, au côté gauche du cou..."

Pour vider le crâne... Une fois la dépouille propre comme un sou neuf, Larrey entame le traitement assurant la conservation des chairs. "On remplit l'estomac et les intestins d'une matière bitumineuse qu'on met en fusion, on bouche les ouvertures et l'on procède de suite à l'injection du système vasculaire. Pour cela, on détache un lambeau triangulaire de la partie antérieure et latérale gauche de la poitrine, vis-à-vis la crosse de l'aorte; on coupe un ou deux cartilages qui la recouvrent; on place dans l'intérieur de cette artère un siphon à robinet, à la faveur duquel on pousse une injection fine colorée en rouge, pour remplir les vaisseaux capillaires de tout le système membraneux. On fait immédiatement après, et par le même moyen, une seconde injection plus grossière pour remplir les artères et leurs ramifications, et une troisième pour les veines, qui doit être poussée par l'une des crurales: on laisse refroidir le cadavre et figer la matière des injections."

Maintenant, c'est la partie la plus délicate de la recette, celle que les candidats de Masterchef redoutent plus que tout: le déshabillage du crâne avec extraction de la cervelle: "Pour vider le crâne, on applique une large couronne de trépan à l'angle d'union de la suture sagittale à la suture occipitale, après avoir fait une incision longitudinale à la peau, sans couper les cheveux, qu'on a soin de conserver comme les poils des autres parties du corps. Cette ouverture faite, on rompt les adhérences et les replis de la dure-mère à l'aide d'un scalpel à deux tranchants, long et étroit; on arrache les lambeaux de cette membrane avec une érigne mousse, et l'on fait sortir toute la masse du cerveau et du cervelet avec le même instrument, et des injections d'eau froide, qui dissolvent promptement la substance cérébrale; on réunit ensuite les bords de la division des téguments avec quelques points de suture."

Troisième étape, redonner au cadavre un air présentable. "On remplit ensuite ces cavités de crin lavé et sec; on rétablit les formes du bas-ventre, et l'on fixe les deux bords de l'incision au moyen d'une suture à points par-dessus; enfin, l'on plonge le corps ainsi préparé dans une suffisante quantité de muriate suroxygéné de mercure, aussi forte qu'il est possible de l'obtenir: on le laisse tremper dans cette liqueur l'espace de quatre-vingt-dix à cent jours." Le colonel est donc bien rapatrié dans un tonneau remplit d'un liquide qui n'a donc rien d'enivrant.

Couche de vernis… Reste à passer au séchage du spécimen: "Lorsqu'il est bien saturé de cette dissolution, on le place sur une claie, exposé à l'action graduée d'un foyer de chaleur établi dans un lieu sec et aéré. Au fur et à mesure que les parties se dessèchent, on rétablit les formes naturelles des traits de la face, la conformation des membres, et on leur donne l'attitude convenable; on place deux yeux d'émail entre le globe rétracté de l'œil et les paupières; on donne une teinte aux cheveux relative à leur couleur, si on le juge nécessaire, et l'on passe, sur toute l'habitude du corps, un vernis légèrement coloré qui anime les teintes de la peau, et lui conserve l'aspect de la fraîcheur."

Le corps du colonel Morland arrive à Paris le 16 février 1806 accompagné par la garde impériale. En attendant la construction de son mausolée (qui ne verra jamais le jour), il est confié aux bons soins de la faculté de médecine de Paris. Son embaumement est une formidable réussite, au point qu'il semble aussi vivant que Johnny. Sa famille même s'y trompe. Une parente tombe en syncope, ne le croyant qu'endormi. Durant des années, le pauvre colonel reste exposé parmi les momies de la faculté. On l'y oublie. Napoléon a d'autres soucis en tête que de lui bâtir son monument. En 1818, sa famille parvient enfin à le récupérer pour l'enterrer dans l'église de son village natal de Souilly, dans la Meuse.

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© Le Point - Publié le 01/12/2012 à 23:59 - Modifié le 02/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du deux décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/02/28565274.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, le Charlie gonflé comme pas un voudrait bien s'envoyer en l'air mais il ne sait pas que le butane est plus lourd que l'air et qu'il suffit d'une étincelle pour qu'il explose... 

 

dicton1202[1]

 

Ben pour la zique de ce mardi, on va rendre hommage à Tom Jones qui se produisait en direct il y a fort longtemps, une légende du rock… Des airs endiablés qui rappelleront sûrement des souvenirs… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=-FMCFe2ByLE

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Un producteur de cinéma se fâche contre l'homme chargé des décors de son péplum sur Jules César.
- Comment pouvez-vous nous mettre une pendule dans les appartements de César, c'est totalement anachronique!
- Pas du tout, lui rétorque l'autre, le cadran ne comporte que des chiffres romains!

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Séchant devant un problème de calcul, un petit garçon montre cet énoncé à son père:
- Combien faudrait-il de pièces de dix francs pour constituer la somme d'un million sept cent quatre-vingt-neuf mille francs?
- Si la somme totale avait été écrite en chiffres, répond le père, je t'aurais dit qu'il suffisait de supprimer un zéro à la fin.
Mais là où c'est écrit en lettres, j'avoue que je ne sais pas.

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Au cours d'une discussion dans un bar, un gars lance à la cantonade:
- Hé ben moi les gars, je connais tout le monde sur la planète personnellement et je suis prêt à tenir un pari pour 50 000 francs! Son voisin lui dit:
- N'importe quoi. C'est rigoureusement impossible. Tiens par exemple, moi, est-ce que tu me connais? Le gars répond:
- Oui bien sûr. Tu ne te souviens pas? On s'est rencontrés à la fête de l'huma. En 1974. Je m'appelle Robert Glandu, ça ne te dit plus rien? Le voisin répond:
- D'accord, c'est vrai, je me souviens maintenant. Mais je n'arrive toujours pas à croire que tu puisses connaître rigoureusement tout le monde! Par exemple, est-ce que tu connais Lionel Jospin? Et Robert Glandu répond:
- Ouais monsieur. Même que l'été, il m'arrive d'aller lui dire bonjour chez lui, à Cintegabelle. Tu veux que je te prouve qu'on se connaît?
Et Robert Glandu prend le téléphone du bar, compose le numéro perso de Jospin... Et parle avec lui pendant 20 minutes en ayant soin de prouver au gars du bar qu'il parlait bien au 1er ministre. Le voisin de bar est assez estomaqué, mais pas encore convaincu. Alors il demande:
- Et le pape? Je suis sûr que tu ne connais pas le pape! Robert Glandu lui certifie le contraire, mais plutôt que des longs discours, il propose d'aller directement vérifier au Vatican. Les frais d'avion étant pris en charge par celui qui aura perdu le pari. Les voilà tous les deux en route pour le Vatican. Dès leur arrivée, Robert demande une audience au Pape, qui l'accorde tout de suite. Le voisin du bar reste sur la place Saint Marc car Robert Glandu lui a dit qu'il apparaîtrait au balcon en compagnie de Jean Paul II...Et effectivement, lorsque le pape apparaît au balcon, Robert Glandu est à ses côtés. A ce moment-là, Robert Glandu, de son balcon papal, voit le voisin de bar avec qui il a fait son pari tomber dans les pommes: Sans tarder, il court sur la place voir ce qu'il en est et une fois au chevet du gars, il lui demande ce qui s'est passé. Le voisin de bar lui répond:
- Que tu me connaisses OK. Que tu connaisses bien le barman, OK. Que tu sois pote avec Jospin, d'accord. Mais qu'au moment où tu apparaisses au côté du pape, mon voisin sur la place me demande "Qui c'est le type à côté de Robert Glandu?", là c'était trop…

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Ça se passe lors d'une réunion de famille un dimanche. La fille de la maison, âgée de 30 ans, est en train de lire un article dans une revue.
Elle se met à rire bruyamment, et tout de suite elle lit l'article à haute voix pour le reste de la famille:
- Est-ce que vous saviez que pendant l'amour, la taille des seins de la femme augmente de 25 %?
À ce moment-là, son mari (un rigolo) lui répond goguenard:
- Ça m'étonnerait, j'ai jamais vu les tiens grossir!?
Et à ce moment-là, le père de la fille, depuis son fauteuil dans lequel il lit son journal répond à son beau-fils:
- C'est parce que tu ne pompes pas assez.

 489

- Pouvez-vous m'aider? demande une femme à un conseiller conjugal. Voilà, Pierre m'adore et je l'adore aussi.
Manifestement nous sommes faits pour nous entendre et nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre un instant.
- J'avoue, dit le conseiller, que je ne vois pas où est le problème.
- Il est énorme. Qu'est-ce que Pierre pourrait bien faire de sa femme moi de mon mari?

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De la fenêtre d'un immeuble en flammes, un homme crie aux pompiers, qui ont tendu une grande toile en bas:
- Je vous envoie d'abord ce que j'ai de plus précieux:
ma collection de timbres, ma contrebasse, mon chien...
Ensuite, je vous lancerai ma femme,

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C'est mardi... on entame le deuxième jour de la semaine, la routine quoi... La sonnerie énervante du réveille-matin, un petit café vite avalé, la course jusqu'au moyen de transport ou la conduite de son véhicule avec les aléas des bouchons, des ralentissements et pour couronner le tout, pas de place de stationnement... A croire que le déplacement jusqu'au lieu de travail est plus pénible que le travail quotidien... Je souhaite bon courage à ceux qui ont été touchés par les intempéries et par les inondations pour tout le travail de remise en état qu'ils devront fournir... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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01 décembre 2014

Éphéméride du premier décembre

 

«À la saint Eloi, nuages sur l'emploi.»

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«Au temps de l'Avent, les coqs chantent par tous les temps.»

 

 Cordial salut du jour et bisous à tous 

 

Salut les amis et merci de votre visite; ben voilà, en ce jour tout commence avec une nouvelle semaine et le dernier mois de l'année... le compte à rebours est lancé jusqu'à Nouvel an... Ces jours, nombres d'enfants sont très sages en attendant la visite de saint Nicolas samedi; pour la suite il y aura encore une période de sagesse en attendant les cadeaux du Père Noël... Mais pour l'instant, c'est encore pour quelques semaines, travail et école avant les vacances de fin d'année...

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Pour la météo d'aujourd'hui, il est prévu que pour la Suisse romande avec 4° et un ciel peu nuageux dans la nuit, ce sera pour ce jour: le plus souvent très nuageux avec quelques précipitations en matinée. Limite des chutes de neige vers 2000 mètres. L'après-midi, généralement sec et développement de brèves éclaircies en Valais et dans les Alpes. Températures: 3° à 5° à l'aube, 7° l'après-midi, 10° en Valais. A 2000 mètres, 3°. En montagne, vent faible à modéré du sud-est... 

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Pour l'Hexagone, une météo de saison, assez perturbée, surtout dans le sud et en Corse... ATTENTION, VIGILANCE ORANGE DANS TROIS DÉPARTEMENTS... Avec pour ce jour: en matinée, le temps est calme sur les 3/4 du pays avec de nombreuses grisailles. Entre Côte d'Azur et Corse, des averses orageuses persistent alors que la tramontane dégage le ciel du Roussillon. Quelques faibles gelées sont possibles dans les plaines du Nord-est. Dans l’après-midi, le ciel reste généralement très nuageux, et même couvert avec quelques gouttes dans le Sud-ouest. Des averses orageuses persistent des Alpes-Maritimes à la Corse alors que le soleil l'emporte en Languedoc Roussillon. En soirée, quelques orages éclatent dans l'extrême sud-est. Temps clément partout ailleurs avec de très nombreuses grisailles. Quelques gouttes sont possibles sur le piémont pyrénéen. Dans la nuit, nuit calme et froide, en particulier dans le nord-est. Attention à la généralisation des brouillards. Mistral et tramontane soufflent fort en Méditerranée, quelques orages peuvent encore éclater en Corse….

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Pour l'Outre-mer: à Mayotte ensoleillé et voilé avec des températures de l'ordre de 27°; à l'île de la Réunion ce sera ensoleillé et variable avec des températures de l'ordre de 29°; à la Martinique ensoleillé et variable avec des températures de l'ordre de 32°; ensoleillé et pluvieux avec des températures de l'ordre de 31° en Guadeloupe; ensoleillé, voilé et nuageux en Guyane française avec des températures de l'ordre de 34°; Polynésie française peu nuageux à nuageux, larges éclaircies ; peu nuageux à nuageux, larges éclaircies aux Marquises avec des températures de 29°; nuageux avec averses et venteux à Saint-Pierre et Miquelon avec des températures de 8°...

 

Bonne journée à tous et que le soleil et la chaleur soient aussi dans vos cœurs... Aujourd'hui le lever du Soleil est à 07:48 et le coucher du Soleil se fera à 16:51 et le jour est plus court de 1 minute...

 

Valeurs remarquables de décembre en France

TMax: 27.2°C (Pau-Uzein le 04/12/1985)
TMin: -25.8°C (Clermont-Fd le 18/12/1933)
Précip: 184.4 mm (Perpignan le 14/12/1932)

 

Et pour les amis qui aiment la pêche à pied, les prochaines grandes marées auront lieu... : 
Horaire des marées à Saint-Malo  

Lundi 22 décembre à 06h56 coefficient 91, à 19h20 coefficient 95
Mardi 23 décembre à 07h40 coefficient 97, à 20h05 coefficient 99
Mercredi 24 décembre à 08h25 coefficient 99, à 20h50 coefficient 99
Jeudi 25 décembre à 09h09 coefficient 97, à 21h35 coefficient 95
Vendredi 26 décembre à 09h55 coefficient 91, à 22h21 coefficient 91

 

Historique d'une météo, qu’on a trop souvent tendance à oublier… 

En 1989: aux heures les moins froides de la journée, le mercure ne dépassait pas -3.3° à la mer
En 1973: la journée fut glaciale, les maxima n'atteignait que -2,8° à Virton, -3,4° à Florennes, -7° à Saint-Hubert
En 1925: un manteau neigeux de 34 cm était mesuré à Uccle

 

Les journées mondiales et internationales

Le premier décembre c’est la Journée Mondiale de la lutte contre le SIDA
 http://www.journee-mondiale.com/4/journee-mondiale-de-la-lutte-contre-le-sida.htm

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Les fêtes nationales du Jour

Centrafrique

République Centrafricaine
Durant la Seconde Guerre mondiale, la colonie se joignit aux Forces alliées. Le pays devient la République centrafricaine le premier décembre 1958

 

Roumanie

 

Roumanie
C'est le jour de la fête nationale roumaine. Il célèbre l'union de la Transylvanie à l'ancien Royaume de la Roumanie, le premier décembre 1918.
 

 

 

La France pittoresque

Voyages à pied: plébiscités avant d’être supplantés par l’automobile
D’après «Le Petit Journal», paru en 1927

La multiplicité des moyens de transport, l’incessant développement de la bicyclette et de l’automobile, la fièvre de vitesse qui agite aujourd’hui l’humanité tout entière, nous ont désaccoutumés de la marche, déplore en 1927 un chroniqueur du Petit Journal, ajoutant que ces joies de la promenade à pied qu’appréciaient tant nos aïeux, nous ne les connaissons plus

Vous me direz, écrit Jean Lecoq, que le sport pédestre est toujours florissant - plus florissant peut-être qu’il ne le fut jamais; que, tous les dimanches, on voit des légions de jeunes gens prendre part à des courses, à des «cross-country», à des matches, que sais-je?... Mais, dans tout cela, c’est toujours de vitesse qu’il s’agit. Toute cette belle jeunesse court!... elle court à perdre haleine; elle s’époumone; elle ne marche pas. Tel champion qui a montré sa performance en tournant pendant vingt-quatre heures au pas accéléré, tout autour de la Butte, s’il doit, après cela, aller à Versailles, par exemple, préférera prendre le train, plutôt que de s’y rendre en musant par les chemins.

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Nos aïeux voyageaient pourvoir du pays, pour goûter les charmes du pittoresque, les joies de la nature, recueillir des impressions, éprouver des sensations nouvelles, emmagasiner des souvenirs. Chez les gens d’aujourd’hui, le plaisir de voyager se résumer en trois mots: «Bouffer des kilomètres!» Et plus on en a «bouffé», plus on est fier et plus on est content.
Pauvres fous qui courez ainsi, à cent vingt à l’heure, vers un destin souvent tragique, reposez-vous donc, au retour, en lisant les Aventures burlesques, de d’Assoucy (1605-1677). Vous y trouverez, du voyage à pied, un si chaleureux éloge que, peut-être, quelque jour, vous laisserez l’auto au garage et vous vous mettrez en route pour en savourer les simples agréments. D’Assoucy, en ce temps-là, voyage en Bourgogne - c’est le pays de Cocagne... Ne serait-ce pas folie que de le traverser trop vite?... Notre homme n’est pas pauvre: il a de l’argent blanc et de belles pistoles d’Espagne. Deux pages le suivent; un âne porte ses hardes, son luth, plus un coffre tout rempli de chansons, d’épigrammes et de sonnets. Il eût pu prendre le coche d’Auxerre, mais il préfère aller pédestrement.

«Il m’importe peu qu’on me voie aller à pied, pourvu que j’y trouve mon plaisir et ma santé... Quel plaisir d’aller les bras pendants, avec une bonne paire de souliers plats, et sans crainte de se rompre le col, ou de se crever les yeux à quelque branche d’arbre, de se promener dans la campagne comme un philosophe qui fait un tour d’allée dans son jardin, de marcher tantôt sur le velours vert d’un tapis herbu, et tantôt côtoyant un petit ruisseau, fouler aux pieds les traces que les fées ont laissées empreintes dans l’émail d’une prairie!...
«Quel plaisir de cueillir l’aubépine ou la rose muscade sur un buisson; si vous êtes altéré, d’étancher votre soif sous la feuillade d’un cabaret ou dans le cristal d’une fontaine; et si vous êtes las, vous reposer sur les bords d’un étang, d’un ruisseau ou de quelque petite rivière, d’en voir couler les ondes et nager les petites poissons, de passer le chaud du jour tantôt à la fraîcheur des eaux, et tantôt à l’ombre de quelque grand arbre touffu, et, sans craindre qu’on vous ferme les portes d’une ville, s’endormir au doux murmure des zéphyrs ou à la musique des oiseaux».

Ainsi, le doux bohème s’en allait par les routes de Bourgogne, musant parmi les bois, grappillant parmi les vignes, et s’arrêtant dans les bourgs, où ses pages, qu’il accompagnait de son luth, chantaient, aux villageois assemblés, ses plus belles chansons. N’était qu’en ce temps-là on rencontrait de temps à autre, à quelque carrefour, de mauvais garçons qui, l’escopette au poing, vous forçaient à vider votre escarcelle et vous prenaient même jusqu’à vos chausses, vous laissant nus comme petits saints Jean au bord du chemin, c’eût été à coup sûr la plus jolie façon de voyager.
Mais trop de sacripants couraient la campagne; et force était aux voyageurs d’aller en troupe sur de bons chevaux, l’épée au côté et les pistolets dans les fontes, ou de prendre les voitures publiques, lesquelles, au surplus, n’étaient pas toujours à l’abri des attaques de bandits.

Pourtant, en dépit de ces surprises de la route, tous gens de métiers et petites bourgeois voyageaient à pied. C’est à pied que le compagnon, soucieux de bien apprendre son état pour obtenir la maîtrise au retour, allait de ville en ville et faisait son tour de France. C’est à pied que s’accomplissaient les pèlerinages, même les plus lointains. Ils s’organisaient dans les provinces comme aujourd’hui les voyages des agences. Un centre était désigné où les pèlerins se rendaient individuellement, et d’où ils partaient en troupe pour Rome, pour Saint-Jacques de Compostelle, voire même pour les Lieux Saints. On n’imagine pas le nombre de croyants qui, chaque année, s’en allaient à pied, à travers la Hongrie, jusqu’en Palestine.

Les femmes elles-mêmes ne craignaient pas de se lancer dans ces entreprises aventureuses. Au XVIIe siècle, on citait une dame Brémond, de Marseille, qui avait parcouru ainsi l’Egypte, la Palestine, le Liban et presque toute la Syrie. Au XVIIIe siècle - fait plus étonnant encore -, une femme, nommée Anne Chéron, alla visiter Jérusalem et fit toute la partie terrestre du voyage à pied. Elle avait quatre-vingts ans...
Si, malgré les dangers qu’ils offraient, les pèlerinages en Terre Sainte étaient aussi fréquents, on devine qu’elle devait être l’affluence des pèlerins qui allaient visiter les lieux de sainteté situés en France. La capitale du monde chrétien, surtout, attirait dans ses murs une foule de voyageurs de toutes les nations. Le moindre évêque français faisait chaque année au moins un voyage à Rome, emmenant chaque fois un cortège de quatre à cinq cents pèlerins.

Nous savons par les écrivains du grand siècle que le voyage à la Ville Eternelle était pour tout Français de la noblesse ou de la bourgeoisie aisée, le complément indispensable d’une bonne éducation. Ce voyage coûtait cher à qui voulait l’effectuer avec quelque confort. Mais, pour le pèlerin qui faisait la route à pied, les dépenses étaient minimes, car le chemin était jalonné d’innombrables monastères où l’on accueillait, où l’on hébergeait gratuitement.
Les pèlerins, la plupart du temps, partaient sans argent et sans provisions; aussi les dangers et les obstacles de toutes sortes qu’ils rencontraient sur leur route, les fatigues auxquelles ils étaient exposés, avaient nécessité de bonne heure la fondation d’établissements destinés à leur offrir le gîte et la nourriture. Les conciles et les capitulaires prescrivaient aux monastères d’accueillir avec charité les pèlerins. Les rois, les seigneurs, les fidèles fortunés leur faisaient des donations dans ce but. C’est pour venir en aide aux pèlerins qui se rendaient en Italie que Louis le Débonnaire - fils de Charlemagne, il succéda à celui-ci et régna comme Empereur d’Occident de 814 à 840 - fonda l’hospice du Mont-Cenis et le dota de riches revenus.

La tradition du pèlerinage à pied vers la capitale du monde chrétien n’a pas cédé complètement à la frénésie de vitesse qui règne de nos jours, relève Jean Lecoq. On rencontre encore sur les routes d’Italie des pèlerins qui s’en vont le sac au dos et le bâton à la main. C’est ainsi qu’un de nos confrères, poète et écrivain d’art distingué, André Mabille de Poncheville, a parcouru récemment «le chemin de Rome» et résumé, sous ce titre, dans un livre tout imprégné de la foi la plus ardente et du plus noble amour des belles choses, ses impressions et ses souvenirs, note encore notre chroniqueur qui ajoute qu’une chose l’a frappé dans ce livre: l’accueil sympathique, la cordialité toute particulière que rencontre généralement sur sa route le voyageur qui va à pied.

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On regarde en effet passer l’auto rapide, on envie peut-être ceux qu’elle transporte, mais on n’a point pour eux les sentiments fraternels qu’inspire le globe-trotter qui va vers son but pédestrement. Celui-ci, on le salue au passage d’un «buono giorno» ou d’une «bona sera», suivant l’heure. Les gens lui font un peu de conduite, causent volontiers avec lui, l’interrogent sur les incidents et sur le but de son voyage.
Le pèlerin s’assied-il un instant à l’entrée d’un bourg? Tout de suite une bienveillante assemblée de commères se tient autour de lui... «Quittant le seuil des maisons où elles jacassaient entre elles, la plus délurée, n’y tenant plus, vient à moi sans abandonner son tricot, et après un souriant: Buono giorno! Me pose l’habituelle question: Si va à Roma? Puis, venues derrière elles, toutes les autres m’entourent, me regardent avec curiosité, s’efforcent à comprendre et se faire comprendre, et, pour finir me souhaitent une bonne route à qui mieux mieux...»

Cette sollicitude pour le voyageur qui passe prend les formes les plus diverses, les plus poétiques parfois: «J’arrive à Ronciglione, écrit M. de Poncheville. Aux premières maisons, comme je m’approche d’une fontaine pour y boire, une femme qui avait rempli son aiguière de cuivre, renouvelle le geste de Rebecca en l’inclinant vers ma bouche.» Plus loin, le pèlerin hésite sur sa route: il s’est arrêté au bord d’une vigne où le mari et la femme travaillent ensemble. L’homme s’aperçoit de son embarras; il accourt à travers les échalas:
«Avant toute chose, il me fait entrer dans sa plaisante petite maison en haut du vignoble; il entend que je goûte son vin, trinque avec moi, remplit ma gourde, m’offre des œufs frais pondus de ses poules, puis me fait un bout de conduite et ne me quitte que persuadé d’avoir remis en bon chemin l’hôte de passage envoyé par Dieu...»

Dans les auberges, même accueil gracieux. Parfois, les hôteliers ne veulent pas que le pèlerin mange isolément; on lui fait place à la table de famille, et l’on débouche, au dessert, un flacon de choix en son honneur. «D’une façon général, dit M. de Poncheville, je n’ai pas été rançonné dans les auberges comme on l’est trop souvent dans les hôtels destinés aux touristes.»
Voici quelques avantages inattendus du voyage à pied. Mais il en est d’autres non moins appréciables: ce sont ceux que le bon d’Assoucy dépeignait avec toutes les grâces de son style au XVIIe siècle: c’est le plaisir de voir, de tout voir, plaisir dont se privent volontairement la plupart des gens qui roulent en auto. La nature est une grande éducatrice; aussi serait-il souhaitable, conclut Jean Lecoq, que les jeunes gens d’aujourd’hui daignassent, comme le faisaient ceux d’autrefois, la regarder autrement qu’en courant à cent à l’heure par les chemins. Rien ne forme la jeunesse comme les voyages. Et surtout les voyages à pied.

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Les Régions de France, une vieille histoire
Source: La Voix du Nord

A l’heure où le redécoupage des régions fait polémique, souvenons-nous que le sujet ne date pas d’hier. Longtemps la France a compté 39 provinces. Issues de l’histoire féodale, elles ont été supprimées à la Révolution. Et depuis, les exercices de puzzle se sont succédé, d’abord nés de la réflexion des géographes avant de revêtir une portée économique puis administrative.
Durant la deuxième moitié du 19e siècle, des géographes imaginent des «assemblages géographiques» qui regroupent certains départements sur critères géographiques. Treize ensembles sont ainsi dessinés en reprenant les limites départementales.

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Anciennes provinces de France

À noter que le Tarn-et-Garonne, qui apparaît ici en blanc, n’avait été créé qu’en 1808, avec des territoires pris aux départements voisins. Les Territoires d’Alsace-Lorraine étaient quant à eux allemands.

Deuxième moitié du XIXe siècle Les régions économiques
En 1917, sous l’influence des thèses régionalistes, un premier arrêté ministériel institue des groupements économiques régionaux ensuite nommés «régions Clémentel» le 5 avril 1919. Elles regroupaient des chambres de commerce, qui étaient libres d’adhérer à la région de leur choix. Initialement prévues pour être au nombre de 17, ces régions furent bientôt portées à 21.

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La France en 1919

Sur le même modèle, en 1919, seront créées 19 «régions touristiques» formées à l’initiative des fédérations de syndicats d’initiative et qui ne respectaient pas forcément les limites des départements.

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Les régions administratives

Avec le développement des moyens de transport naît l’idée de créer des divisions administratives plus grandes que les départements. Le 30 juin 1941, un décret donne naissance aux Préfectures régionales de l’État français, par un découpage regroupant des départements sur critères économiques et de transport. Cette organisation correspond à peu de choses près à l’actuel découpage régional, mais ne survivra pas à la chute du régime de Vichy et sera abrogée en 1945.

 

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La France en 1941

À la Libération, le général de Gaulle, soucieux de garder la maîtrise de l’administration locale, instaura à son tour des régions administratives, qui seront finalement dissoutes lorsqu’il quittera le pouvoir, en janvier 1946.
En 1948, sont créées les igamies, découpage administratif groupant plusieurs départements. Correspondant aux régions militaires, les igamies étaient des circonscriptions à vocation économique administrées par des représentants de l’État, les IGAME (Inspecteurs généraux de l’administration en mission extraordinaire). Les igamies disparaîtront en 1964, les IGAME étant alors remplacés par les préfets de région.

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La France en 1948

Face aux inquiétudes montantes face à l’hypertrophie parisienne, des comités d’expansion économique se mettent en place, d’abord en Bretagne puis dans d’autres régions. Ils seront reconnus par un décret en décembre 1954.
En 1955, le décret Pflimlin décide du lancement de «programmes d’action régionale» en vue de «promouvoir l’expansion économique et sociale des différentes régions». Le 28 novembre 1956, un arrêté ministériel définit les 21 circonscriptions de ces programmes d’action régionale: ces dernières, d’usage officiellement administratif, seront aussi utilisées comme cadre aux grandes opérations d’aménagement du territoire. Mais elles ne deviendront des collectivités locales à part entière que bien plus tard. Pour la première fois depuis la Révolution, des régions, ne correspondant pas aux anciennes limites provinciales, étaient utilisées en France. Mais à l’époque, ce découpage ne faisait pas que des heureux: les Normands se plaignaient d’être divisés en deux et les Bretons contestaient le rattachement de Nantes.

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La France en 1955

En 1960, un décret crée des circonscriptions d’action régionale dont les limites sont calquées sur celles instaurées par les programmes d’action régionale. Elles seront dotées d’un préfet de région en 1964 par un décret qui franchit une nouvelle étape de la déconcentration régionale est alors franchie en instituant une commission de développement économique régionale (CODER).

Les régions, établissements publics
Le 27 avril 1969, l’échec d’un référendum visant entre autres à élargir le rôle des régions conduit à la démission de Charles de Gaulle de la présidence de la République. En 1970, un décret porte à 22 le nombre des régions métropolitaines en séparant la Corse de la Provence-Côte d’Azur. En 1972, est créé dans chaque circonscription d’action régionale, un établissement public: la région ou établissement public régional. Chaque région est administrée par un conseil régional assisté d’un comité économique et social. Mais la région est à l’époque investie de peu de pouvoirs et l’institution régionale reste une structure administrative dépourvue de toute légitimité démocratique.

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La carte de France actuelle

Les régions, collectivités territoriales
La loi du 2 mars 1982, impulsée par Gaston Defferre, consacre le terme de région et en fait des collectivités territoriales à part entière. Elle institue l’élection des conseillers régionaux au suffrage universel direct pour un mandat de six ans renouvelable, et dote les régions de compétences bien définies qui sont celles que l’on connaît aujourd’hui (le développement économique, l’aménagement du territoire et la formation professionnelle).

La première élection a eu lieu le 16 mars 1986, soit le même jour que les élections législatives. Les régions sont devenues des collectivités territoriales au même titre que les départements et les communes.

Magalie Ghu, La Voix du Nord

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Etrange rite nuptial dans le Vaucluse et le Gard
D’après «Bulletin de la Société préhistorique française», paru en 1918

Une très vieille coutume nuptiale du Vaucluse encore en usage au début du XXe siècle veut qu’au milieu de la première nuit, les jeunes gens de la noce (frères, beaux-frères, cousins), las de danser, se mettent à la recherche des époux, les découvrent dans la chambre où les novi - nouveaux mariés - ont dressé de vaines barricades, et les obligent à se lever

Puis, ils s’emparent de la mariée et l’emmènent dans la salle du festin, qui est en même temps la cuisine. Ils couchent à plat ventre la jeune femme dans une grande nappe tenue aux quatre coins par quatre d’entre eux, et, ainsi suspendue, la tête et les pieds seulement dépassant les extrémités de la toile, ils la balancent devant le feu qui flambe à l’âtre et qu’elle doit souffler.
Ce n’est que lorsqu’elle s’est longtemps époumonée à «souffler la soupe au fromage» - qui, en effet, bout sur le feu - qu’ils consentent à la laisser aller. Peut-être l’antique Culte du Feu fécondant explique-t-il ce rite.

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Costumes folkloriques du Vaucluse

Dans le Gard, il prend une autre forme. Les novi tiennent toujours secrète la chambre dans laquelle ils passeront leur première nuit; aussi sont-ils espionnés toute la soirée! Les ruses les plus naïves sont mises œuvre, afin qu’ils puissent quitter soit le repas de noce, soit le bal, sans être remarqués. Sur les minuit, le bal cesse et la recherche de la chambre nuptiale commence.
Portes et fenêtres sont enfoncées, si le couple une fois découvert refuse d’ouvrir. On leur apporte l’Aïga boulida - signifiant eau bouillie, en réalité une soupe faite de quelques tranches de pain, arrosées d’huile d’olive, le tout trempé d’eau bouillante, dans laquelle ont été mises plusieurs gousses d’ail - ou une tasse de café. Pendant cette légère collation, les jeunes gens, prenant leurs cavalières à bras le corps, les jettent sur le lit nuptial.
Pour ne pas faire partie intégrale du rite, un malin trouve intéressant d’éteindre les lumières et la scène finit au milieu de la gaieté générale. Se tirer de l’Aïga boulida aurait été prise en fort mauvaise part au milieu du XIXe siècle. La désertion était réprouvée; mais les ruses pour s’y soustraire étaient acceptées et méritaient félicitations. De rares indépendants ne craignaient pas d’aller passer leur première nuit au grenier à foin, ou les fureteurs les plus perspicaces ne pensaient pas aller les dénicher!

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1er décembre 1783: Le savant Charles effectue le premier vol en ballon à hydrogène, à Paris. Dix jours après le vol en montgolfière de Pilâtre de Rozier, le savant Charles s'envole à son tour, mais en ballon à hydrogène.

Depuis dix jours, Jacques Alexandre César Charles, professeur de physique à la Sorbonne, enrage d'avoir été coiffé au poteau par deux amateurs! Il voulait à tout prix être le premier à voler dans les airs, or le marquis d'Arlandes et Pilâtre de Rozier l'ont devancé le 21 novembre 1783 en s'envolant à bord de la baudruche chauffée par un feu de paille des frères Montgolfier. Du bricolage risquant de prendre feu à tout moment! Alors que son ballon est une petite merveille de technologie: gonflé à l'hydrogène, il est capable de voler éternellement. Le prototype de 33 mètres cubes qu'il a fait voler le 27 août 1783 au-dessus du Champ-de-Mars lui a donné toute satisfaction.

Le 26 novembre 1783, cinq jours après le vol de Pilâtre de Rozier, la "Charlière" est achevée. Comme Charles ne roule pas sur l'or, il s'est fait financer par une souscription publique à laquelle ont répondu des centaines de Parisiens enthousiastes. Dans la capitale, on oublie un instant la guerre entre NKM et Anne Hidalgo pour s'intéresser à sa prochaine tentative. "Dans tous nos cercles, dans tous nos soupers, aux toilettes de nos jolies femmes comme dans nos lycées académiques, il n'est plus question que d'expérience, d'air atmosphérique, de gaz inflammables, de chars volants, de voyages aériens", note le baron Melchior de Grimm. Le gonflement du ballon, d'un volume de 380 mètres cubes, prend plusieurs jours, car la production d'hydrogène par action d'acide sulfurique sur de la limaille de fer, est un procédé très lent. Le 1er décembre 1783, l'aérostat est enfin gonflé à bloc. Charles, aussi. Il s'envoie en l'air une dernière fois avec une prostituée tant que c'est légal, et le voilà prêt...

"Tout Paris était dehors"… Le départ a lieu dans le jardin du palais des Tuileries où une foule de peut-être 400 000 personnes entoure l'enveloppe de neuf mètres de diamètre, rayée de blanc et de rouge. "Tout Paris était dehors. Jamais on n'avait vu si magnifique assistance pour une expérience philosophique", écrit Benjamin Franklin, représentant des États d'Amérique en France, inventeur du paratonnerre et ami de Jacques Charles. Ce dernier a décidé de se faire accompagner durant le vol par Noël Robert qui l'a aidé à construire le ballon.

Mais quelques heures avant la tentative, coup de tonnerre, le roi Louis XVI interdit la tentative! Sabotage! Quelle peut en être la raison? Craint-il pour la vie des deux hommes? Hollande veut-il faire embarquer des sans-emploi à bord pour inverser la courbe du chômage? A-t-il fait l'objet d'un lobbying des amis des frères Montgolfier redoutant un rival? Charles est au désespoir, quant à la foule, elle est furieuse de se voir priver de son spectacle. "Et si on allait prendre la Bastille pour apprendre à Louis à se mêler de ce qui le regarde?" jette un Mélenchon. "Sois patient!" lui répond le secrétaire national du PC Pierre Laurent...

Jacques Charles hésite, lui et ses amis se concertent. Ce serait trop bête d'abandonner alors qu'ils touchent au but. Le savant décide de braver l'interdiction. Il fait un signe à ses assistants d'achever la préparation de l'aérostat. Ceux-ci déposent dans la nacelle bleu et or des fourrures pour protéger les deux hommes du froid et une bouteille de champagne. C'est dire si la confiance règne quant à la réussite du vol. Même Étienne Montgolfier est présent. Non revanchard, Charles lui tend un minuscule ballon vert à lâcher pour connaître la direction du vent. "C'est à vous, monsieur, qu'il appartient de nous ouvrir la route des airs." Le vent souffle vers le nord-est. Pas un nuage pour faire de l'ombre au spectacle. Charles et Robert s'installent dans la nacelle en souriant. Après le largage de dix kilos de lest, le ballon entame son ascension. Il est 13 h 40, un coup de canon marque le début du voyage. La foule reste muette de stupéfaction. Des milliers d'yeux suivent l'élévation silencieuse du ballon. Charles et Robert survivront-ils à cette incroyable expérience? À bord, les deux hommes savourent l'instant. Ils sont pris d'une intense émotion. Ils volent! Ils s'élèvent dans l'espace. Ils sont Neil Armstrong et Buzz Aldrin...

"Ce n'était pas du plaisir, c'était du bonheur"… Quand la Charlière atteint une soixantaine de mètres d'altitude, les deux aventuriers brandissent de petits fanions blancs pour saluer les Terriens. Lesquels poussent enfin un rugissement d'enthousiasme. "Jamais rien n'égalera ce moment d'hilarité qui s'empara de mon existence lorsque je sentis que je fuyais la terre, ce n'était pas du plaisir, c'était du bonheur", écrira par la suite Charles. C'est le début d'un merveilleux voyage de deux heures. La foule en extase regarde le ballon s'éloigner doucement. Il atteint bientôt une altitude de 500 mètres, survole Asnières, Argenteuil, Sannois, Saint-Leu-Taverny, L'Isle-Adam. Charles et Robert sont au septième ciel. Ils s'amusent de bon coeur de l'effroi des paysans qui les voient passer dans le ciel. Ils font descendre le ballon pour les taquiner de la voix. On leur demande s'ils n'ont pas peur, s'ils ne vont pas être malades. Les deux hommes leur répondent: "Vive le roi!" Voyant des domestiques, alors qu'ils passent au-dessus du domaine du prince de Conti, à L'Isle-Adam, ils s'enquièrent de celui-ci. L'un d'eux met ses mains en porte-voix pour répondre: "Monseigneur est à Paris et il en sera bien fâché."

Les deux hommes entendent le coup de canon tiré à Paris, c'est le signal convenu pour dire que le ballon n'est plus visible. Ils continuent leur chemin, n'oubliant pas de sabler le champagne. Après deux heures de vol, ils se préparent à atterrir dans un champ, près de Nesles-la-Vallée. Le physicien ouvre la soupape pour laisser échapper le gaz. La Charlière file au ras du sol, poursuivie par des villageois. "Comme des enfants qui poursuivent des papillons dans une prairie", note Charles. Au moment où leur panier touche le sol, une troupe de cavaliers surgit au galop. Elle les suivait depuis Paris. Le duc de Chartres, le futur Philippe-Égalité, est parmi eux, mais c'est un Anglais qui est le premier à serrer Charles dans ses bras, très ému. "Monsieur Charles!... Moi d'abord!..."

Gloires… L'expérience a été tellement enivrante que Jacques Charles veut de nouveau s'envoler, mais seul cette fois. Soulagé du poids de Robert, le ballon bondit dans le ciel dès qu'il est libéré. Sensation extraordinaire. Bientôt, il atteint 3 300 mètres d'altitude. "Je passai en dix minutes de la température du printemps à celle de l'hiver." Même pas peur. Charles croise la route du parachutiste Baumgartner qui n'a pas le temps de le saluer... Alors que le soleil est déjà couché pour les Terriens, le savant le voit "se relever" au fur et à mesure qu'il grimpe dans le ciel. Il s'extasie: "J'étais le seul corps éclairé dans l'horizon et je voyais tout le reste de la nature plongé dans l'ombre." Puis il assiste à un deuxième coucher de soleil dans le même jour. L'expérience de se sentir seul dans l'espace infini, d'être le premier à le faire, est si intense qu'il se jure de ne plus s'exposer à pareilles émotions. Bientôt, un froid glacial le saisit malgré ses fourrures, il connaît aussi une forte douleur à l'oreille provoquée par la chute de la pression atmosphérique. Il est temps de redescendre sur terre. De retrouver la misère, les guerres et Valérie Trierweiler...

Son expédition céleste vaut la gloire à Charles. Dès le lendemain, son appartement place des Victoires à Paris est pris d'assaut par les domestiques des "personnes les plus qualifiées de Paris" qui veulent des nouvelles. Les dames des Halles viennent lui porter des lauriers enrubannés. Des paysans et des musiciens lui livrent dans une charrette son ballon dégonflé. Au cours des semaines suivantes, de superbes créatures de la haute société se pressent à son cours de physique à la Sorbonne. Un jour, il reçoit un billet doux anonyme: "Vous êtes devenu l'objet de toute ma pensée, le héros de mon coeur, le génie qui devait le fixer. J'éprouve un plaisir innocent à vous le dire, et je m'impose à jamais la loi de vous demeurer inconnue..." La mystérieuse inconnue veut un signe de lui pour vérifier que son mot a été lu. Elle le prie, lors de son prochain cours public, de poser la question suivante: "Étiez-vous à l'expérience des Tuileries?" Ainsi possédera-t-elle la preuve "qu'[il] ne dédaign[e] pas sa flamme". Le malheureux savant, peu habitué à ce genre de libertinage, mange la consigne.

Alors, la belle inconnue reprend sa plume pour lui assurer qu'elle n'est "ni vieille, ni laide, ni folle". Elle le conjure de porter la rose qu'elle a jointe à sa lettre, car "cette fleur me dira: il sait qu'il est aimé... L'état de mon coeur est le plus doux du monde; vous en faites le charme; je veux que vous le sachiez, et je désire en être sûre par la présence de cette fleur à votre côté." Conquis, Charles obéit, il place la rose sur sa veste, côté coeur. Un dernier mot le remercie: "Je l'ai aperçue; c'est là que je l'aurais placée... Je vous remercie d'une pensée fine et charmante dont l'image me suit partout... Addio, caro... addio!" Charles ne connaîtra jamais l'identité de sa charmante correspondante. Parfois, Carla sait être discrète...

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© Le Point - Publié le 01/12/2012 à 00:00 - Modifié le 01/12/2014 à 00:00

 

Pour l’éphéméride du premier décembre c’est ICI
http://mickeywerlen.canalblog.com/archives/2013/12/01/28554668.html

 

Dicton du jour de Charlie Hebdo  

Ben pour le dicton de Charlie hebdo de ce jour, le Charlie de service avec toutes les conneries qu'il fait, il n'aura pas assez avec une boîte de clous pour faire une pénitence totale... 

 

dicton1201[1]

 

Ben pour la zique de ce début de semaine, on va rendre hommage à Little Richard and Friends, Une légende du rock… Des airs endiablés qui rappelleront sûrement des souvenirs… Allez les amis, faites-vous plaisir et je vous souhaite une bonne écoute!!!

https://www.youtube.com/watch?v=jsv_YinE_Yo

 

Et en avant pour les blagounettes du jour, un bouquet divers et automnal, des courtes mais bonnes, des longues mais connes, des connues et des moins connues; quoi, des blagues à deux balles ou à quatre sous...

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Lettre au Trésor Public

Monsieur l'agent du Trésor Public, mon colis a pu vous étonner au départ. Alors voilà quelques explications. Je vous joins à cette lettre une photocopie d'un article de journal intitulé "Les vraies dépenses de l'état". Vous noterez que dans le quatrième paragraphe, il est précisé que l'État à l'habitude de payer des brouettes 1200 euros, des escabeaux 500 euros et des marteaux 75 euros pièces. Par ailleurs, l'article rapporte que le prix des sièges de toilette du nouveau Ministère des Finances est de 250 euros pièce. Vous devant la somme exacte de 848 euros pour l'année fiscale qui s'achève, je vous adresse donc dans ce colis quatre sièges de toilettes neufs et cinq marteaux, le tout représentant une valeur de 1375 euros. Je vous engage par ailleurs à conserver le trop perçu pour vos bonnes œuvres ou bien d'utiliser les 527 euros restant pour acheter un tournevis supplémentaire à notre Ministère. Ce fut un plaisir de payer mes impôts cette année, n'hésitez pas, à l'avenir, à me communiquer la liste des tarifs usuels pratiqués par les principaux fournisseurs de l'état.

Sam XXXX, contribuable heureux

447

L'inspecteur des contributions directes dit à ses collaboratrices:
- Mesdames, mesdemoiselles, je vais vous demander, comme chaque matin, de bien vouloir vous boucher les oreilles pendant une dizaine de minutes: le temps que j'écoute les messages que nous ont adressés, au cours de la nuit, quelques contribuables sur le répondeur de service.

449

Un petit gamin rentre de l'école et dit à son père:
- Papa, aujourd'hui on a appris à faire des petites bombes en chimie.
J'en ai fait une avec un ami et juste avant de partir, nous l'avons mise sous le bureau du directeur...
- Mais te rends-tu compte, qu'est-ce que tu diras demain quand tu vas aller à l'école!
- Mais quelle école???

454

Parlant d'un de ses patients, un psychanalyste raconte:
- Je n'ai jamais vu quelqu'un qui se refuse à ce point à se prendre lui-même en charge, pour résoudre ses problèmes.
- Qu'est-ce qui vous fait dire cela?
- Quand il vient me consulter, cela se passe toujours de la même façon: il s'allonge sur le divan et il passe une demi-heure à lire tranquillement le journal en m'écoutant parler.

461

A bord d'un avion faisant la liaison Paris-New York, un archevêque appelle le steward.
- Donnez-moi un whisky, s'il vous plaît.
- Certainement, monseigneur, dit le steward. Soudain, le prélat réfléchit et s'enquiert:
- Au fait, à quelle altitude volons-nous, en ce moment?
- A 16 000 mètres, monseigneur.
- Bon!
Nous sommes un peu près du patron.
Vous me servirez plutôt une camomille.

485

Sur son tabouret de bar, un homme boit sa bière par petites gorgées.
Il a une mine de chien battu.
Le cafetier vient le voir pour parler un peu avec lui et demande:
- Qu'est-ce qui se passe? T'aurais pas des problèmes avec ta femme toi?
- Ouais c'est ça! On a eu une bagarre et elle m'a dit qu'elle ne me parlerait plus pendant un mois!
- Ben dis donc, tu devrais plutôt être heureux!?
- Ouais, je sais, mais le mois se termine aujourd'hui...

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118

 

C'est lundi... le week-end est terminé et le réveille-matin, toujours fidèle au poste pousse son cocorico en sonnerie pour nous réveiller dans la joie et la bonne humeur et 'est avec le sourire, et le pas alerte et le cœur léger qu'après le petit déjeuner on s'en va affronter les bouchons et autres emmerdements pour arriver à l'heure au travail... Une grande tristesse m'envahit en pensant aux gens du Sud qui subissent les intempéries et les inondations depuis quelques jours, je compatis à leur douleurn et à leur désespoir... Une pensée pour celles et ceux qui souffrent autant de la maladie que d'autres choses et à ceux qui pansent les plaies dues aux divers maux que l'adversité afflige à chacun... Prenez soin de vous et je vous souhaite une bonne journée en vous disant à la revoyure... 

 

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Posté par mickeywerlen à 03:32 - Commentaires [7] - Permalien [#]



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